29 juin 2017

Aux origines de la crise au sein du MAK

La mise sur pied de l’Anavad en 2010, par souci de non-cumul des responsabilités, m’avait poussé à libérer le poste de président du MAK que j’occupais depuis le congrès constitutif (14/08/2007). Il fut accaparé par l’ex président du Conseil National. Les alliances qu’il contracta avec des éléments externes au MAK et dont certains faisaient partie des services algériens me poussèrent à intervenir pour le mettre hors d’état de nuire. Pour aller vers le deuxième congrès, on avait confié l’intérim à M. Mouloud Mebarki, un homme de confiance, qui était jusque-là Secrétaire Général. Ensuite, j’avais soutenu la candidature de M. Bouaziz à l’élection à la présidence du MAK au congrès de décembre 2011 à Sahel (Bouzeguene).

Durant ce congrès, beaucoup de militants, craignant déjà un conflit d’autorité, avaient défendu et obtenu que les statuts consacrent, par l’article 23, le principe de la supériorité du président de l’Anavad sur le président du MAK. Jusqu’à la crise actuelle, il était respecté. Je fus étonné de découvrir qu’un alinéa lui était ajouté. Avait-il été débattu et voté par les congressistes ? Je n’en sais rien. Mais comme je n’en ai pris connaissance qu’une fois publié, je n’avais pas le droit d’y toucher. Si on m’avait demandé mon avis, avant son adoption, jamais je ne l’aurais accepté.

Au troisième congrès, les statuts ne furent même pas débattus. Les présidents de l’Anavad et du MAK ont été réélus à l’unanimité des congressistes. Mais ce qui met en panne la structure est le fait de n’avoir pas élu de membres du Conseil National alors que le mandat de ceux qui le formaient jusque-là avait expiré. Il est trop tard pour en élire un autre si l’on ne convoquait pas un autre congrès.

En prévision d’un remaniement ministériel, pour le nouveau mandat confié au président de l’Anavad, Mme Yasmina Oubouzar me proposa sa candidature pour remplacer à la tête du Réseau Anavad, Monsieur Ahmed Haddag qui m’avait fait part de son intention de quitter ses fonctions. Elle me suggéra également de passer du Réseau-Anavad à la Fédération du MAK-ANAVAD pour éviter la division entre l’intérieur et l’extérieur. J’acceptai les deux propositions. Le 30/06/2016, je soumis au président du MAK un certain nombre de Décrets dont celui de la transformation du Réseau-Anavad en Fédération du MAK-ANAVAD (annexe 1), avant leur promulgation.

J’attendais des suggestions d’amendements de sa part comme de la part d’un certain nombre de responsables concernés. C’est à ce moment-là que tout dégringola ! J’étais sur le point de signer un décret de nomination de Madame Oubouzar qui m’envoya un SMS pour se désister en m’écrivant : « Ecoute, je ne veux plus que tu me nommes à la tête du MAK-ANAVAD, c’est trop compliqué, j’en ai marre ! » Comme elle a déjà démissionné à deux reprises du poste de Directrice de Siwel, notre agence d’information à laquelle, j’avoue, elle avait beaucoup apporté, je craignais qu’elle fasse de même à la tête du MAK-ANAVAD si je venais à la nommer. J’appelai M. Haddag pour lui demander de rester à son poste. C’était devant ce dernier que j’appelai le 02/07/2016, vers 15h, M. Ait Chebbib pour savoir s’il ne voyait pas d’inconvénient à ce que Mas Lhacene Ziani soit nommé premier ministre. Il me donna son aval par téléphone, devant témoins.

Le lendemain, à ma grande stupéfaction, JE DECOUVRIS SUR SIWEL, un communiqué annonçant le nouvel Exécutif du MAK. Je n’aurais rien dit si cet Exécutif était composé uniquement de membres activant au MAK en Kabylie. Le fait de ne pas m’avoir consulté à ce sujet était déjà une erreur. Toutefois, je lui fais confiance pour choisir son équipe. Il connaît mieux les militants de terrain et les compétences locales. Ce qui m’a choqué c’était de découvrir que la moitié de cet Exécutif était basé en France et dont la majorité activait jusque-là à déstabiliser le Réseau Anavad et M. Haddag depuis qu’il en la charge en tant que Ministre des institutions.

