Benyounès : “Il faut écouter le Président, uniquement le Président”

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Dans une interview accordée à Sawt al-Gharb et La voix de l’Oranie, M. Amara Benyounes, secrétaire général de l’UDR (Union pour la Démocratie et la République, SVP), « propriétaire », entre autres, de la Dépêche de Kabylie, d’une imprimerie, etc., nous invite à « … écouter le Président, uniquement le Président »

Dans cette interview, il est question de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Alors, pour ne pas rester hors-jeu, nous avons décidé de nous « inspirer » de ce texte.

Voyons alors ce que signe M. Benyounes quand il nous dit que :

« Quand je lis le texte, je dis que je signe des dix doigts. »

et ce qu’il entend quand il nous répète que :

« Quand j’entends le président parler, je dis que je signe des dix doigts. »

Voici ce qu’il a signé des dix doigts :

« Cette question vitale concerne la sécurité des biens et celle des personnes et même leur honneur, c’est-à-dire tout ce que l’Islam sacralise et que la loi protège et garanti. »

Plus islamiste que ça, vous êtes terroriste, Monsieur le Démocrate nouvelle version !

« L’islam, composante fondamentale de l’identité nationale, a été, à travers l’Histoire et, contrairement aux thèses soutenues par les commanditaires de cette odieuse mystification, un ciment fédérateur et une source de lumière, de paix, de liberté et de tolérance. »

Voici un passage sans lequel aucune construction démocratique n’est possible, n’est-ce pas Monsieur le grand démocrate ?

« Ce terrorisme barbare qui a endeuillé le peuple algérien durant une décennie est en contradiction avec les authentiques valeurs de l’Islam et les traditions musulmanes de paix, de tolérance et de solidarité. »

C’est à se demander ce qui a pu être la source d’inspiration de ce terrorisme, si ce n’est pas me coran ?

« Tout en étant disposé à la mansuétude, le peuple algérien ne peut oublier les tragiques conséquences de l’odieuse instrumentalisation des préceptes de l’Islam, religion de l’État. »

Quand on est démocrate et laïque, ce passage pour peut vous donner du tonus afin de bâtir cette nation à laquelle nous aspirons !

« Il considère qu’il est désormais du devoir de chaque citoyenne et de chaque citoyen d’apporter son tribut à la paix, à la sécurité et à la réalisation de la réconciliation nationale… »

Ce texte veut implicitement nous insinuer ceci : Quand un terroriste vient vous dire que c’est lui qui a tué votre mère ou un de vos proches, il est de votre devoir de l’inviter chez vous à un bon repas et lui demander pardon de ne pas l’avoir remercié avant l’entrée en vigueur de la charte !

« Le peuple algérien souverain approuve la présente Charte pour la paix et la réconciliation nationale et mandate le Président de la République pour prendre toutes les mesures visant à en concrétiser les dispositions. »

Carte blanche, M. le Président, nous vous faisons confiance et pour vous donnez la preuve de notre dévouement ovin, nous signons avec nos dix orteils et les yeux fermés.

Dans ce texte sur la charte pour la paix et la réconciliation nationale, il est aussi question de relais extérieurs. Nous parions qu’il ne s’agit ni de Belkhadem (ami intime du régime iranien), ni de Bouteflika (ami de son grand frère saoudien). Le texte parle d’autres relais : Une main étrangère non identifiée.

Parlons maintenant de l’ouie de M. Amara Benyounes, c’est à dire ce qu’il entend quand il signe des dix doigts.

Ça ne sera certainement pas « Monsieur Hattab » qui me contredira quand je dis que Bouteflika a donné plus aux terroristes islamistes qu’à aucune autre frange des peuples qui constituent l’Algérie de nos jours. Car d’après « El Watan » et d’autres quotidiens indépendants :

« … le Président qui a demandé pardon aux repentis issus de la loi sur la concorde civile dont la situation sociale et administrative n’a pas été régularisée. »

Et surtout n’oublions pas les vœux secrets de celui qui aurait certainement rejoint les maquis du terrorisme islamiste si l’âge ne l’en avait pas empêché. Et si M. Benyounes avait participé à un des meetings de Bouteflika, il aurait certainement entendu ce que nous a rapporté « l’Expression » du 25 août 2001 : « Afin de ne pas heurter la sensibilité des repentis », il recommande aux jeunes femmes d’éviter le port des minijupes et de fumer dans la rue. Ce moralisme ne fait que conforter les barbus dans leurs convictions rétrogrades.
Voici un président que M. Benyounes nous demande de soutenir sans conditions dans ses démarches et dont il signe des dix doigts les dires et les actes !

Pour conclure notre texte, nous prions Benyounes, qui a l’ambition de construire une nation foncièrement républicaine (à moins qu’il ne veuille insinuer « bananière ») de bien vouloir nous dire comment il a pu se procurer la masse d’argent nécessaire pour fonder un journal, acheter une imprimerie et lancer un parti aux ambitions nationales ? Et de nous expliquer pourquoi aucun autre parti que le sien n’a pu obtenir d’agrément ? Est-ce dû au profond attachement de Zerhouni à la démocratie version UDR, ou bien à un autre facteur que nous ignorons ?

Pourquoi vous contenter de signer des dix doigts quand vous pouvez le faire aussi avec les dix orteils ? Signez M. Benyounes, mais de grâce, arrêtez de nous prendre pour un troupeau de moutons !

Ide Nigh

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