22 juin 2017

Chorale Inagan

Il était une fois une époque…

C’était en 1995, une période où l’Algérie était à feu et à sang du fait d’un terrorisme islamiste qui était à son paroxysme. Bravant la peur et le danger, beaucoup de jeunes s’étaient regroupés dans des associations, en Kabylie, pour entretenir, dans l’anonymat le plus absolu, un semblant de vie culturelle en plein climat de guerre.

Dans l’un de ces hameaux Kabyles livrés à eux-mêmes et paradoxalement pullulant d’énergie, de débats politiques et autres et surtout de culture, une jeunesse insouciante, totalement désintéressée, qui avait la rage de vivre, d’exister et la fougue à fleur de peau, activait dans une association culturelle fondée en 1989 [1]. Ainsi donc, dans un environnement, politiquement et socialement austère, dans un village perché au pied du Djurdjura, perdu dans nul part, dans une région livrée à elle-même et au risque permanent d’un assaut des terroristes islamistes ; des villages voisins en avaient fait la douloureuse expérience quelques temps auparavant, une bande de jeunes loups avait pu animer, bénévolement, la scène culturelle et artistique, encadrer des centaines d’enfants, d’adolescents et de jeunes sans la moindre infrastructure et sans le sou et ce, à longueur de temps et sur une période longue d’au moins quatre années qui furent très intenses en activités diverses (théâtre, chorales, cours de solfège, conférences, cours de langue kabyle (tamazight), excursions, concours et tournois périodiques de dessin artistique, de poésie, de jeux d’échecs, de scrabble, de culture générale… etc.)

C’est dans ce contexte que la chorale INAGAN (Les Témoins) est née (1993) pour sillonner la Kabylie et rejoindre le studio en 1995 pour enregistrer un album édité par une maison d’édition se trouvant à Alger dont la distribution fut un fiasco. Ainsi, pas le moindre écho hormis quelques rares diffusions sur la chaine II (Kabyle) de la radio algérienne et un petit article dans le quotidien « Le Matin » qui était en fait un résumé excessif d’un texte remis par le président de l’association à leur bureau de la ville de Tizi-Ouzou.

Le montage vidéo, réalisé à la hâte, ne doit pas faire perdre de vue la musique et les textes, n’étant conçu que pour alléger, un tant soi peu, l’écoute. Ecoutez plutôt ces cinq (05) titres, pris au hasard, des 10 que contenait l’album :

Chorale INAGAN (Les Témoins) :

 

1)-Nekwni s-imejtuħen – (Nous les petits enfants)Retour ligne automatique
2)-Nunembeŗ (Novembre)Retour ligne automatique
3)-Tagnawt neγ Tagrest d iħulfan (climat ou Hiver et états d’âme) Retour ligne automatique
4)-Iles n lejdud (langue des ancêtres)Retour ligne automatique
5)-Ayγer (Pourquoi)

Bonne écoute !

Allas DI TLELLI


(*) Une reconnaissance aux enfants de la chorale (Nouara Takilt, Mustapha Belkessam, Dehbia Belkessam, Tassadit Belkessam, Djamila Medjdoub, Sonia Harbi, Nouara Imadouchen, Tinhinane Akli, Merzouk Bouilles, Fadila Bouilles, Fazia Imadouchen, Dalila Belkessam), aujourd’hui adultes, à leurs parents, aux animateurs de l’association Amezruy dont il convient de citer Taïb Hacène, Bouilles Hocine, Belkessam Bakli, Akli Asmane, Boudjema Rachid, Takilt Rachid/Ahmed, Boudjema Saïd dit Âmi Saïd et d’autres… Un hommage aussi à Mohd Medjdoub et Ahmed Takilt. Enfin, un clin d’œil à une époque…


Notes

[1Association culturelle Amezruy présidée par H.A. de 1993 à 1996.

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