26 juin 2017

At Yiraten / Zerzara : Entre réalité et manipulations

Les récents affrontements entre les Kabyles des At Yiraten et les Arabes du bidonville Zerzara installé à Asif Aïssi (Oued Aïssi) après le séisme de 1980 à El Asnam (Chlef) ont suscité des réactions diverses, des silences lâches, des interrogations légitimes et une couverture médiatique digne de la couverture du printemps 80 par… El Moudjahid. Il y a lieu de rappeler que le but recherché à travers la « création » de ce bidonville arabe de Zerzara par les autorités est évident : imposer des populations arabes en plein cœur de la Kabylie pour accélérer l’entreprise d’arabisation des Kabyles. Sauf qu’en plus de l’arabisation qui fait son chemin, le bidonville de la misère – un pléonasme nécessaire – a produit aussi des réseaux de prostitution qui y prolifèrent et une criminalité qui s’est faite une réputation inacceptable, puisque ces délinquants agressent et rackettent régulièrement les passants qui empruntent la route qui passe à la lisière du bidonville, en direction de plusieurs localités, notamment celle de Fort-National (At Yiraten). Les conflits entre Arabes de ce bidonville et Kabyles des At yiraten et des régions limitrophes n’ont, pour ainsi dire, jamais cessé pour les mêmes raisons.

Ainsi, le 06 octobre dernier, les délinquants arabes de ce bidonville ont encore sévi : après avoir dépouillé plusieurs passagers de leur argent et autres biens, ont blessé 06 jeunes qui avaient réagi violemment contre ces agresseurs. Le 10 octobre, c’est-à-dire hier, la population des At Yiraten s’est rassemblée massivement devant le siège de leur sous-préfecture, histoire d’interpeller des autorités, quasi fictives dans ces cas-là, sur une situation qui devenait dangereuse et intenable. Des citoyens des communes voisines ont tenu à y être présents pour manifester leur solidarité avec la population des At Yiraten. Après le rassemblement, une marche vers Asif Aïssi (une trentaine de kilomètres) s’est ébranlée pour connaitre un éclatement des hostilités lorsque la marche atteignit le bidonville Zerzara. Pendant toute la matinée et jusqu’au début de l’après-midi, une véritable guerre à l’arme blanche, essentiellement des cailloux, s’est déroulée tout au long du tronçon longeant le bidonville et même à l’intérieur de celui-ci. Aucune présence des services de sécurité n’a été signalée avant le milieu de l’après-midi. Des blessés de part et d’autres ont été enregistrés ; des sources indiquent un nombre plus important, 10 blessés, du côté des Kabyles qui enregistrent aussi un mort.

La presse, complice ou domestiquée mais entièrement docile, présente les faits d’une manière chétive->10775] de telle sorte à faire croire au lecteur que des villages kabyles seraient en train de s’entretuer, tentant par là, comme à son habitude lors des conflits récurrents entre Mozabites et arabes Chaambas, Touaregs et arabes…(*) de banaliser l’événement en réduisant, à des sornettes, la (ou les) cause(s) des conflits qui remontent, dans certains cas, comme à Ghardaia, à plusieurs décennies ; une banalisation des faits visant à occulter volontairement le caractère ethnique, linguistique et culturel du conflit ainsi que les circonstances qui ont vu « naître » ce bidonville Zerzara qui est, hélas, loin d’être l’unique baraquement arabe à « pousser » en Kabylie par la volonté d’un régime on ne peut plus colonialiste. Cette presse privée, notamment francophone, jadis libre et indomptable, n’est plus que la « voix de son maître » et c’est d’autant plus révoltant quand ces comptes-rendus indignes de l’éthique et de la déontologie, sont commis par des plûmes kabyles qui, pour certaines d’entre elles, n’agissent qu’en termes de retour d’ascenseur à des appareils partisans kabyles en mal de reconnaissance qui les avaient « casés » dans ces rédactions où la médiocrité et le clientélisme ont supplanté depuis belle lurette le professionnalisme et la dignité.

Allas DI TLELLI

 

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