27 juin 2017

Élu au panthéon kabyle

Depuis 1956, sa voix a porté la langue kabyle dans ses plus beaux accents.

Avec une remarquable constance, il a construit une légende artistique avec un lent écoulement de chefs-d’œuvre intemporels, telle une source silencieuse et généreuse que tout le monde souhaitait intarissable.

Dès le début de l’immersion dans son art, il a choisi l’authenticité au vaudeville, sacrifié la profusion à la qualité et la volubilité à la mesure.

A yellis n tmurt-iw, sa première chanson dédiée à la femme kabyle qui a bercé la jeunesse de plusieurs générations, a inauguré une anthologie d’œuvres plus abouties les unes que les autres et qui jalonnent une carrière exceptionnelle.

Mais Crif Xeddam ne s’est pas suffi de la jouissance paisible et égoïste d’une gloire largement méritée. Il a été aussi le militant efficace et persévérant qui a contribué à faire émerger plusieurs valeurs sûres de la chanson kabyle grâce à une émission qu’il a longtemps dirigée à la chaîne II de la RTA.

Sur un autre registre, il faut aussi lui savoir gré d’avoir gentiment mais fermement résisté à l’appel de maintes sirènes qui lui suggéraient de chanter en arabe pour “élargir son auditoire”.

Comme Mammeri, Muhend u Yehya et bien d’autres, il a fait de son art un sacerdoce au service de la langue et de la culture de son peuple. Magistère dans son domaine, Crif Xeddam lègue à son peuple un large pan du patrimoine musical qui, dès aujourd’hui, est devenu éponyme.

A mmis n tmurt nneγ, tu peux reposer en paix et te dire mission accomplie. La Kabylie, par monts et par vaux que tu as si souvent évoqués dans tes chants, inscrira ton nom dans le marbre, pour toujours.

Kabylie, le 23 janvier 2012

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Muhend Larvi TAYEV

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