27 juin 2017

Histoire véridique de Kabylie : L’ironie du destin

Kamel, pour lui préserver son anonymat est un pauvre homme d’une quarantaine d’années. Il vit avec sa femme et ses quatre enfants dans la région d’Akbou. Sa modeste demeure bâtie de parpaings recyclés, dont il est l’architecte et le maçon, est accrochée maladroitement à un rocher. Sa porte est la moitié d’un tonneau rouge de graisse scié avec l’outil le plus rudimentaire sur lequel on peut mettre la main. Kamel travaille à la sablière du coin depuis plusieurs années et il gagne un salaire modeste et poussiéreux. Toutes ses conversations sont ponctuées par le bruit d’un concasseur. Quand il vous parle, il a cette manie innocente et presque affective de crier à votre oreille, l’habitude et la peur que le concasseur vienne l’interrompre. Kamel est un homme affectueux et qui pourrait retirer la chemise de son dos pour la mettre sur le votre. Il est très aimé et les bonnes âmes n’hésitent pas à être charitables avec lui.

A la sablière, il travaille avec A3mi Al Hocine, la même dose d’anonymat, qui a plus de la soixantaine et d’une condition frêle et dans l’état de santé s’aggrave de mois en mois. A3mi Al Hocine ne semble pas avoir de famille apparente, ce qui lui laisse le loisir d’adopter des chiens. Il recueille les chiens abandonnés et leur redonnent l’espoir … qu’ils ne le sont plus. L’ambition de chaque « chien » algérien. Vivant seul et sans femme, Kamel lui emmène souvent le diner ou lui ramène de la galette le matin.

Une amitié mutuelle s’est enracinée entre les deux hommes jusqu’au jour où A3mi Al Hocine décida de se retirer de la bénédiction de la lumière, ce qui est la mort pour vous et moi.

A3mi Al Hocine fut enterré dans un cimetière a coté de la sablière, le cimetière est seulement à quelques dizaine de mètres de sa maison et à une vingtaine de la sablière dans la direction opposée. La phrase : « repose en paix » serait interprétée comme un sarcasme déplacé ; car même l’imam ne pouvait pas entendre sa prière à cause du concasseur. La sablière se défend majestueusement en disant qu’il y a des enterrements tous les jours et qu’ils ne peuvent pas arrêter la production pour chaque mort.

Quelques jours après son enterrement vint un coup de téléphone d’un membre de la famille de A3mi Al Hocine ; qui après avoir vérifié que celui-ci n’avait pas laissé d’argent ; de donner tous ses biens à Kamel. Je dis tous ces biens avec une quantité considérable de modestie, car ses biens étaient : une dizaine de chiens affamés, un vieux matelas, une table à trois pieds et cinq chaises d’une matière qui aurait pu fréquenter le… bois. C’est ces chaises qu’on trouve uniquement en Kabylie, on les regarde toujours avec curiosité et cette expression de : « Qui a eu le courage de penser a une telle horreur ? ». Kamel était gêné, car il n’y avait rien à prendre de… rien. Mais sa relation avec A3mi Al Hocine le privilégie sur les autres et il finit par transporter le contenu misérable de la maison de A3mi Al Hocine vers la sa maison. Retour ligne automatique
Accompagnés de ses deux enfants, il entassa le contenu et pour le même prix, il ajouta quelques meubles de sa propre misère et alluma un feu.

Une semaine après vint un autre coup de téléphone de la sœur de A3mi Al Hocine qui demanda à Kamel de regarder dans le matelas, car A3mi Al Hocine avait ce matelas depuis plus de 40 ans. Elle le suspectait de cacher toutes ses économies dedans. Kamel se précipita là où il avait laissé le feu et il trouva que des chiens se roulaient dans la cendre qui restait du matelas. Ironiquement, c’étaient les chiens à A3mi Al Hocine. Je ne sais pas trop, une histoire d’odeur ou …surnaturel. Kamel chercha dans le feu, et trouva des morceaux de billets de 200, 500 et 1.000 Dinars. Par terre, il trouva des pièces de monnaie collées à du plastique d’un montant de 325 Dinars. Plus tard, sa sœur confirma qu’il possédait plus de 2.400.000,00 dinars. Kamel éclata de rire et sortit son paquet de Nassim et alluma une cigarette en la brulant par le filtre. Il remit la monnaie à la sœur qui pour le remercier lui donna 25 dinars dont une pièce de 20 dinars enveloppée dans du plastique brûlé.

Depuis, Kamel sort toujours une cigarette et joue à pile ou face avec les 20 dinars. Et quand on lui dit : « amek ? » (comment ?), il répond en riant : « Amine issarghen al mektouvis !! » « (Comme celui qui a brûlé son destin ! »

Hmimi O’Vrahem


Logo d’illustration, « Paysage Bords de Seine » de Renoir.

Ce tableau est peu connu car il y a un an et demi environ, une américaine de Virginie, Shenandoah Valley, a acheté un coffret pour la somme de sept dollars (soit cinq euros) dans un marché aux puces. La boite contenait une peinture à l’huile mais aussi une poupée et une vache en plastique, selon la presse américaine.

Ce tableau n’intéressait pas la cliente qui a cependant suivi les conseils de sa mère et a décidé de le faire expertiser par la société Potomack Co. Une experte de cette société, Anne Norton Craner, a été étonnée par la « belle lumière » du tableau et après des recherches, le diagnostic est tombé chez Potomack ; l’œuvre serait en réalité le tableau « Paysage Bords de Seine ».

Cette peinture aurait été réalisée par Auguste Renoir en 1879. Selon la société Potomack Co, elle serait arrivée aux Etats-Unis en 1925. Selon le Huffington Post, la toile a été vendue à cette époque par la galerie Berheim-Jeune en France à un collectionneur américain Herbert May, dont la femme était connue comme une des donatrices du musée d’Art de Baltimore.

La peinture « Paysage Bord de Seine » achetée pour quelques dollars est estimée entre 75.000 et 100.000 dollars. Sa propriétaire aurait l’intention de la vendre aux enchères le 29 septembre et de venir ensuite visiter le Louvre à Paris avec sa mère.

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