22 avril 2017

Discrimination et stigmatisation de la Kabylie

La Kabylie dans la ligne de mire de l’État algérien

Comme à l’accoutumée le pouvoir central algérien, à travers ses relais médiatiques et politiques (audio-visuels et presse écrite arabophone), tente de salir l’image de la Kabylie et de la stigmatiser en la montrant du doigt comme instigateur et incitateur des violences meurtrières de Ghardaïa.

En-effet durant les événements douloureux et dramatiques qui ont secoué la vallée du M’Zab le pouvoir politique algérien se hasarde à trouver un bouc émissaire à la situation chaotique en place. El Watan, dans son édition du 11 juillet, rapporte des propos gravissimes tenus par le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, lors de sa réunion avec les représentants arabes (Chaamba) selon lesquelles le MAK (Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie) serait sur place à Ghardaïa et directement impliqué dans les graves événements qui sévissent dans la région. Il lance des menaces à peine voilées sur une prétendue « poigne de fer » à l’encontre du MAK et de Kamal Ddin Fekhar qui, pour rappel, a été arrêté — par les forces combinées de la gendarmerie nationale et de l’armée (ANP) — dans la soirée de jeudi 9 juillet, alors qu’il se trouvait dans une mosquée à Ghardaïa en compagnie d’une trentaine de militants mozabites.

Pour enfoncer le clou le secrétaire général par intérim du RND, Ahmed Ouyahia et néanmoins directeur de cabinet à la présidence de la République, a qualifié les liens entre Kamal ddin Fekhar (président du Mouvement pour l’Autonomie du M’Zab) et de Ferhat Mehenni (président de Gouvernement Provisoire Kabyle) de criminels, rapporte ce samedi 11 juillet le journal électronique TSA. Le conducteur des sales besognes et kabyle de service ; Ahmed Ouyahia aurait-il agit de son propre chef ou bien confirme-t-il une stratégie de provocations et de stigmatisation de la Kabylie à des fins qui s’annoncent effrayantes et dangereuses ?

Les attaques des officiels algériens, dont est victime la Kabylie ces derniers jours, nous renseignent sur la volonté du pouvoir central à en découdre avec cette région rebelle et frondeuse qui, jusqu’à aujourd’hui, a mis en échec les diverses tentatives de domestication et fait barrage à un islamisme officiellement soutenu et maintenu par les pouvoirs publics dans le but de terroriser les Kabyles afin d’empêcher toute tentative de libération et justifier son siège militaire afin de parer à tout soulèvement populaire dans la région.

L’épuration ethnique continue à Ghardaïa sous les yeux des services de sécurité. Au lieu de répondre aux attentes légitimes du peuple mozabite — à savoir une autonomie régionale — le pouvoir central s’attaque, telle une charogne, à ceux qui viennent en aide aux Mozabites en donnant le sentiment d’une panique que son plan diabolique échoue à Ghardaïa à savoir un ethnocide programmé, afin d’y installer une population d’avatars venue d’Arabie qui serait plus docile et propice à l’exploitation du gaz de schiste dans le sous-sol mozabite.

La sortie de Abdelmalek sellal et Ahmed Ouyahia, respectivement Premier ministre algérien et directeur de cabinet de Bouteflika, résonne comme une nouvelle tentative de mettre la Kabylie à feu et à sang. En la désignant, une énième fois, comme l’ennemie intérieure et le bouc émissaire de la situation grave qui prévaut à Ghardaïa, par le Premier ministre et de la main étrangère par le directeur de cabinet de Bouteflika, l’État algérien se prépare-il à faire vivre au pays kabyle un nouvel avril 2001 ?

Bali