Il ne manque pas de femmes et d’hommes de qualité en Kabylie pour occuper ces postes, à ce que je sache. Madame Oubouzar n’a jamais participé à un congrès ou un conseil national du MAK et elle se retrouve Vice-présidente du Mouvement au mépris des hauts-cadres qui méritaient des promotions à la hauteur des sacrifices qu’ils consentaient chaque jour sur le terrain, au prix de leur liberté, et souvent au prix de leur liberté. Si c’était, par exemple Madame Rachida Ider qui était nommée à ce poste je n’en aurais été que très satisfait. Toutefois, ce genre de nominations n’est pas inédit. M. Bouaziz avait déjà procédé à la nomination d’une personne connue pour être anti-MAK et anti-indépendantiste, versée surtout dans les Amazighs de France, comme représentante du MAK en France.

J’avais attiré l’attention du président du MAK sur la déstabilisation que ses nominations créaient en France et le conflit d’autorité auquel il soumettait nos responsables dans la diaspora. Je lui avais demandé de les annuler et averti que je ne les reconnaissais pas. Le voilà donc qu’il récidive. Alors, je fais retirer ce communiqué de Siwel et l’appelai pour lui signifier mon opposition à ces nominations. Je lui avais dit que cela était inadmissible. « Imagine que je fasse de même et que je nomme des cadres qui, investis de mon autorité en Kabylie, vont te narguer et narguer ton Exécutif, quelle serait ta réaction ? » Sachant que, moralement, la retenue de ma part était acquise, pour ne pas causer du tort, ni à lui, ni surtout au Mouvement, il ne m’a même pas écouté. Pire ! Il m’exigea que je retire le Réseau Anavad des mains de M. Haddag qui, grâce à son sens des responsabilités, a ramené de l’ordre et réussi la formidable première marche des souverainistes kabyles à Paris le 17/04/2016.

Devais-je donc récompenser une équipe qui gagne par sa destitution ? Cette exigence est une immixtion insupportable de sa part dans mes prérogatives. Il devient de plus en plus clair qu’un plan de sape de mon autorité était à l’œuvre. Alors, il était hors de question que j’accepte une demande qui m’apparait infondée, voire puérile. Il se permit même d’invoquer un manque de démocratie dans la désignation des responsables du Réseau-Anavad alors que lui-même il fait pire. Il désobéit et remet sur Siwel le communiqué des nominations. Je le fais retirer de nouveau.

A partir de là, il refusa de me répondre au téléphone et fit insérer un communiqué dans lequel il se mettait en convalescence pour deux mois et qu’il chargeait M. Farid Djenadi d’assurer l’intérim. Dans l’intérêt de la cohésion entre le MAK et l’Anavad je finis par céder au chantage en donnant, du bout des lèvres, mon « agrément » au nouvel Exécutif, notamment après l’intervention téléphonique auprès de moi de M. Farid Djenadi. Depuis, silence radio entre nous. Je lui demandai de communiquer par WhatsApp et Telegram, deux messageries gratuites et ultra sécurisées. Je réussis à l’avoir au téléphone par télégram mais il préfère ne communiquer que par SMS.

Fin août, des militants revenus de Kabylie me firent part de messages de sa part me demandant de me tenir au-dessus de la mêlée et de ne plus m’occuper de la gestion. Je deviendrais donc une poupée, une momie à l’image de Bouteflika qui endosse la responsabilité d’actes que son entourage exécute en son nom. Il ne m’appela de nouveau qu’au lendemain de l’annonce que m’a faite un de ses hommes de confiance sur un contact officieux avec le pouvoir algérien. Dès que je l’ai eu au bout du fil, je voulus aborder avec lui ses dénigrements contre moi auprès des militants. Il me répliqua « C’est faux ! Tout ce qu’ils t’ont dit est faux ! » Je ne l’ai pas cru. Ces militants sont probes et loyaux. Il aborda la question du contact et me dit qu’il est sérieux. Ayant lu ma position sur ce contact informel et suspect, il me dit que nous étions sur la même longueur d’onde. J’en fus rassuré.

Pour la reprendre, au cas où ma position ne serait pas connue, elle est comme suit. Je ne crois pas en la moindre initiative du pouvoir algérien en faveur d’une négociation avec nous. J’exige que s’il y a négociation, ce soit le pouvoir qui l’annonce et jamais nous. Deux jours plus tard, je fus étonné de lire un communiqué dans Siwel du porte-parole du MAK, M. Mezzi, disant que s’il y a négociation ce sera au congrès d’en décider. Au lieu que ce soit le pouvoir qui s’avance sur ses intentions à notre égard, voilà que c’est nous qui faisons officiellement le premier pas vers lui !

