18 août 2017

L’Algérie et la France, une histoire de crimes et de mensonges

Le général De Gaulle implante l'islam en Algérie

À lire ( Kabyles.com) —Aujourd’hui c’est le 14 juillet, la France fête  la prise de la Bastille  le 14 juillet 1789 et le  jour d’union nationale le  14 juillet 1790.  C’est un jour important pour le peuple français et pour la France. « L’Algérie »  aussi a eu son indépendance un certain 5 juillet 1962. La liberté, quant à elle, n’a pas eu la chance d’accompagner le peuple ainsi cette « libération ». La relation entre L’Algérie et la France est une histoire  de crimes, de complots et de mensonges. 

Le mot liberté est dans toutes les bouches, l’envie de dominer est dans tous les cœurs.
Citation de Pierre-Claude-Victor Boiste  (1843).

Le général De Gaulle, dans son discours prononcé à Tlemcen le 10 décembre 1960, a déterminé son avenir obscur et ses fondements fallacieux.  Dans son discours, il s’est interrogé d’abord sur le sort de cette Algérie obreptice et sournoise pour affirmer par la suite la voie délétère et viciée qui lui est imposée :

« …L’avenir de l’Algérie, où est-il ? Il est entre vos mains ! Et puisque la communauté musulmane, algérienne est dans cette Algérie et, en particulier, dans cette ville de Tlemcen, la plus nombreuse, je lui dis, à cette communauté musulmane, que c’est à elle qu’il appartient de prendre des responsabilités algériennes qui correspondent à sa valeur et qui correspondent à son importance ! »

 Le communautarisme et la division sont l’une des armes idéologiques installés pour fonder un pays ségrégationniste, raciste, totalitaire et xénophobe. Depuis et à ce jour, un régime arabo-baathiste s’est intronisé. Juste après le coup d’État de Boumedienne, les kabyles étaient pourchassés dans les rues, dans leurs demeures et partout ailleurs juste parce qu’ils s’exprimaient en kabyle ou affirment leur identité et leur citoyenneté kabyle.

 Les liquidations sommaires est individuelles sont lancées contre tous ceux et celles qui n’obéissent pas au despotisme et à l’autorité de ce pouvoir assassin. Les mozabites,encore aujourd’hui, sont traqués et attaqués par les sous-fifres et les subordonnés du régime. La répression est l’unique langage des héritiers de De Gaulle et des usurpateurs de notre liberté et de notre indépendance.

 Charles de Gaulle poursuit sa déclaration de la honte en s’adressant cette fois aux Pieds-Noirs, aux colons et aux occupants civils pour leur rappeler la nécessité et l’importance de leur soutien pour la communauté musulmane algérienne, seule compère d’une trahison inéluctable envers les femmes et hommes libres qui se sont érigés contre l’occupation française en Afrique du Nord :

« Et, je dis à la communauté de souche française et européenne qui est en Algérie : l’Algérie dont vous êtes, l’Algérie dont vous êtes vous aussi les enfants et les habitants, elle ne peut pas se faire comme il faut, c’est-à-dire fraternelle et moderne sans votre concours éminent, sans votre participation résolue, sans votre coopération déterminée avec la communauté voisine, il faut, vous, communauté musulmane, vous, communauté d’origine européenne, il faut que vous vous accordiez et que vous coopériez pour bâtir l’Algérie de demain ! »

 Non. Tout cela, c’était plus pour trahir les indigènes, les martyrs et l’avenir de ce pays que De Gaulle a signé ce pacte avec le diable.

 Ainsi, il conclut:

« Et je crois que pour bâtir votre Algérie de demain, la France sera à vos côtés ! Vive Tlemcen ! Vive l’Algérie et vive la France ! »

Nonobstant, à date, c’est Tlemcen qui gouverne encore. Aujourd’hui qui est censé être l’avenir prospère de cette Algérie pour laquelle se sont sacrifiés des hommes et des femmes intègres, dépassant un million et demi de martyrs, est plus obscur, plus morne et plus fatidique que celui improvisé par le fuyard de juin 1940. Charles de Gaulle.

