Jean Amrouche

Poète, intellectuel français, d’origine kabyle, critique et essayiste, Jean Amrouche est né le 7 février 1906 à Ighil Ali, un petit village kabyle dans la vallée de la Soummam, en Algérie. En 1910, sa famille, de religion chrétienne, quitte le village pour Tunis où il poursuit ses études primaires et secondaires. Fréquente l’école normale de Tunis (1921-24), puis l’École normale supérieure de St-Cloud, en France (1925-28). Retour en Tunisie où il entreprend diverses activités : anime La Revue littéraire française de Tunisie, produit une émission littéraire à la radio et consacre le reste du temps à l’enseignement. Entre 1931 et 1942 il entre dans la carrière littéraire. Poète et critique littéraire il rencontre Gide en 1942 et fonde en 1943 la revue l’Arche. C’est par le biais de la radio et de ses entretiens avec Gide, Mauriac, Claudel et Giono qu’il devint un personnage incontournable de la littérature française. A partir de 1945 il commence une carrière journalistique en écrivant dans le Monde, le Figaro, l’Observateur et progressivement fait émerger un discours d’ordre politique entre 1945 et 1962.

Il revendique sa kabylité dans un de ses poèmes :

Nous voulons la patrie de nos pères
la langue de nos pères
la mélodie de nos songes et de nos chants
sur nos berceaux et sur nos tombes
Nous ne voulons plus errer en exil
dans le présent sans mémoire et sans avenir.
L’homme le plus pauvre
est riche malgré tout de son nom
d’une patrie terrestre son domaine
et d’un trésor de fables et d’images que la langue
des aïeux porte en son flux comme un fleuve porte la vie.
On ne nous fera plus prendre des vessies peintes
de bleu de blanc et de rouge
pour les lanternes de la liberté.

L’homme ne peut vivre s’il ne s’accepte tel qu’il est,
s’il ne se sent pas accepté par la société où il vit,
s’il ne peut avouer son nom.

A partir de 1945, Jean Amrouche se lance à Paris dans une carrière littéraire en tant que Directeur littéraire aux Éditions Charlot, puis en dirigeant la revue L’Arche (parrainée par André Gide). Il contribue également à la grande presse avec ses articles dans Le Monde, Le Figaro et L’Observateur. Mais, il est surtout connu pour ses fameux « entretiens-feuilletons » à la radio avec des personnalités littéraires très connues tels que Ungaretti, Gide, Giono, Claudel et Mauriac.

Jean Amrouche est déchiré entre ses deux cultures (berbère et française) qu’il n’arrive pas à concilier en dépit de ses efforts surtout pendant la guerre d’Algérie. Dès 1937, il écrit déjà sur cette ambiguïté :

« Je suis le témoin d’un phénomène assez singulier, le résultat d’une greffe de culture française sur un rameau jailli de la plus ancienne souche humaine de l’Afrique du Nord. Berbère de race et resté en contact étroit avec les hommes de mon sang, je suis Français par la formation spirituelle, et l’on peut voir en moi, unies d’une manière particulièrement intime la France et l’Afrique, d’une manière si intime qu’il m’est impossible de démêler ce que je dois à l’une et à l’autre. »

Il va contester l’ordre de la France. Comme il l’écrivait en 1943 en fondant la revue l’Arche :

« Je suis le pont, l’Arche qui fait communiquer deux mondes mais sur lequel on marche et que, l’on piétine, que l’on foule, je le resterai jusqu’à la fin des fins. C’est mon destin.”

