Nuits policières et hypocrisie française

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« Les militaires manquent de tout : de piles, du papier toilette et parfois même de l’équipement. Si bien que certains s’achètent leur propre matériel maintenant. » Pour elle (Sophie Lefeez, chercheuse à l’Iris) le salut de l’armée française passera par le rééquilibrage des facteurs de victoire : plus d’entraînement, de tactique, une meilleure gestion de troupes qui passent trop de temps sur le terrain. Une hypothèse qui rappelle les revendications actuelles des policiers en colère.»  (Publié le 05/11/2016, Le Point.fr)

Faut-il choisir entre Mossoul et Viry-Châtillon lorsque des policiers faillirent y passer engoncés dans leur voiture en flammes ? Et ce n’est pas le seul incident…

Mais comme on le sait, le « crime » a disparu en France (j’ai écrit tout un livre pour expliquer cette étrange chose) aussi vaut mieux-t-il laisser « les territoires perdus de la République » à leur sort, voilà ce que l’on dit tout bas en haut lieu, peu importe leurs difficultés d’intégration (économique, urbaine, culturelle, religieuse, passif historique…) avec le reste du territoire encore sous contrôle.

D’autant que cela s’ajoute à toute cette misère produite par le régime socialiste (comme au Venezuela) bien plus que par « le » libéralisme (la France est à la traîne de l’Europe) même l’histoire des « travailleurs détachés » (300.000 en France, mais 300.000 travailleurs français détachés en Europe…) est l’arbre qui cache la forêt car l’on ne peut pas dire que l’état actuel du pays est essentiellement lié à cette faille. La dérive technocratique européenne et mondialiste n’est pas le produit en soi du « libéralisme », ce n’est pas l’idée même de l’offre et de la demande qui en est la cause comme on le croit aux extrêmes.

Il ne faut pas en effet confondre la question de la liberté d’entreprendre, pendant des droits fondamentaux, et l’affairisme qui fait que certains sont prêts à tout jusqu’à sous-estimer l’entrée de 200.000 étrangers , moins les 120.000 partants (souvent pour cause économique) plus les clandestins, au nombre inconnu par définition (donc cela annule déjà les départs français) qui viennent s’ajouter aux difficultés ambiantes (même Mélenchon s’en aperçoit, d’où sa mise en quarantaine par les communistes et la gauche bobo).

Mais de là à faire un lien avec la « racaille » qui met à mal les banlieues et les policiers il y a un pas qui est certes aisé à franchir mais s’avère faux : un immigré n’est pas nécessairement une racaille en puissance sauf s’il est acculé à la fois par la culture de gauche qui n’en fait qu’une victime ou un outil, et à la fois par la culture nationaliste (à distinguer avec la culture patriote) qui a déjà du mal à intégrer les ressortissants français d’Outre-Mer, et qui fait facilement de l’immigré en soi un bouc-émissaire oubliant de se questionner sur ses propres échecs depuis sa faillite au Vietnam et en Algérie sans oublier sa soumission à Pétain.

Le fameux « plafond de verre » est d’ailleurs là qui empêche le FN de dépasser les 30% tant il reste encore sur la défensive sur tous ces points croyant que « le » libéralisme, « l’immigré », sont en soi les causes de ce qui va mal en France alors que c’est bien plus profond, bien plus, la faillite de 1789 n’est pas la résultante de la pensée libérale, la montée en puissance et la victoire définitive de l’Angleterre le long du 18ème et du 19ème siècle n’est pas non plus le produit « du » libéralisme et de « l’immigré », c’est même l’inverse, surtout si l’on intègre cette fois les USA…

Par contre, il est vrai que conjointement à la pensée libérale, la pensée dite scientiste technocratique a parasité la première, renforçant une vision en réalité colbertiste c’est-à-dire mercantiliste des choses en ce sens où les politiques du type du Président américain Wilson ont cru qu’il suffisait de faciliter les échanges économiques et commerciaux entre les Etats pour baliser banaliser les différents culturels religieux civilisationnels, politiques (L’Allemagne en 1918 était revancharde, il fallait donc la contenir encore plus, Bertrand de Jouvenel a raison sur ce point).

Il ne faut pas donc tout confondre : la racaille française est la synthèse de la faillite culturelle sociale économique de la gauche (victimisation, relativisme culturel) et aussi de la droite gaulliste (abandon de l’Algérie à un FLN minoritaire en Algérie et noyauté par le néo-nazisme nassérien) et la droite technocratique (Giscard n’était pas libéral…) mais cette racaille est aussi le produit du refus nationaliste de laisser les populations autochtones au Vietnam en Algérie en Afrique noire, à avoir leur place, chez eux, d’autant que certains étaient francophones et cherchaient à être reconnus comme Français à part entière (je pense par exemple à Jean Amrouche en Algérie).

Il faut donc savoir balayer aussi devant sa porte. La France en est-elle capable ? Pas sûr, à voir par exemple un Macron tenter de se refaire une virginité en tapant sur le FN alors qu’il en est que la face inversée au sens de faire partie de cette classe politico-médiatique qui l’a produit. Il est alors aisé de le désigner du doigt alors que l’on ne fait que se montrer soi-même dans le miroir de l’Histoire…

Par Lucien SA Oulahbib

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