21 avril 2017

Colloque sur l’insurrection de 1871… en Kabylie

Le colloque qui a été tenu le 06 et 07 mai au Théâtre régional de Bejaia avait pour thème : l’insurrection de 1871. Les invités furent illustres, même si leurs interventions étaient bien timides ; ils ont eu néanmoins le mérite de nous apprendre ce qu’on savait déjà. On avait l’impression qu’ils étaient là pour ne pas nous révéler grand-chose et sur ce plan ; c’était une réussite totale. On avait essayé de noyer un chat dans un verre d’eau. Si on avait eu la malchance ou …la chance d’arriver au milieu d’un sujet, on aurait eu l’impression de se tromper d’amphithéâtre comme on s’est trompé de révolution.

L’émir Abdelkader était plus présent que Cheikh Al Moqrani, Boumezreg ou Qelaa Nat Abbas. Le mot Kabylie était maintes fois maladroitement remplacé par Algérie. Par contre, le mot chronologie était au rendez-vous et vous savez ô combien ce mot peut être ennuyeux entre de mauvaises mains. Et il l’était ! Le seul qui a pris des risques et essayé de vivre dangereusement était : Benjamin Stora. Il a écarté la chronologie pour rétablir : un parallèle… chronologique.

A un moment, Monsieur Benjamin Stora semblait exprimer un ras-le-bol en disant : « Ecoutez ! Je suis là pour parler de l’insurrection de 1871 et…et cette insurrection a bien eu lieu en Kabylie. Je ne peux pas parler d’autres régions de l’Algérie… enfin. » On sentait le poids des autorités de Bejaia qui ont essayé d’éradiquer la Kabylie du langage de monsieur Stora et de ses collègues. Pour les précédents cela avait réussi et il était le dernier à intervenir pour conclure un « collocus machievelus ».

Le grand événement de ce colloque fut quand un homme, la cinquantaine, cheveux gris et libéré de la torture se leva et annonça à qui veut l’entendre : « Nous sommes encore colonisés monsieur. C’est encore pire, on ne sait pas qui nous colonise… ». La réaction des intellectuels dans la salle fut prompte et véhémente. On entendit des organisateurs et organisatrices dire : « Sortez monsieur ! Sortez ! Vous êtes indigne d’être un faux-cul ! »

Hmimi Brahimi