Ces Kabyles qu’on assassine en Afrique du Sud, en Europe et ailleurs…

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Jeudi 24 janvier 2013 : La dépouille d’un jeune Kabyle, assassiné en Afrique du Sud, devait arriver à son village Cheurfa (Tizi N’Tléta). Ignorant tout sur les circonstances de ce drame et comme pour installer l’affolement dans chaque logis ayant un enfant au pays de Mandela, l’ambassadeur d’Algérie en Afrique du Sud informait la même population de l’existence d’une seconde dépouille d’un autre jeune migrant, également victime d’un acte criminel et originaire du même patelin, mais qui serait bloquée au sud du continent en raison de l’identification du corps qui n’est toujours pas établie… Le sera-t-elle un jour ? Rien n’est moins sûr quand on connait le peu de cas que se fait la diplomatie algérienne de ses ressortissants en général et des Kabyles en particulier…

Un autre acte criminel survenu, cette fois-ci, dans les tribunes du stade de Rustenburg, lors du match Algérie-Tunisie du 22 janvier dernier, comptant pour le 1er tour de la CAN 2013, a frappé un autre jeune Kabyle, originaire, parait-il, des Ouadhias et dont le corps est toujours quelque part en Afrique du Sud…

Il y a quelques années, deux jeunes Kabyles de Maatkas, qui étaient sur le point de franchir, à pieds, la frontière grecque, furent tués par des coups de feu entendus par leurs proches sur leurs téléphones portables étant, au même moment, en communication avec eux… A ce jour, pas la moindre trace de ces 02 garçons Kabyles qui n’avaient fait rien de mal que de fuir la misère et le mépris pour une Europe où ils croyaient pouvoir vivre sereinement et dignement.

Ces 05 tragédies ne sont que la partie émergée de l’iceberg tant des jeunes Kabyles victimes de ce genre d’exécution se comptent par dizaines, voire plus. Aucune statistique n’est établie à ce propos et c’est loin d’être fortuit tant il est logiquement préférable pour les autorités, à tous les niveaux, que ce genre de drames soit classée dans la rubrique faits divers pour que nul ne soit capable de situer l’origine profonde ayant conduit à de tels scénarii bouleversants.

Un malheur n’arrive jamais seul dit une sagesse qui vient de se confirmer, une fois de trop, au détriment de la Kabylie ; cette Kabylie qui n’en finit pas avec la funeste spirale dans laquelle le Pouvoir algérien, ami et sponsors de beaucoup de politiques, de dirigeants sportifs, « d’aaartistes »…Kabyles, l’a mise depuis 50 ans.

En proie au déni identitaire et culturel, à la marginalisation économique, à la répression politique, à la destruction de son patrimoine forestier, aux kidnappings dont les conséquences immédiates sont la cessation d’activité ou la fuite de ses rares entrepreneurs, à la promotion de la médiocrité et de l’incompétence, voire de la délinquance au niveau des institutions élues ou désignées, au chômage endémique, au matraquage religieux tout azimut, à la mise à mort de son artisanat, à une bureaucratie digne des pires républiques bananières… la Kabylie semble subir le retour de manivelle de tous ces maux, et pour cause ; la mal-vie qui y sévit avec son lot de fléaux qui obstruent tous les horizons, poussant des milliers de jeunes, des familles, des moins jeunes et même des sexagénaires à décamper, légalement ou pas, aux quatre coins de la planète, notamment en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique du Sud, révélant une Kabylie exsangue, abandonnée chaque jour un peu plus, par sa sève ; son élite, et son énergie ; sa jeunesse…

Cela explique en partie la résignation qui semble s’emparer de ce pays Kabyle qui ressemble à un corps blessé perdant inexorablement son sang. Ce grand corps malade peine à rassembler ses forces, ces mêmes forces qui le fuient au fur et à mesure que les déceptions s’accumulent et les agressions sournoises se multiplient…

Comme si tout cela ne suffisait pas, il aura fallu que cette Kabylie martyrisée par le passé, le soit encore tous les jours, dans sa chair. Ainsi, après avoir donné en sacrifice ses meilleurs enfants pour la décolonisation d’un pays qui la reniera aussitôt le régime colonial déchu, ensuite pour la démocratisation et la reconnaissance d’une identité ancestrale déniée, en passant par la déferlante islamiste des années 90 et le printemps noirci à jamais de 2001, après le départ des pans entiers de sa population vers des contrées moins hostiles à son égard, la voilà en train de recevoir, tels des colis piégés, les dépouilles de ses écorchés vifs partis avec des rêves plein la tête et de l’espoir à revendre, vers des « eldorados » créés par la misère, le désespoir et le mépris qui broient les Kabyles depuis un demi siècle.

Je refuse de considérer ces pauvres jeunes comme de simples victimes de la forte criminalité qui caractérise, nous le savons tous, l’Afrique du Sud. Ce n’est pas non plus la crise économique qui terrasse la Grèce qui en est la cause, encore moins la rage de vivre librement de ces jeunes, partis très loin de chez-eux, fuyant l’injustice. Tous les drames qui frappent de plein fouet tous les Kabyles (et pas seulement) établis, légalement ou clandestinement, dans tous les pays du monde, trouvent inévitablement et forcément leur origine dans l’irrévérence, l’arbitraire, l’indigence… produits par le régime corrompu d’Alger et l’idéologie arabo-islamiste qui y sévissent depuis un demi siècle.

Allas DI TLELLI

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