21 avril 2017

Carnage au Yémen

Guerre au Yémen

L’Arabie saoudite est soupçonnée par l’ONU d’avoir ciblé une foule participant à des funérailles dans la capitale yéménite, Sanaa. Près de 140 personnes seraient mortes et plusieurs centaines d’autres blessées.

C’est un carnage. Une grande cérémonie funéraire se déroulant samedi à Sanaa, au Yémen, a été frappée de plein fouet par une attaque aérienne dévastatrice. Près de 140 personnes auraient perdu la vie et 525 personnes auraient été blessées, selon l’ONU. La capitale yéménite est contrôlée par les rebelles chiites contre lesquels se bat la coalition arabe menée par l’Arabie saoudite.

La salle visée accueillait des dignitaires, des militaires et une grande majorité de civils, tous venus présenter leurs condoléances pour la mort du père du ministre de l’Intérieur des rebelles, Jalal al-Rouichène. Le maire de la capitale figure parmi les morts.

Enquête

La coalition conduite par l’Arabie saoudite, dont l’objectif est de rétablir l’autorité du gouvernement reconnu par la communauté internationale, a nié dans un premier temps toute implication, avant de publier un communiqué dans la nuit annonçant une enquête «immédiate» à laquelle les Américains sont invités à participer. «Les enquêteurs auront accès aux données concernant les opérations militaires dans le secteur et ses environs, et les résultats seront publiés immédiatement après la fin de l’enquête.» La Croix-Rouge, le CICR et l’ONU dénoncent de leur côté ce nouveau bain de sang.

Ce n’est pas la première fois que des civils payent le prix de la guerre civile au Yémen. Depuis le début du conflit, en mars 2015, plusieurs centaines ont perdu la vie à cause des raids aériens de la coalition. Mais cette nouvelle bavure tombe mal pour les Saoudiens, au moment où les Occidentaux déplorent les bombardements russes en Syrie, dans lesquels de très nombreux civils perdent également la vie. Washington s’est ainsi dit «profondément troublée» et a annoncé réexaminer son soutien à la coalition arabe emmenée par l’Arabie. «La coopération sécuritaire des Etats-Unis avec l’Arabie saoudite n’est pas un chèque en blanc», a affirmé la Maison Blanche.

Une paix qui s’éloigne

Dimanche, des milliers de Yéménites ont manifesté pour dénoncer le massacre. Baptisé «Volcan de la colère», le rassemblement a été organisé à l’initiative des rebelles chiites Houthis dans la capitale yéménite. «Après ce massacre, nous sommes plus déterminés à affronter les agresseurs», a martelé un haut responsable des rebelles, Mohamed Ali al-Houthi, en haranguant la foule. «Ouvrez les fronts avec l’ennemi saoudien!», «Ouvrez les centres de formation militaire!» L’attaque a tué un certain nombre de responsables favorables au cessez-le-feu, éloignant presque à coup sûr tout espoir de paix à court terme.

Reuters