C’est là un acte d’allégeance humiliant pour notre combat. C’est un scandale ! Une honte ! Par ailleurs, cette décision de réunir un congrès, même si elle peut paraître légitime n’est pas statutaire. Que chacun relise les statuts sur une éventuelle négociation entre la Kabylie et le pouvoir algérien. Mon opinion est que cette approche n’est en aucun cas destinée à entamer des négociations avec nous. Ce n’est qu’une manœuvre pour provoquer la rupture entre le président de l’Anavad que l’on sait intransigeant sur les principes et imperméable au chantage, et le président du MAK, soumis à de très fortes pressions politico-policières.

Le dimanche 18/09/2016, une réunion téléguidée par Alger, eut lieu à Paris, pour officiellement créer une structure pour la défense de Slimane Bouhafs et des militants harcelés par la police. Durant la réunion, à laquelle avaient pris part presque tout le staff mis par Bouaziz en place, Yasmina Oubouzar, Nacer Tigrine et Dalil Makhloufi, un fidèle d’Abrika à l’origine de l’initiative, tentèrent d’engager la discussion sur le ministre des Institutions M. Ahmed Haddag dans le but de le dénoncer.

Les autres membres de la réunion refusèrent de les suivre. Et sentant qu’il y avait anguille sous roche, ils préconisèrent qu’il n’y ait pas publication d’un quelconque communiqué sanctionnant ladite réunion. Un communiqué, contrevenant à cette décision, fut publié par Nacer Tigrine et provoqua des remous au sein de l’ex Réseau-Anavad.

Au président du MAK qui refusait de me répondre au téléphone, j’envoyai des SMS pour lui demander des explications sur la présence des membres de son staff à cette réunion dont l’objectif non avoué était de délégitimer le MAK-ANAVAD en créant des structures pour le concurrencer et le doubler. Il ne répondit pas. Je me suis mis à l’appeler pendant trois jours pour discuter, et de cette réunion et de mon discours que je préparais pour le 25/09/2015. La nuit du 23, je le relançai par messageries sécurisées. Il me répondit qu’il était à un mariage. Je demandai qu’il me rappelât une fois parti de la fête. IL ne le fit pas. Je le relançai le lendemain et découvris qu’il avait désactivé WhatApp et Telegram.

Je le contactai par messagerie normale et il me répondit qu’il avait désactivé les messageries parce qu’on lui aurait dit (c’est qui On ?) que la dernière fois qu’il était sur Telegram avec moi, il était sur écoute ! La mauvaise foi est à son comble. Comment se fait-il que sur la messagerie la plus cryptée au monde, que même la CIA n’arrive pas à déchiffrer, nous soyons sur écoute ?

Là, j’ai commencé à douter sérieusement de sa parole. Je suis en droit de supposer que s’il a désactivé ces messageries sécurisées c’était justement pour que je communique avec lui par Djezzi ou Mobilis entièrement interceptés par Alger. Je ne m’arrêtai pas là. Je revins vers lui pour demander de son avis sur mes propositions à mettre dans mon discours du 25. Aucune réponse. J’ai attendu toute la nuit du 24/09, un signe de sa part. A 5h du matin, je me levai et rédigeai mon allocution qui l’a scandalisé. J’ouvre de nouveaux chantiers pour faire avancer le combat de la Kabylie et renforcer nos institutions.

Ait Chebbib, conseillé par je ne sais qui, il est de toutes les façons responsables de ses actes, prit la mouche. Mais au lieu de s’adresser à moi pour me demander de rectifier un passage ou une idée, ce que j’aurais fait de bonne grâce, dès lors que la ligne de notre combat est respectée, il fit une vidéo de défiance dans laquelle :

1)- Il attenta à l’autorité et à la parole du président de l’Anavad en le contredisant sur le sens de l’autodétermination

2)- Il contesta la primauté de l’autorité du président de l’Anavad sur lui en invoquant le fameux alinéa qui n’a ni que ni tête.

