25 juillet 2017

Faut-il conserver ou abandonner Alger ?

Nécessité d'abandonner Alger

L’Algérie n’avait pas encore été créée, vous ne trouverez pas ce mot dans cet écrit. Il était question en 1836, date de publication de ce travail, de la régence d’Alger.

Éloigné des services publics depuis 1815, entièrement étranger aux partis qui divisent la France, n’ayant aucune vue d’ambition ni d’intérêt personnel, je ne suis tenu à aucun de ces ménagements, à aucune de ces réticences qui se font remarquer dans la discussion de presque tous les objets d’intérêt public. Je n’ai point d’amis politiques à ménager ; je n’ai pas à m’enquérir si mes paroles seront bien ou mal reçues en tel ou tel lieu, encore moins si ce que j’écris peut nuire à ma fortune ou à mon avancement. Il m’a semblé qu’une aussi complète, indépendance me donnait quelque avantage pour traiter la question d’Alger, et peut-être pour la bien juger. 

Tout ce qui a été dit, écrit et publié depuis cinq ans sur la question d’Alger m’a paru en général plus propre à égarer qu’à éclairer l’opinion publique au sujet de cette importante affaire. Ceux qui pouvaient répandre la lumière semblent l’avoir tenue cachée à dessein ; ils ont laissé pleine carrière à l’esprit de parti et à l’intérêt privé pour dénaturer la question, pour la présenter sous un faux jour, et pour repaître la multitude ignorante, d’espérances chimériques, d’incroyables illusions. Personne à Paris ne s’est levé pour les contredire.

Les Chambres, le gouvernement, la presse quotidienne, malgré les plus grandes divergences d’opinion, semblent s’être donné le mot pour tenir cette question voilée, pour n’y toucher qu’avec d’extrêmes ménagements, et pour éviter toute explication nette et précise sur un sujet qui intéresse pourtant la France au plus haut degré. On ne parle d’Alger que le moins possible, à l’époque de la discussion du budget; on échange; alors quelques observations sans importance, comme s’il s’agissait de peu de chose, et l’on se hâte de voter les fonds, dans la crainte de voir approfondir une question qu’évidemment on ne veut qu’effleurer.

D’où vient cette crainte, cette connivence de tous les partis ? D’où viennent ces réticences et ces ménagements quand il s’agit d’une possession qui ne produit rien à la France, et qui l’oblige néanmoins à employer hors de son territoire vingt-cinq à trente mille hommes et à dépenser 3o à 40.000.000 paran, selon que le système qui régit cette possession est pacifique ou guerrier?

C’est ce que je me propose de rechercher tout en discutant les raisons qui militent en faveur de la conservation ou de l’abandon d’Alger.

à suivre

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