Châtiment inédit

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Vous avez dû certainement, un jour, dans votre vie, faire la connaissance d’une de ces personnes qui excellent dans l’art d’excéder le monde par des propos insipides, un comportement gratuitement irrévérencieux, un manque d’à propos permanent, une persévérance fastidieuse de mauvais conteur, un nombrilisme exacerbé, des tics de mauvais aloi qui renvoient à des tares où vous n’avez ni l’envie ni le temps de fouiner.
Je sais que lorsque vous les voyez arriver sur vous, vous faites exactement comme moi : vous changez de trottoir quitte à vous faire écraser par un poids lourd. Je vous comprends tout à fait.

Chez-nous, là-haut dans nos montagnes où il reste toujours – telle une neige éternelle – un brin de paganisme mélangé à du bon sens paysan, nous disons de ces personnes – sauf votre respect, mesdames et messieurs – que les saints patrons des lieux ont vidé sur elles leur vessie.

Nous disons la même chose d’une famille où rien ne va plus sans que l’on sache pourquoi, d’un endroit déserté par les siens pour des raisons mystérieuses, d’un commerce qui ne marche pas en dépit du bon emplacement du local, d’ un champ qui ne donne plus malgré la sollicitude des maîtres.

A bien considérer les choses, l’Algérie dans son ensemble, celle du nord comme celle du sud, celle de l’est comme celle de l’ouest, se trouve dans une situation qui nous habilite à croire que les saints patrons protecteurs du pays – et il y en a beaucoup – l’ont lâchée, avec mépris, après lui avoir signifié leur mépris dédaigneux par un arrosage copieux, à la manière nord-africaineRetour ligne automatique
Les ruelles de nos villes gardent d’ailleurs toujours l’odeur exécrable et pérenne de cette malédiction qui ne semble pas près de quitter un pays inamendable.
Je ne sais pas si vous avez une idée de ce que notre génération ou celles qui l’ont précédée ont pu commettre comme péché , pour que nous soit infligé ce châtiment inédit.

Toujours est-il qu’il serait, je pense, de la plus haute convenance que les autorités des pays amis du nôtre qui ont fait le choix d’importer chez eux des contingents d’Algériens et peut-être, bientôt des quartiers, des villes entières, soient mises au courant de ce phénomène.
Cela leur permettrait de prendre les devants et d’élaborer une stratégie de lutte contre ce genre de malédictions qui pourraient s’avérer transfrontalières, stratégie dont nous pourrions peut-être plus tard nous inspirer, si toutefois les saints gardiens de l’Algérie, de Sidi Abderrahmane, l’Algérois, à Sidi el Houari, l’Oranais, sans oublier bien évidemment Sidi Baloua, le Kabyle, acceptaient par magnanimité, de reconsidérer leur attitude et de nous reprendre dans leur giron. Encore faut -il que …..

Kaci ABDMEZIEM

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