26 juin 2017

A l’occasion de l’aïd…

A tous ceux et à toutes celles qui ont pensé à moi et qui m’ont envoyé leurs vœux à l’occasion de la fête musulmane de l’Aïd, je leur dis :

Merci pour la pensée et pour les vœux même si, je dois sans cesse souligner que n’étant pas musulman, cette fête ne me concernait pas. Cela dit, même si (j’ai bien écrit « SI ») j’étais musulman, étant Kabyle, j’aurais aimé qu’on me présente les mêmes vœux en kabyle, sinon en français puisque nous sommes sur des espaces virtuels francophones ! A moins que « être musulman » signifierait « être Arabe ou arabisable », ce qui, dans le fond, est la triste réalité que je récuse catégoriquement.

Aussi, pour les Kabyles de confession musulmane, je leur dis sincèrement : « Lεid nnwen d tameggazt ». Pour les citoyens non Kabyles de confession musulmane par tradition, ce qui explique, là aussi, le fait qu’ils entretiennent encore (jusqu’à quand) une certaine rationalité, ce qui les maintient dans une certaine proximité avec les valeurs démocratiques et de la laïcité, je leur souhaite aussi « joyeux Aïd ». Enfin, pour le carnage ovin qui concerne l’autre Aïd, ce qui est un parfait gaspillage et souvent empreint d’hypocrisie et de tartuferie, je ne peux que le regretter à défaut de pouvoir l’empêcher.

Quant à moi, pour la énième fois, je supplie tous ceux et toutes celles qui me submergent de vœux à l’occasion des fêtes religieuses en général et musulmanes en particulier, de cesser de prendre tout le monde pour coreligionnaire, ce qui est dans une certaine mesure un manque de respect, de cesser de penser à moi durant ces occasions et de me réserver leur sympathie et leur précieuse amitié pour Yennayer, le nouvel an (même si…), la fête du printemps, le printemps d’avril 80, mon anniversaire encore que…, pour le début de la cueillette des olives et des figues, pour le jour où, sans occasion particulière, il y a, tout simplement et spontanément, naissance de ce besoin de me dédier un vœu ou une pensée toute bête mais ô combien sincère…

En somme, que mes amis sachent qu’autant je suis gêné de feindre une mine réjouie pour des vœux quoique sincères mais non moins motivés par des considérations religieuses qui m’exaspèrent, autant ces mêmes vœux émis à mon égard qui suis loin des prophètes et de leurs « livres » clonés, feraient de moi l’homme le plus heureux de la planète ! Merci pour la compréhension.

Salutations humaines et laïques

Allas DI TLELLI

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