Aussi, voyons de plus près les deux points : Sur le droit à l’autodétermination, il n’y a qu’à revenir à sa définition puis à sa pratique par l’ONU. Le droit à l’autodétermination n’est invoqué que pour les indépendances. Mais revenons au PEK qui stipule :

Préambule 16. Considérant que la Kabylie remplit tous les critères requis à l’accession au statut d’un Etat souverain siégeant au sein de l’Organisation des Nations Unies,

Chapitre I : LE PEUPLE KABYLE 7. Environnement et richesses du sous-sol Alinéa 2 « La Kabylie, dans le respect des normes internationales, exercera son droit sur son espace aérien et maritime »

Chapitre II : Valeurs « La souveraineté de la Kabylie ne saurait se justifier sans que les valeurs ancestrales kabyles, adaptées aux valeurs modernes et universelles, ne constituent ses principes et ses fondements ».

L’État kabyle défendra ses citoyens où qu’ils soient.

La Kabylie, à travers son état et selon ses intérêts, entend coopérer avec l’Algérie comme partenaire privilégié.

Chapitre III : De l’État Kabyle

En tant que peuple et en tant que nation, la Kabylie disposera de son propre État souverain. Le peuple kabyle définira librement et souverainement sa forme par voie référendaire.

L’État kabyle disposera de ses propres armoiries, de sa propre devise et de son propre drapeau.

Quelle que soit la forme de l’État issue du référendum d’autodétermination, le peuple kabyle exercera une souveraineté pleine et entière sur son territoire et sur ses ressources et ses richesses naturelles existantes ou à découvrir.

Si tout cela ne veut pas dire l’indépendance, je voudrais qu’on me démontre le contraire. Le remettre en cause peut me faire croire que ce n’est là qu’une manière de donner des gages à Ouyahia dont l’envoyé spécial, (il n’a jamais été celui du ministère de la Défense comme il le prétend. Et quand bien même ce serait la Défense, avons-nous pris les armes pour que ce soit le MDN qui négocie avec nous ?), est là davantage pour faire imploser nos structures que pour une quelconque négociation.

Je le répète : Ce pouvoir accepterait de tomber que de négocier un iota de ses prérogatives. Si, vraiment il aurait pour intention de négocier une autonomie, pourquoi en viendrait-il à la négocier avec le MAK ? C’est dans ses prérogatives d’octroyer une autonomie. Il n’a besoin de personne pour le faire.

Concernant les statuts

Article 23 : En cas de crise interne mettant en danger le MAK, le président de l’Anavad a autorité à trancher en dernier ressort.

L’alinéa invoqué par le président du MAK dans son acte de défiance, est rendu caduc par cette vidéo.

Le MAK est en « crise interne » qui le met en danger. Chers amis Je suis choqué à l’idée de me justifier sur la légitimité de mes décisions par rapport à ces actes inadmissibles de la part du président du MAK. Je suis dans mon rôle de fixer des caps, bien entendu conformément aux statuts et au PEK. Parler de discipline, est une exigence de l’étape historique à laquelle nous arrivons. Refuser la discipline c’est présenter l’image d’hommes et de femmes non déterminés, non convaincus de leur combat. Je vous mets devant vos responsabilités : Après tant de dégâts générés par la vidéo irresponsable du président du MAK, quelle collaboration et quelle coexistence pourrait-il y avoir entre lui et le président de l’Anavad ? Répartir les charges et les domaines de compétences entre deux têtes opposées serait irresponsable. Il ne doit y avoir au sein de notre Mouvement qu’un seul chef. Le bicéphalisme est une erreur de la nature. Tanemmirt.

Exil, le 02/10/2016

Mas Aselway n Unavad Aqvayli U3dil Ferhat At S3id (MEHENNI)

 

1 Comment

  1. « la dernière fois qu’il était sur Telegram avec moi, il était sur écoute ! La mauvaise foi est à son comble. Comment se fait-il que sur la messagerie la plus cryptée au monde, que même la CIA n’arrive pas à déchiffrer, nous soyons sur écoute ? »

    Cela me rappelle que durant la seconde guerre mondiale, les allemands avaient un système de cryptage (Enigma) indéchiffrable des anglais et où leur flotte prenait l’eau par les sous marins allemands. Ils finirent par trouver le codage, et faisaient semblant d’en ignorer pour gruger les allemands jusqu’au débarquement.

    Ou plus simplement, c’est comme dans Zorro où Bernardo est un sourd et muet qui entend. Le sergent Garcia bla bla bla…

    Les fiançailles, puis le mariage…

    C’est par pigeon voyageur que j’envoie ce commentaire, une carte mémoire SD à la patte. Je clique sur « laisser un commentaire ». vole pigeon, vole!

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