21 avril 2017

Appels de Gaza et ceux de Ghardaïa… ou le retour de flamme !

Si tous les appels de détresse d’innocents qu’ils soient de Ghardaïa en Algérie ou de Gaza sur cette terre nommée Palestine sont entendus par certains et non par d’autres, bien que tous deux viennent de gens “mis dans une prison à ciel ouvert” ne vaudrait-il pas les revoir dans la même perspective de soumission (d’opprimés et d’opprimants) comme conséquence directe de cette doctrine arabo-islamique… mais en y ajoutant le facteur temps ?

En ces temps où presque le monde entier compati avec les gens vivant à Gaza et sa bande, cette partie des Palestiniens enfermés dans une prison à ciel ouvert depuis tant de décades, même s’il faut le dire ayant choisi d’être représentés et de suivre le Hamas, cette organisation fanatique et extrémiste arabo-islamique à outrance, le gouvernement algérien lui, suivant une idéologie “arabisante” similaire, commence à en faire autant avec les Mozabites berbères du pays tout simplement bien musulmans pourtant mais suivant le rite “ibaaḍit” donc ni “sunnite” et encore moins “chiite”…. et avec tous ces cris et appels que personne ne veut écouter et entendre.

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A ce sujet de cris et d’appels, j’aimerais rappeler qu’il y a dans le vocabulaire berbère du M’zab une vieille expression à double sens qui dit : Iggen uyaẓiḍ yttedden d aweḥdi. littéralement pour “un coq qui chantait très fort (avec enthousiaste )”, souvent utilisée comme phrase de conformité pour faire comprendre que l’interlocuteur a saisi tous les sous-entendus… car le mot “yttedden”..yeddin“ de “uden veut aussi dire appeler à la prière … tout en notant que le mot“Iggen” n’est autre que le nombre “un” (“yiwen” avec sens démonstratif voulant dire cet énergumène de coq) bien berbère comme tant d’autres choses et entités que justement ce gouvernement algérien voudrait anéantir pour de bon.

Ne faudrait-il pas ajouter à cela que seul le temps a différencié ces deux problèmes de soumission tant il est vrai que si le peuple palestinien en est où il est actuellement aujourd’hui , c’est-à-dire au point d’un non retour pour toute solution définitive et pacifique c’est que tout a commencé comme à Ghardaïa mais il y a bien plus longtemps avec ce même problème de soumission nommé “arabisation” mais que cela a bel et bien foiré comme on dit car maintenant, il y a trois partis en Palestine : les Israéliens à majorité juifs, ces gens de Gaza toujours prisonniers et avec le « Hamas » qui les représente et le reste de ceux sur les terres occupées avec le « Fatah »… sans soulever le point épineux de la ville Sainte de Jérusalem que tous voudraient comme capitale et tout cela au grand dam de ces pays même qui en 1947 ont été intransigeant en « arabisant » ce problème du peuple palestinien.

Historiquement * et hélas beaucoup l’ignore (ou refuse de l’admettre aujourd’hui, ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale, suite à la découverte des crimes nazis qui ont horrifié le monde, que tout a commencé à s’envenimer réellement quand les pays voisins de ces territoires sous contrôle britannique d’ailleurs créés de toutes pièces après la chute de l’empire Ottoman en 1918, ont refusé toute paix et décidé “d’arabiser” et appliquer cette même doctrine du gouvernement algérien, pour résoudre ce problème non seulement de légitimité et mais aussi d’existence sur ces terres pour ce peuple qui avait en plus trois religions.

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Les choses ont pris (hélas pour tout le monde dans cette affaire de Palestine) une autre tournure depuis car Il y a eu du coup et personne ne s’y attendait un retour de force progressif et montant, d’une des parties “opprimée”, justement à cause de ce refus et de cette intransigeance à la création d’une patrie pour la minorité de cette époque-là, à savoir les juifs , eux qui pourtant y vivaient depuis bien avant tout le monde et avec même une “certaine harmonie et respect d’ordre religieux avec tous leurs voisins” et qui hélas depuis et surtout après la guerre des 6 jours de juin1967, quand l’opprimé est devenu l’opprimant ne faisant place qu’à une haine viscérale des belligérants.

Et qu’on le veuille ou pas, même si non officiellement admis, c’est cette même politique de soumission qui ayant commencée en Algérie depuis 1962 envers les peuples berbères qui est appliquée maintenant aux Mozabites du M’zab, si l’on veut comme on dit boucler le cercle sur ce sujet de prison à ciel ouvert, la seule alternative hélas pour eux, puisque privés de toute aide extérieure, étant la soumission progressive comme déjà accomplie chez nos cousins Chawi …. les appels de leur “Ayazid » tombant dans le désert !

Alors, ne faudrait-il pas en fait revoir ces deux massacres de gens aussi innocents juste dans une autre perspective, celle du temps et se reposer cette question d’opprimés et d’opprimants dans le cadre de toutes ces doctrines d’assujettissement, l’histoire montrant bien qu’elles ne réussissent pas, et partout et tout le temps, avec l’exemple de cet échec cuisant de l’arabisation de la Palestine comme bonne preuve ?

Et qu’ajouter de plus si ce n’est qu’il y a 44 ans exactement, après la guerre des 6 jours et suite à la défaite cuisante reçue par la “grande nation dite arabe”, le colonel Boumedienne, alias Mohamed Boukherouba nous a tous mobilisés, nous les étudiants de l’époque, durant l’été de 1967 pour, comme il le disait fièrement défendre ces terres arabes au nom de cette doctrine qui ne voulait en fait nous éradiquer nous les Kabyles insoumis, logique de cette même doctrine étant des Algériens non “arabes”…

Souvenirs…. souvenirs … de ces six semaines de l’été 1967, quand en fait et par manque de DDT, je n’ai fait que bien nourrir, comme beaucoup de mes condisciples de l’époque les moustiques et les punaises de la caserne où nous étions affectés, séjour d’où il ne me reste à vrai dire que quelques phrases en Russe tant elles étaient rabâchées par nos instructeurs !

ǝ-miss Ṁuḥend Ṻjaεƒer

* Notes : 1) Histoire récente et seulement depuis 1947, sans mentionner que les juifs ont commencé dès les années 1920, suite à l’écroulement de l’empire Ottoman, à acheter déjà peu à peu des terres aux riches terriens qui à l’époque étaient bien contents de s’en débarrasser car ils ne savaient pas quoi en faire !
2) A remarquer, que depuis la chute de l’empire Ottoman en 1918, il faut attendre1960 pour avoir un « leader » palestinien parler au nom des Palestiniens, l’exception étant Hajj Amin al-Husseini qui était mufti et responsable du Haut Comité arabe dans les années 1930 et qui comme chacun le sait avait tenté de s’appuyer sur l’Allemagne nazi, laissant les affaires de ce peuple aux souverains des terres voisines… avec toutes les convoitises connues et que tous ceux qui ont essayé ont été tout simplement assassinés .