En réalité, l’idée de s’emparer des terres des amazighs et le complot de perpétuer la présence française en Afrique du Nord ne date pas des années soixante, mais il remonte bien loin que l’Empire de Napoléon III qui voulait, lui, instauré un royaume de baathistes allant de l’Afrique du Nord jusqu’au Moyen Orient.

Ne me dites surtout pas que je rêve, que je délire ou je mens! Parce que nul ne peut justifier cette injustice française contre les autochtones de l’Afrique du Nord. Personne ne doit fermer les yeux sur le génocide humain et identitaire perpétrés par le régime colonial algérien contre le peuple kabyle et pas un ne doit cautionner ces complots infâmes et cette mythomanie arrangée contre l’histoire et la vérité. Contre les amazighs principalement.

La justice est faite sur mesure pour les puissants dans ce coin, jadis était le bastion de la paix , de la liberté et de la démocratie. Dans cette Afrique du Nord des amazighs, les habitants sont encore opprimés et leurs enfants sont assassinés dès qu’ils s’affirment comme citoyens distincts. Tels qu’ils sont et sous leur vraie identité. L’identité kabyle ou amazighe.

L’histoire ne s’efface pas comme on efface un tableau avec un coup de brosse et l’oubli n’est pas une solution contre ces faits affirmés. Il est plus juste de rétablir la vérité, toute la vérité et sans concession aucune si nous voulons que demain sera meilleur. Si la justice est toujours un droit universel et non un service pour protéger des intérêts personnels, les kabyles doivent être reconnus comme un peuple et comme une nation. Leur autodétermination est un droit et non un simple caprice.

l’Afrique du Nord est amazighe; la France a quitté cette contrée mais elle a toujours la main mise sur ses richesses, sa politique et son avenir. Grâce aux despotes racistes qu’elle a mis en place avant son départ ni la misère ni la mort, ni la tyrannie, ni l’injustice n’ont cessé d’être notre quotidien amère.

Le grand romancier kabyle, Mouloud Feraoun, un écrivain kabyle d’expression française, né le 8 mars 1913 à Tizi Hibel en Haute Kabylie et assassiné à Alger par les usurpateurs de notre identité kabyle le 15 mars 1962, a bien compris l’idéologie arabo-baathiste et l’implication de la France dans son instauration en Afrique du Nord. Il a dit: « Nos ennemis de demain seront pires que ceux d’aujourd’hui« . C’est, certainement, l’une des raisons pour laquelle a été liquidé.

Nous y voilà, en plein dedans. Cinquante-huit ans après, nous sommes gouvernés par une mafia au-dessus de toutes les lois et un président assassin et voleur. Pis, un président illégitime et agonisant

Le propre leurre de la France s’est emparé d’elle. Aujourd’hui, elle aussi pleure ses enfants tués par ceux à qui elle a légué un pays qui n’est pas le leur. Elle a oublié que ses alliés d’hier étaient presque tous les traîtres de leurs propres libérateurs. Le tort de Charles de Gaulle d’autrefois c’est bien aussi celui de la France d’aujourd’hui qui continue à investir dans le mensonge et l’hypocrisie.

La France et l’Algérie est une histoire gorgée de crimes, de complots et de mensonges contre les autochtones de l’Afrique du Nord en général et contre la Kabylie en particulier. Que devient-elle après, en fait  ? Elle est toujours debout. Elle lutte.  La Kabylie n’a pas renoncé à ses valeurs universelles. Elle n’est pas une traîtresse et elle n’est pas une soumise. Ces enfants sont les héritiers des femmes et des hommes libres. Les amazighs. Oui! Elle n’a pas cessé sa lutte contre les criminels, les conspirateurs et les menteurs.

Vive la Kabylie libre et indépendante.

Boualem Afir

Logo d’illustration de l’article : Tableau de Jean-Baptiste-Ange Tissier, Louis-Napoléon Bonaparte annonçant  à Abd-el-Kader sa libération au château d’Amboise le 16 octobre 1852.

 

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