Boycott pour convoquer la raison…

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Puisqu’il semble que seule la vérité doit nous intéresser en certains domaines, je livre la mienne sur un sujet qui me brûle les doigts depuis un moment.

En cette période de lutte pour la protection de l’identité kabyle menacée de toute part, le moindre geste compte énormément entre autres pour avertir le pouvoir algérien sur notre détermination à assurer un avenir libre et prospère à notre kabylité. De l’informer de l’union effective des différentes composantes kabyles muées par le même objectif : LIBÉRATION du peuple kabyle de ses chaines rouillées sur sa peau. Aussi, pour dire notre admiration et remerciements aux infatigables militants et militantes souverainistes, au moral d’acier inoxydable, qui arpentent inlassablement les chemins d’une Kabylie qui voit ses usines transformées en casernes. Ses forces vives poussées vers l’exil. Ses enfants assassinés à peine savent-ils articuler un mot. Ses forêts décimées, sa faune brûlée vive. Ses villes et villages envahis par des prosélytistes intégristes, misogynes et racistes. Son école aux livres de lobotomisation… échec et désespoir malgré le classement exceptionnel des enfants kabyles. Pour conclure ce chapitre, nous rajouterons : donnons aux enfants kabyles une école libre et digne de ce nom, deux générations plus tard, notre peuple offrira à l’humanité des découvertes scientifiques. Laissez mon peuple se gouverner librement, il vous tractera, avec sa douceur légendaire, vers le savoir et la prospérité en s’acquittant de tous les droits d’entrée.

Je ne conseille à personne d’emprunter les pas de ma position et précise qu’elle n’engage que l’auteur de ces lignes et mécontenterait fortement les leaders du mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie. Pardon monsieur, le Président.

Dorénavant toute invitation à rejoindre une page, un groupe, une manifestation, un concert, une réunion, etc., sans drapeau kabyle flottant fièrement au-dessus de nos têtes sera ignorée et m’engage à ne jamais me rendre à un concert d’un artiste qui loue la kabylité sans présence du drapeau du peuple kabyle sur scène. M’engage à ne jamais acheter un livre d’un intellectuel kabyle qui se tait devant la répression que subissent les militants et militantes souverainistes. « Qui ne dit mot consent » et un intellectuel qui détourne son regard est indigne de ce titre. M’engage à ignorer toutes festivités revendiquant la kabylité sans présence du drapeau kabyle. M’engage à me désabonner, à compter de maintenant, de toute page qui se revendique de la Kabylie et de la kabylité qui toutefois n’affiche pas le drapeau kabyle et ce, même si elle arbore fièrement le drapeau de la fédération des nations maziɣes sans État. Ce sont les petits gestes qui font grandir une révolution jusqu’à son aboutissement.

La kabylité mentionnée avec insistance est essentielle pour comprendre la décision ; ma naturelle aversion pour l’hypocrisie ; mon dégout pour le manque de courage intellectuel, politique et la désapprobation que m’inspirent de plus en plus toute page des réseaux sociaux, les artistes, intellectuels etc., qui se revendiquent kabylistes mais ne dénoncent pas, avec fermeté, les attaques contre les souverainistes kabyles et n’affichent pas, au moins par solidarité, le drapeau du peuple kabyle afin de ne pas heurter la sensibilité du « nationalisme baathiste » importé d’Égypte par les dictateurs des unicistes commentateurs de photos de femmes kabyles où danseurs qui viennent pour folkloriser davantage la poésie kabyle sans jamais prononcer une phrase en langue kabyle par égards. Dans un État kabyle libre, ils sont les bienvenus : dansez jusqu’au matin et vivez parmi nous libres et égaux en droit et devoir. Pour le moment… nous sommes occupés.

«Nationalisme» de substitution, de façade auquel le kabylisme a cessé d’adhérer après 54 ans de patience : « indépendance, après, nous verrons ». L’après n’arrive toujours pas, à croire qu’il vient d’une lointaine planète. Le kabylisme a compris, qu’il n’arrivera jamais et s’oppose au « nationalisme » trompeur de toutes ses forces, pacifiquement et sans haine pour l’Algérie et ses citoyens, mais afin de sauver la « maison » kabyle de l’effondrement et l’annihilation. Nous n’avons plus le choix : un État kabyle ou la disparition à court terme de l’identité kabyle. J’adhère à la démarche et approche car je suis à l’image de mon peuple : catégoriquement anti raciste. Un pacifiste allergique à la haine et conscient de l’enjeu et les difficultés inhérentes. Pacifiste certes, cependant, l’angélisme en cette période de lutte pour  la pérennité de la kabylité est pire que le syndrome de Stockholm et ses jumeaux.

Concernant le drapeau fédéraliste, je le respecte beaucoup et rappelle juste pour mémoire non point par un orgueil déplacé que c’est un kabyle admirable qui l’a confectionné à Paris. Je suis intiment persuadé chaque jour, il ferait au drapeau kabyle un salut respectueux digne de son rang de maquisard d’honneur. Pour creuser un peu ce chapitre, je rajouterais que le berbérisme, ça suffit, nous avons accompli notre devoir moral, historique et intellectuel envers nos frères maziɣes. Maintenant, ils savent ce qu’ils doivent faire. Nous ne sommes pas leurs tuteurs à demeure. Un peu de respect de grâce. Solidarité éternelle. Toutefois le choix s’impose de lui-même : Kabylie en avant toute, avant qu’il ne soit trop tard. C’est aussi un intérêt stratégique pour chaque maziɣe d’aider la Kabylie à atteindre son objectif, elle le lui rendra au centuple plus les intérêts. Nous sommes en terre d’honneur et de dignité qui paye ses dettes avec reconnaissance éternelle. Évidemment, toute conscience est libre de ses actes et prospections. Cela est un principe fondamental tété au biberon par le peuple kabyle. Merci aux frères et sœurs maziɣes qui aident mon peuple.

