24 mai 2017

Habitude manière d’être et de faire

La vertu, selon Aristote, est une habitude, c’est-à-dire une manière d’être et de faire permanente :

Une hirondelle ne fait pas le printemps, non plus qu’une seule journée de soleil ; de même ce n’est ni un seul jour ni un court intervalle de temps qui font la félicité et le bonheur. Aristote, Ethique à Nicomaque, I, 7.

L’habitude est comme une nature; de même que par nature les choses se succèdent les unes aux autres, de même en est-il par l’acte de l’esprit; et ce qui est répété souvent crée une nature. Aristote, Mémoire et réminiscence, 2.

Est habituel ce qu’on fait pour l’avoir déjà fait souvent […]. L’habitude devient comme une chose innée; car l’habitude ressemble à la nature; en effet le souvent est très près du toujours; et la nature, c’est le toujours; l’habitude, c’est le souvent.  Aristote, Rhétorique, I, 10 et 11.

La vertu est fille de l’habitude… Et il est clair qu’aucune des vertus morales ne naît en nous par nature; en effet, rien ne peut changer les êtres naturels; par exemple, la pierre, qui, par nature, est portée vers le bas ne peut s’accoutumer à se porter vers le haut, même si mille fois on la jette en l’air; le feu ne peut descendre; et aucun des corps naturels ne peut non plus se changer. Ce n’est donc ni par un effet de la nature, ni contrairement à la nature que les vertus naissent en nous, mais nous sommes prédisposés à les acquérir en nous y efforçant par l’habitude […]. Nous les acquérons par l’exercice, comme il arrive aussi dans les arts et les métiers. En effet, ce qu’il faut apprendre pour le faire, nous l’apprenons en le faisant; par exemple, c’est en bâtissant qu’on devient architecte; en jouant de la cithare qu’on devient citharède. De même, c’est à force de pratiquer la justice, la tempérance et le courage que nous devenons justes, tempérants et courageux. Aristote, Éthique à Nicomaque

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