23 juin 2017

Aristote : Dynamisme et finalisme

L’analyse des différentes causes (matérielle, efficiente, formelle, finale) conduit Aristote à expliquer les phénomènes extérieurs comme on explique les phénomènes de l’ordre humain (artificialisme)

Les êtres sont par art ou par nature […]. Or l’art est principe hors de la chose mais la nature est principe dans la chose même.
D’une manière générale, l’art ou bien exécute ce que la nature est impuissante à effectuer ou bien l’imite. Si donc les œuvres de l’art sont produites en vue de quelque fin, les choses de la nature le sont également; c’est évident, car dans les œuvres de l’art et dans les choses de la nature analogue est le rapport entre les conséquents et les antécédents. Mais c’est surtout visible pour les animaux autres que l’homme, qui n’agissent ni par art ni par recherche ni par délibération : d’où cette question : les araignées, fourmis et animaux de cette sorte travaillent-ils avec l’intelligence ou quelque chose d’approchant? Or en avançant un peu de ce côté, on voit dans les plantes mêmes les choses utiles se produire en vue de la fin, par exemple les feuilles en vue d’abriter le fruit. Si donc c’est par une impulsion naturelle et en vue de quelque fin que l’hirondelle fait son nid et l’araignée sa toile, et si les plantes produisent leurs feuilles en vue des fruits et dirigent leurs racines non vers le haut mais vers le bas en vue de la nourriture, il est clair que cette sorte de causalité existe dans la génération et dans l’être des choses de la nature.
Aristote, Physique B.

Et le physicien doit parler […] plutôt de la cause finale, car c’est bien la fin qui est cause de la matière et non la matière cause de la fin. Et la fin est ce que la nature a en vue et c’est de la définition et de la notion que la nature part. Il en est comme dans les ouvrages de l’art où, la maison étant telle, il faut que nécessairement telles choses soient faites ou existent et où, la santé, étant telle, il faut que nécessairement telles choses soient faites ou existent. De même l’homme étant tel, il faut telles choses, et si telles choses, telles autres.
Aristote, Physique B.

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