21 avril 2017

Ce n’est pas la beauté qui fait l’homme

Il était une fois, dans un petit village niché au sommet d’une montagne, une jeune fille dont tout le monde vantait l’intelligence, la beauté et le savoir. Elle était en âge de se marier, les gentilshommes se précipitaient à sa porte, mais aucun des hommes du village ne trouvait grâce à ses yeux, l’un était trop petit, l’autre trop grand. L’un était trop gros, l’autre trop maigre. L’un était trop chevelu, l’autre pas assez.

Les parents de la jeune beauté n’en pouvaient plus et ont fait battre le tambour, le jour du marché, afin d’informer les passants que le cœur de leur fille était à prendre et qu’il suffisait de se présenter pour déclarer sa flamme.

Un lion, ayant entendu le crieur s’est rendu dans le village pour demander la main de cette jeune fille extraordinaire. Quand le singe a appris quelle était son intention, il s’est présenté lui aussi comme candidat.

Le singe avait pour lui la richesse, le lion avait pour lui la beauté, la bravoure et le courage.

Le singe a apporté cent exemplaires de tout ce que l’on peut trouver dans le village ; des bœufs, des moutons, des chèvres, des poules, des bicyclettes, des voitures, des ordinateurs, du maquillage de chez Dior, Chanel et Guerlain, des tomates séchées, des noix, des amandes, des cuvettes émaillées, des pièces de tissu pour confectionner des robes, des foutas, des colliers, des ceintures et des bracelets en argent, des parures en or, des chaussures griffées, des sacs de semoule, de viande séchée et de couscous… Le lion n’avait rien à offrir. Pas même une boite de tabac à chiquer.

Le singe a obtenu la main de la jeune-fille et s’est marié avec elle. Il a dit au lion : « même si tu étais encore beaucoup plus beau, plus courageux et plus brave, tu ne pourrais rien faire car tu ne possèdes rien. Là où l’argent parle, la poche vide n’a plus qu’à se taire ».

Adapté d’un conte africain

P.-S.

Logo d’illustration : Paul Helleu détail, « la dame a la toque »