Par principes humanistes et convictions philosophiques, je respecte les positions des pages kabyles, artistes, intellectuels, etc., qui ne partagent pas les idées du MAK, on ne peut revendiquer la liberté d’être soi-même et interdire à autrui de penser, c’est totalement incohérent et indigne de l’humanité libre. Toutefois la solidarité inter-kabyle a du sens et n’est pas à sens unique. En effet, le sens unique ne correspond absolument pas aux valeurs fondatrices de la philosophie du peuple kabyle. Alors si vous êtes Kabyles, soyez dignes de l’esprit kabyle. Affichez fièrement le drapeau partout où vous le pouvez, faîtes-le au moins par solidarité, sinon sachez que la maîtrise d’une langue n’a jamais suffi pour accéder à son esprit et appréhender sa philosophie.

Quant au fameux : « lzayar tamazighit on ne l’abandonnera pas ».  Je réponds simplement qu’historiquement Tamazγa centrale n’a JAMAIS entièrement appartenu au peuple agwaw. Par contre, ṭamurṭ igawawun affirmatif, elle l’est depuis la formation de notre peuple : reculez, reculez, reculez et lisez dans la conscience collective, la réponse s’y trouve en surface même pas obligé de fatiguer vos précieux neurones. Prétendre le contraire est un mensonge historique et une authentique tentative de hold-up intellectuel, etc., auquel je ne pourrais participer ni souscrire. Je ne suis pas un voleur ni de bien, ni d’idées encore moins un négationniste, un révisionniste, un extrémiste racialiste, etc., et suis formellement un anticolonialiste même en pensée. En un mot prétendre le contraire, c’est renier l’existence même du peuple chawi, chenwi, m’zab etc., nos voisins depuis le commencement. Au final, prétendre le contraire, c’est vider de son sens même et ses valeurs immanentes le drapeau fédéraliste. POINT.

Je comprends de moins en moins les postures politiques et intellectuelles des Kabyles nommés à juste titre : algérianistes. Suis-je trop imbécile pour pouvoir accéder à leur univers d’entendement sophistiqué et raffiné ? Certainement. Néanmoins une évidence qui ne m’appartient pas et est à la portée de tout le monde même à un esprit primaire comme le mien : sans État kabyle, l’identité des igawawuns est vouée à disparaître à moyen terme. C’est mathématique, automatique. Le cadre de l’État ? Le mien est clair : indépendance.  De plus, ma copine l’Histoire me l’a chuchoté à l’oreille pour faire déguerpir un cauchemar : je me voyais assis sur le dernier rocher kabyle en compagnie des derniers Kabyles pleurant mon identité rendant son ultime souffle, en maudissant les coupables et complices, pendant que nous nettoyons la merde que l’Histoire nous jette sans cesse aux visages décomposés par la honte, la culpabilité et la tristesse sans nom.

Savent-ils des choses que mon ignorance est incapable d’appréhender ? Ont-ils un accès direct à l’avenir et l’intelligence suprême et savent un futur radieux pour la kabylité ? Sont-ils tout simplement complices d’un État tortionnaire de notre identité ? Suis-je aveuglé par mon engagement politique et amour incommensurable pour l’identité d’un peuple multimillénaire ? Ma crainte de la mort d’une merveilleuse culture venue du fin fonds de l’Histoire perturbe-t-elle un peu trop mes neurones ? Ont-ils peur de perdre des positions favorables et taisent-ils, pour le moment, leurs opinions politiques souverainistes ? Suis-je excessivement fougueux et écorché vif pour pouvoir comprendre posément les enjeux trop hauts pour mon intelligence limitée ? Sont-ils fédéralistes, conviction chevillée au corps d’entraîner l’ensemble des habitants de l’Algérie vers cette option politique, pérenniser l’identité kabyle et lui donner enfin les moyens étatiques nécessaires pour son épanouissement ? Quel est donc leur projet politique et aspiration susceptible de garantir un futur à la Kabylie et la kabylité ? Au chawi et la chawité ? Etc.

Mon ultime mot est pour toi Dda Lwenas : en 1998 j’ai juré de consacrer mon existence à ton identité. Tu es mon seul et unique maître à penser sur terre. Je sais, je sais Dda Lwenas : « sois toi-même et trace ta voie« . Je le suis et suis opiniâtre. Je n’abandonne jamais et suis devenu mon propre guide.

Vive la Kabylie libre et indépendante.

L. F.

About T. Firmus.

Indépendantiste par amour pour la Kabylie sans aucune haine pour l'Algérie ni pour les Arabes.

4 thoughts on “Boycott pour convoquer la raison…

  1. Thanmirt a gma, à force de se battre pour cette algérie, on va finir par s’y fondre, place au nationalisme Kabyle à présent.

  2. (Partage: mien) Quelqu’un connait-il un kabyle de moins 40 ans qui ne parle pas la langue arabe ? Maintenant combien de Kabyles connaissent-ils des Arabes qui parlent la langue kabyle ? Avec un peu d’esprit tordu et simpliste, je dirais que les Arabes sont racistes et les Kabyles ne le sont pas. Vu que mon esprit ni n’est tordu ni simpliste, la raison me semble facile à comprendre : les kabyles parlent la langue arabe parce qu’elle est enseignée à l’école de Kabylie ce qui n’est le cas de la langue kabyle… nulle part. Donc ce n’est pas la faute des Arabes, mais de l’Etat algérien arabe. Pour résoudre l’équation : un Etat kabyle pour pérenniser la langue kabyle et kabyliser les Arabes vivants en Kabylie.

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