Bonnes fêtes de Yennayer…

Même si non officialisées encore !

Yennayer… Yennayer 2964… Nouvel an berbère. Bonnes fêtes à tous et à toutes !… avec ou sans officialisation !

J’aimerais adresser à tous les Kabyles ainsi qu’à tous les cousins berbères de bonnes fêtes à l’occasion des célébrations de Yennayer 2964 qui est, qu’on le veuille ou pas, notre plus grande festivité religieuse avec tous les préparatifs autour de la maison, pour ces 3 jours de fêtes du nouvel an avec le poulet qui doit être sacrifié pour le traditionnel repas du soir, ce fameux couscous de Yennayer … Sans compter les autres traditions et incantations toutes aussi spécifiques à ces fêtes comme juste par exemple celle qui nous a marquée tous, à savoir d’avoir une petite ligne dessinée avec du “(qeḍṛran)“ (goudron végétal à odeur si spéciale) autour du poignée étant petit enfant … et qu’on devait laver, enlever et absolument faire disparaitre avant le repas. Ô… souvenirs, souvenirs, souvenirs !

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Faut-il faire plus de rappels à tous ces Arabo-islamistes au pouvoir qui refusent encore de reconnaitre cette fête ? Il y a une expression en langue kabyle qui dit : « Anda veḍen w’amam g’yennayer, ad yawḍit itij n γuct » littéralement pour : “Là où de l’eau a stagné à Yennayer il aura le soleil en août“. Expression allant dans le sens de la nature, depuis que le monde est monde, puisque pour toute vie il faut de l’eau et de la lumière solaire avec le cycle des saisons. J’ajoute que cette expression est une très vieille et date, comme notre langue, de bien avant Jésus-Christ et par conséquent bien avant le fondateur de l’islam venu plusieurs siècles après et qui veut nous imposer la langue arabe, considérée par ces envahisseurs comme divine, puisque celle du Coran et paroles sacrées d’Allah, avec leur calendrier lunaire où les mois varient avec les saisons et tout ce qui suit avec. Qu’ajouter de plus à cela si après maintenant 50 ans de “dite” in-dépendance, cette fête n’est toujours pas officialisée pour nous Kabyles et tous les autres berbères qui avons payé comme chacun le sait, le plus cher durant les 7 ans de la guerre pour l’indépendance du pays ? N’est-ce pas difficile à avaler ?

Et à ce sujet de difficulté à admettre, il y a en plus celle de garder ce goût très amer du départ pour tous ceux et celles qui ont quitté le pays, soit tout simplement en “γorba [1] comme on dit pour gagner leur vie avec des retours saisonniers vu l’économie moribonde du pays, mais aussi et surtout pour les exilés à vie .

Je dois ajouter, et noblesse oblige en ces fêtes de Yennayer, celle ci qui dit : “Lețțen meden aveεuq i dwa g’yennayer” littéralement pour “manger des tubercules d’arum (Le gouet) comme prophylactique durant les fêtes de Yennayer” pour exprimer ses grandes peines sachant combien il est pénible et difficilement tolérable d’avaler cela tellement cela râpe la gorge, tout aussi connu par “ițțkeṛṛiḍ am aveεuq g’taγuct’iw”. Alors, officialisation ou non… Bonnes fêtes de Yennayer à tous et à toutes !

ǝ-miss Ṁuḥend Ṻjaεƒer

Notes

[1en exil

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