23 avril 2017

Écrasante responsabilité des élites dans la crise des migrants

Les millions de migrants en route fuient l’islam réel ainsi que les États dictatoriaux tenus à bout de bras par les élites technicistes férues d’économétrie abstraite (les « grands équilibres macro » impuissants pourtant à vivifier l’économie micro comme on le voit en France et précisément dans les États migrateurs en crise) et férues de relativisme pseudo-libéral autodestructeur (confondant en effet droits humains et citoyenneté comme l’indique Zemmour dans son dernier livre).

C’est que ces élites post-1945, bercées dans l’illusion d’un monde pouvant être transformé mécaniquement par la mondialisation des biens et des cultures, et croyant que les malheurs du monde avaient comme seule cause « la colonisation occidentale » (au contraire de ce que pensait Karl Marx qui y voyait un « progrès ») n’avaient pas prévu que ces États dits « progressistes » puissent s’effondrer ou se métamorphoser en contrée hostile à tout progressisme comme on le voit en Turquie, en Chine, au Venezuela, en Arabie, en Algérie, Tunisie, Arabie…, alors que les résultats effectifs d’une culture sont toujours répercutés par un ouï-dire qui met tôt ou tard les peuples en marche (votant avec leurs pieds) tant ils sont en quête de bien-être et de bonheur.

Mais au lieu de prendre en compte leur écrasante responsabilité dans la crise mondiale actuelle des migrations les élites technicistes, de droite et de gauche, vont prendre en grippe, voués aux gémonies, montrer du doigt certains lanceurs d’alerte, qui, au-delà de leurs excès, montrent bien cependant que les peuples occidentaux ne sont pas responsables de la gabegie postcoloniale soutenue entretenue (jusqu’aux dernières élections au Gabon en République centre-africaine…) par leurs élites en extase alors que déjà près de soixante ans sont passés, en vain ou presque.

Or, en un tel laps de temps, et si l’on s’en tient au seul facteur économique si cher pourtant à ces élites, des pays complètement détruits comme l’Allemagne et le Japon ont ressurgi, la Chine en trente ans est devenue une puissance mondiale, et nombre de petits pays d’Asie et d’Amérique latine coulent des jours heureux alors qu’ils ont eux aussi connu colonisation et effets pervers de la mondialisation.

Où cela coince-t-il dans ce cas ? Sinon dans le dysfonctionnement conjoint des facteurs culturels et politiques en ce sens où si vous avez des structures étatiques et culturelles hostiles, par exemple une dictature collectiviste et conjointement une religion prédatrice voulant imposer sa loi, nécessairement la structure d’ensemble bascule à terme dans l’inégalité des extrêmes qui s’auto-alimentent mutuellement comme on le voit en France au Venezuela et également aux USA où par exemple les conglomérats médiatiques industriels et financiers sont dépendants des subsides étatiques issues d’un déficit chronique et d’une imposition écrasant de plus en plus la classe moyenne la poussant alors vers le monde de l’assistanat et du handicap dans lesquels survivent déjà les minorités alibis comme certains afro-américains et hispaniques confinés dans une victimisation volontaire.

Comment se fait-il qu’en huit ans de règne Obama le phénomène racial ait pu autant ressurgir alors qu’il s’était estompé dans les années 90 à la suite de son explosion des années 60-80 ?…

Et ce qui nous concerne en France, il est de l’écrasante responsabilité des élites françaises toutes tendances confondues de voir des enfants des troisième et quatrième génération d’origine « algérienne, marocaine, tunisienne » basculer dans l’extrémisme passif (salafisme) et actif (djihadisme) alors que la responsabilité de leurs États respectifs, mais aussi les mensonges enseignés sur leur histoire, leur culture ont été complètement escamotés, lissés dans le sens unilatéral d’une unique responsabilité du « colon blanc » qui a bon dos surtout lorsque ses ancêtres se recrutent parmi les forçats de la Commune et les réfugiés alsaciens de la guerre de 1871.

