Abdelkrim El Khettabi le Rifain

Abdelkrim El Khettabi demanda, le 31 mai 1947, asile et protection au roi Farouk. Au Caire, il fonda, le 9 décembre 1947, le « Comité de Libération du Maghreb Arabe ». Abdelkrim, fut élu président du Comité.

Le 5 janvier 1948, Abdelkrim lança un manifeste, contresigné par les représentants des principaux partis nationalistes maghrébins, afin de coordonner la lutte pour l’indépendance de l’ensemble de l’Afrique du Nord.

Le Manifeste d’Abdelkrim du 5 janvier 1948

Formation d’un Comité de Libération du Maghreb Arabe

Depuis qu’Allah nous a accordé la libération et nous a permis de nous réfugier auprès du grand roi Farouk, nous poursuivons nos efforts pour unir les opinions des dirigeants. Nous le faisons en vue de réaliser la coalition entre tous les partis du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie qui réclament l’indépendance et la constitution d’un seul front afin de poursuivre la lutte pour libérer nos pays du joug colonialiste.

Au moment où les peuples travaillent pour assurer leur avenir, les pays du Maghreb arabe étudient attentivement les moyens de recouvrer l’indépendance dont ils ont été spoliés et leur liberté perdue. Il est donc du devoir de tous les dirigeants maghrébins de s’unir. Tous les partis de l’indépendance doivent également se coaliser et s’aider. Seule cette méthode nous permettra d’atteindre la réalisation de nos buts et de nos aspirations. Les Etats colonialistes, malgré toute leur vanité, ont besoin d’appui et de coopération pour maintenir leur domination impérialiste.

A plus forte raison, nous autres avons besoin d’union. Nous méritons plus encore que justice soit faite et que les bases du colonialisme aveugle s’effondrent. Le colonialisme a été pour nous une calamité. Il a divisé nos opinions et a morcelé notre pays. Il a épuisé nos ressources et nous a entièrement subjugués. Il a dressé des obstacles pour nous écarter de la voie qui mène au progrès, et a tenté, par tous les moyens, de détruire l’ensemble de nos institutions sur lesquelles s’édifient la communauté arabo-islamique.

Je suis heureux d’annoncer que tous les partis maghrébins, dont j’ai consulté les chefs ou les représentants au Caire, ont marqué leur satisfaction à cet appel. J’ai obtenu leur assentiment pour la réalisation et l’expression de leur foi en son utilité pour l’accroissement de nos efforts et l’obtention de l’indépendance que nous souhaitons.

La période que nous avons employée à faire entendre cet appel a été pleine de fécondité et de bénédiction pour nos pays. Je me suis entendu avec les chefs et les représentants des partis, avec lesquels j’ai eu des contacts, pour former un Comité de libération du Maghreb arabe, groupant tous les partis de l’indépendance de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc. Son action s’inspirera des principes du pacte suivant :

1- Le Maghreb arabe doit son existence à l’islam. Il a vécu par l’islam et c’est selon l’islam qu’il continuera à se diriger au cours de son avenir.

2- Le Maghreb arabe fait indissolublement partie des pays arabes et sa collaboration avec la Ligue arabe est chose naturelle et nécessaire.

3- L’indépendance espérée pour le Maghreb arabe est une indépendance complète pour l’ensemble des trois pays qui le composent : la Tunisie, l’Algérie et le Maroc.

4- Aucun autre but ne sera poursuivi préalablement à l’indépendance.

5- Aucune négociation sur des points particuliers avec l’occupant colonialiste, tant que durera le régime actuel.

6- Pas de négociation avant l’indépendance.

7- Il appartient aux partis membres du Comité de libération du Maghreb arabe d’ouvrir des pourparlers avec les représentants des gouvernements français et espagnol, à la condition de tenir le Comité au courant, point par point, de l’évolution de ces pourparlers.

8- L’obtention, par l’un des trois pays de l’indépendance complète, ne dispensera pas le Comité du devoir de poursuivre la lutte pour la libération des autres.

Tel est le pacte que nous avons noué, qui inspirera notre conduite et dont les principes guideront notre action. Je lui ai donné mon agrément, avec mon frère M’hamed, de même qu’ont fait tous les chefs et tous les représentants des partis maghrébins dont les noms suivent :

– Le Vieux Destour (Tunisie)
– Le Néo-Destour (Tunisie)
– Le Parti du Peuple Algérien
– Parti Wahda (Maroc)
– Parti de la Réforme Nationale (Islah, Maroc)
– Parti Démocratique marocain (Choura)
– Istiqlal (Maroc)

Nous avons écrit à tous les autres partis pour leur demander leur accord définitif sur la constitution d’un Comité. Nous leur avons également demandé de ratifier le Pacte et de désigner officiellement leurs représentants.Désormais, notre cause entre dans une phase décisive. Nous affronterons dorénavant les usurpateurs comme un seul bloc, se composant de vingt-cinq millions d’hommes rassemblés autour d’un programme et déployant leurs efforts vers un objectif unique : l’indépendance complète pour l’ensemble des pays du Maghreb arabe.

