22 juin 2017

Gada Amar, l’otage d’At Zmenzer, vient d’être relâché

At Zmenzer, 24 juillet 2014, 21:03. Nous venons d’apprendre que Gada Amar, 67 ans, 3e victime d’un kidnapping dans la localité en moins d’une année, vient d’être relâché en ce début de soirée au grand bonheur des siens, de la région d’At Zmenzer et de toute la Kabylie et ce, 11 jours après son rapt survenu le 14 juillet dernier. Cette libération, fruit de la mobilisation de la population, intervient trois jours après le retour de l’autre otage, Saïd Djennad, 23 ans, étudiant en 3e année de sciences commerciales à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, originaire d’Azazga, disparu le 13 juillet, relâché dans la Mitidja le 21 juillet dernier.

Tout semble indiquer que la forte mobilisation des citoyens de la région, encadrés par la cellule de crise locale (constituée par les comités de villages), qui ont initié plusieurs actions ainsi que des rassemblements dont celui du mercredi dernier, devant le siège de la wilaya (préfecture) de Tizi-Ouzou, ayant drainé des centaines de personnes qui ont réaffirmé leur soutien à la famille de la victime, exigé des autorités qu’elles assument leurs responsabilités face à l’insécurité et au phénomène des kidnappings qui prend de l’ampleur en Kabylie et uniquement en Kabylie qui a subi plus 80 kidnappings en quelques années seulement, a eu de l’effet plus tôt que prévu.

Gada Amar vient d’être relâché à Icherdiwen, amaigri mais sain et sauf. Une foule impressionnante est en ce moment autour de la demeure de Dda Amar qui, malgré la pénible épreuve, a tenu à recevoir tous ces citoyens qui sont venus lui exprimer leur joie de le revoir parmi les siens. Pour le moment, nous ignorons l’identité des kidnappeurs et quels sont les dessous des négociations si négociations il y a eu entre ces derniers et la famille et/ou la cellule de crise citoyenne composée au soir même du rapt et qui auraient abouti à ce dénouement heureux.

Il faut rappeler que la famille d’une autre victime de la région qui a été relâchée après avoir payé une rançon, subit depuis les foudres de la justice algérienne qui a emprisonné l’un des membres pour avoir justement versé cette rançon exigée par les ravisseurs. La mobilisation pour soutenir ce détenu et tenter de le faire sortir de prison continue. Nombreux sont les citoyens qui s’indignent qu’un État puisse, à ce point, abandonner des populations dans une telle insécurité et les emprisonne quand même quand ils n’ont que le choix périlleux de céder au chantage des ravisseurs ou de voir l’otage exécuté.

Lors du rassemblement du 23 juillet dernier tenu devant la wilaya, quelques éléments d’un appareil politique trop pris, pour certains d’entre eux par leurs vacances dorées pour savourer des fortunes amassées et, pour d’autres, dans la lune de miel avec leurs nouveaux amis intégristes d’Alger et le pouvoir auquel ils font un appel du pied pour se joindre à leurs conciliabules politiciens, se sont finalement rendu compte qu’un paisible et respectable sexagénaire a été kidnappé depuis neuf jours et que des populations se mobilisaient par une multitudes d’actions quotidiennes, défiant la canicule, daignant un « effort » pour se montrer à se sit-in qui a imposé au wali une délégation, composée essentiellement des membres de la cellule de crise, qu’il a reçue dans son bureau.

Après plusieurs jours sans la moindre manifestation de soutien de la part des partis politiques, de leurs élus locaux, députés d’hier et d’aujourd’hui ou de quelque autorité que ce soit et, vu les raisons évoquées précédemment, la cellule de crise qui, sous d’autres cieux, aurait été constituée par les différentes autorités civiles et militaires, est exclusivement citoyenne et indépendante, formée par les comités de villages ; cette structure traditionnelle et séculaire en Kabylie. Le souci étant de mettre toutes les chances du côté de l’otage, mais aussi ne pas laisser des autorités démissionnaires mener les démarches pour la libération des otages victimes d’une insécurité encouragée par l’irresponsabilité et l’incompétence, voire la connivence de ce mêmes pouvoir (*) avec le banditisme ; lui-même résultat, plutôt qu’une conséquence, de la jonction entre l’antikabylisme de l’État, l’islamisme rampant et la délinquance locale ; le sentiment d’impunité ambiant et le marasme social, économique et identitaire que frappe la la Kabylie de plein fouet depuis toujours ; constituant le vivier.

Allas DI TLELLI

Note :

* Les ravisseurs communiquent, lors des négociations, par téléphone mobile, d’aucuns se posent la question inévitable de savoir pourquoi les services de sécurité algériens, si prompts à taper sur des marcheurs kabyles lors de la célébration du 20 avril ou à embarquer manu militari des non-jeûneurs, n’utiliseraient-ils pas la géolocalisation ou ou géoréférencement (système de positionnement par satellites) pour mettre la main sur les ravisseurs.

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