C’est un aspect que Zemmour devrait ne pas oublier lorsqu’il prend comme analogie, pour expliquer ce que subit actuellement la France, la colonisation effectuée par les pieds-noirs, ce qui est confondre la politique institutionnelle de ladite Métropole et la vie au jour le jour des pieds noirs qui étaient bien loin dans leur majorité à mépriser les autochtones (Juifs compris) eux-mêmes déjà dominés par une culture arabo-musulmane importée et calfeutrée à la hâte par une institution coloniale ayant refusée malgré quelques tentatives contradictoires (comme l’acceptation du fait musulman dans certains aspects du droit des familles) l’avènement d’une classe moyenne d’autochtones de culture française ou du cru (berbères et arabophones non religieux) en bourrant par exemple les urnes en 1947, en reconnaissant uniquement le FLN, battu militairement en 1958 comme interlocuteur, montrant ainsi la voie de la compromission, de la gabegie, de la corruption, de la construction d’une économie de rente, manipulations multiformes encore visible actuellement au Gabon.

Comment alors s’intégrer ou s’assimiler à un monstre à sa culture ? Pourtant l’histoire réelle de ces contrées montre toute autre chose. Sauf que ces enfants ont subi un lavage de cerveau qui continue encore, et l’actuelle ministre de ladite « éducation » (alors qu’il s’agit d’instruire) veut le poursuivre jusqu’à 18 ans….

On arrive alors à un paradoxe de plus en plus patent : certains migrants fuyant l’islam réel et le paradis tiers-mondiste tant vanté sont effarés d’observer comment on laisse en France faire leurs propres ennemis qu’ils avaient fui à la hâte dans leur pays respectif. Combien de jeunes algériens par exemple m’ont dit qu’ils avaient l’impression de revivre la situation des années 90 dans leur pays, effarés de retrouver ici ce qu’ils ont fui là-bas…

Les élites françaises ont fermé les yeux sur le manque de développement réel des pays (nords) africains. Et maintenant elles se vengent en prenant comme boucs émissaires les peuples européens refusant qu’on leur impose toujours une même vision techniciste des choses : certes, deux à trois millions de migrants dans une masse de 500 millions apparaissent comme une goutte d’eau sauf que ces millions viennent s’agglutiner dans des ghettos que les élites ont fabriqué et entretenu par clientélisme alors que même les immigrés de 1ère et seconde génération sont en train de les fuir…

Comment alors des élites qui ont tout raté depuis des dizaines d’années ont-elles encore la prétention de solutionner des crises multiformes qu’elles ont pour la plupart créées ? Y compris en Syrie, en Irak alors que les djihadistes avaient été vaincus dès 2006 lors du Surge, sauf que Obama a donné le pouvoir à l’Iran mettant à dos les sunnites, et qu’il a suivi la capitulation du parlement anglais concernant la Syrie, ce dernier étant persuadé que c’est l’intervention en Irak qui a créé les attentats londoniens et madrilènes en 2004 et 2006 alors qu’il n’y avait d’intervention en Irak lors du 11 septembre 2001 ! Les élites anglaises cherchent à cacher leur complet relativisme et permissivité envers l’islam radical ayant remplacé la mode bouddhiste chez certaines populations lasses du consumérisme nihiliste guère satisfait de l’humour noir à répétition peu enclin au développement personnel réel.

On le voit, face au télescopage de crises multiformes qui en s’amalgamant créent des dissensions et des dysfonctionnements avec divers effets pervers, les élites ont beau jeu encore une fois de montrer du doigt celles et ceux qui analysent seulement qu’elles sont nues, malgré leurs efforts à s’affubler de burkinis moraux supposés salvateurs. Elles attendent en fait que les populations, lasses, soutiennent des solutions extrêmes, pour apparaître comme dans les années 30 et ensuite 20, en sauveurs suprêmes de la démocratie alors qu’elles en sont les fossoyeurs de première classe.

Par Lucien SA Oulahbib