Nous nous emploierons à atteindre cet objectif, par tous les moyens, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de nos pays, chaque fois que nous en trouverons la possibilité. Désormais, l’occupant colonialiste ne trouvera plus l’opportunité de contrecarrer notre résolution. Il ne sèmera plus de discorde entre nous, en exploitant la multiplicité des partis et les divergences d’opinion pour nous asservir et consolider ses positions dans nos pays.

Nous considérons que, dans nos trois pays, notre cause est une seule et même cause. Nous affronterons le colonialisme, solidement unis. Nous n’accepterons aucune solution ne réalisant pas notre indépendance complète et notre souveraineté totale.

Nous espérons cependant que les Français et les Espagnols feront droit à nos revendications, sans effusion de sang. Sans doute auront-ils compris, grâce à leurs expériences passées, que l’emploi de la force et de la violence pour continuer à asservir nos patries et imposer le silence à la voix que nous élevons pour réclamer la liberté et l’indépendance est maintenant inopérante, et qu’il vaut mieux, dans leur propre intérêt, se hâter de dénoncer les chaînes du colonialisme, grâce à une compréhension mutuelle, qui permettrait de prendre en considération les intérêts respectifs de chacune des deux parties.

Mais s’ils s’écartent de cette voie, ils seront, certes responsables des modifications que nous apporterons à notre ligne de conduite ; car nous ne serons pas longs, si nous désespérons d’obtenir notre liberté par la compréhension et la persuasion, à l’obtenir grâce au sacrifice de vies humaines.

En proclamant la constitution du Comité de libération du Maghreb arabe, j’adresse aux peuples du Maghreb mes félicitations, espérant qu’Allah, le Très-Haut et le Tout-Puissant, les aidera dans leur lutte, affermira leur résolution et rendra durable leur union.

En adressant également mes félicitations et mes remerciements aux Etats et aux peuples arabes, pour l’aide qu’ils ont apporté à la cause de Maghreb arabe, je ne doute pas un instant qu’ils n’accueillent favorablement la constitution de ce Comité et qu’ils ne l’aident dans sa tâche.

Je me réjouis, pour terminer, de pouvoir féliciter nos frères, qui mènent le Djihad pour la Palestine-sœur, leur souhaitant la libération et les assurant de la collaboration de tous les pays maghrébins et de leur résolution de prendre toutes les dispositions pour participer à la délivrance de leur pays et pour la conservation de son unité et de son caractère arabe.

Abd el Krim, Le Caire, 5 janvier 1948

 

 

2 thoughts on “Abdelkrim El Khettabi le Rifain

  1. Les Rifains, les Chawis, les Chenwas, les Laghouat, les Chelfis, les Oranais, les Tlemceniens… sont les vrais berbères qui ont toujours appartenu à la Berbérie centrale ou Algérie actuelle, car descendent presque tous de la grande tribu berbère historique Iznaten (Zenète) qui descend des Numides. Iznaten sont cités dans les références historiques romaines. Le nom d’Ikutamèn qui sont les berbères ancêtres des populations actuelles de Djidjel, Mila, Sétif, Collo et Guelma est cité dans le site archéologique de Fdoulès à Mila. Par contre les Zwawa ancêtres des populations de Tizi ne sont cités dans aucune référence historique quelle soit grecque, romaine ou byzantine. Donc, il n’étaient pas en Kabylie actuelle lors de ces époques. Le nom Kabyles qui dérive du mot arabe Kabila, a été donné par les militaires Français aux populations de Djerdjer et la vallée de la Soumam. Il n’a jamais existé dans l’histoire. Le nom de zwawa n’a été connu que après la conquête islamique de la Berbérie. Ibn khaldun l’a cité dans son livre histoire des berbères, ainsi qu’Ibn Hazm. Il y en auraient qui vont dire que les Bavares, les Quinquagentenaie, les Jubalènes cités par des références historiques romaines et qui étaient stationnés dans Djerdjer et la vallée de la Soumam sont les ancêtres des zwawas, mais, il n’existe aucune preuve scientifique qui confirme ce lien. La conclusion historique scientifique est que les Zwawas n’avaient jamais été en Kabylie actuelle ni en Berbérie centrale aux époques préislamique du Nord d’Afrique. Donc, certains des populations de Djerdjer qui actuellement se revendiquent les seules berbères descendants des berbères des époques romaines ou byzantines, et revendiquent un territoire n’ont aucune légitimité historique. Les vrais berbères cités plus haut n’ont aucun problème avec les arabes ou l’Islam, car, ils les considèrent comme des libérateurs.

  2. Abdelkrim etait un fichu arabo-islamiste. Ne sais pas trop pourquoi il est venere par les Rifains a moins que eux aussi ils sont de la meme sauce.

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