En évoquant les graves émeutes de 1945, qui firent plusieurs dizaines de milliers de morts, dans l’est de l’Algérie Jean Amrouche écrivait :

« Ce n’est pas à partir de l’émeute qu’il faut poser le problème mais à partir de la répression. De la haine on aboutit au désespoir et si la France ignore les frontières des races, des couleurs et des religions, il n’en est pas de même pour les Français d’Algérie chez qui le racisme constitue plus qu’une doctrine : un instinct, une conviction enracinée. »

Dès 1956, Jean Amrouche tente d’expliquer quelques raisons de la révolte :

« Kabyle de père et de mère profondément attaché à mon pays natal un hasard de l’histoire m’a fait élever dans la religion catholique et m’a donné la langue française comme langue maternelle. Je suis écrivain français. Je représente donc, à un haut degré de perfection l’indigène assimilé. Mais je ne suis pas, je ne suis plus, et depuis longtemps partisan de l’assimilation. Pourquoi ? La tragédie algérienne ne se joue pas pour moi sur une scène extérieure. Le champ de bataille est en moi : nulle parcelle de mon esprit et de mon âme qui n’appartienne à la fois aux deux camps qui s’entretuent. Je suis algérien, je crois être pleinement français. La France est l’esprit de mon âme, mais l’Algérie est l’âme de cet esprit. »

Après le discours du général De Gaulle, en 1943, il avait écrit un article intitulé « L’honneur d’être français » et en 1956 il reprécise :

« Je considère toujours qu’il est honorable d’être Français. Il n’est pas question, pour moi, de renier et encore moins de haïr la France, patrie de mon esprit et d’une part de mon âme. Mais il y a la France, celle d’Europe la France tout court et l’autre, celle dont le système colonial a fait un simulacre qui est proprement la négation de la France. »

Sa personnalité et son œuvre suscitent un intérêt toujours grandissant. Hommages, colloques internationaux, expositions, manifestations littéraires lui sont régulièrement consacrés depuis la fin des années 70, et ses œuvres connues sont rééditées pour la deuxième et troisième fois.

Il est possible de rencontrer Jean Amrouche dans son œuvre multiple (poésie, traductions, essais, préservation du patrimoine, articles journalistiques, déclarations, conférences, entretiens radiophoniques, correspondances, journal), dans les témoignages de ses nombreux amis (Armand Guibert, Marcel Reguy, Jules Roy, Jean Pelegri, Georges Cezilly, Ferhat Abbas, Krim Belkacem, Albert Memmi, François Mauriac, Henri Krea, Jean Daniel, Kateb Yacine, etc.). Mais on peut le rencontrer aussi, enfant, adolescent puis adulte dans le récit autobiographique intitulé Histoire de ma vie de sa mère Fadhma Aït Mansour qui en parle avec beaucoup de tendresse et de fierté, et dans les récits de sa soeur Marguerite Taos Amrouche, notamment dans son roman La rue des Tambourins qui nous restitue de larges pans de l’histoire de la famille Amrouche, ses inquiétudes, ses drames dus en grande partie à sa situation d’exil permanent.

« Le sort des Amrouche, dit Mouloud Mammeri, a été une fuite harcelée, hallucinante, de logis en logis, de havre jamais de grâce en asile toujours précaire. Ils sont toujours chez les autres étrangers, où qu’ils soient. De là cette hantise de partout reconstituer la tribu, de porter la tribu à la plante de leurs pieds, faute de l’avoir à la semelle de leurs souliers, parce que des souliers ils n’en avaient pas toujours. »

Dans une admiration mutuelle et toujours en affection profonde, les Amrouche demeurent un symbole de solidarité, de résistance et de travail.

Comme il l’expliquera plus tard dans L’éternel Jugurtha tout nord africain est un poète de naissance et toujours prédestiné à l’appel mystique. Ses deux recueils Cendres et Étoile secrète, poèmes de la déchirure, de la solitude et de l’exil, sont très fortement empreints de mysticisme. Le poète cherche dans la lumière et la foi un moyen de faire cesser l’exil et d’atténuer le déracinement. Il s’agit pour lui de trouver, d’inventer un itinéraire qui absorbe la stupeur dans laquelle l’a précipité son état d’exil permanent.

L’exil de sa double filiation et sa conscience douloureuse se déploient dans l’imbroglio de ses différents noms, Amrouche, El Mouhouv, Jean, et ses différents états, kabyle, chrétien, français. Crise de dénomination, crise d’identité et états de conflits intérieurs lui ont été insufflés de l’extérieur.

Chants berbères de Kabylie ont été recueillis de la bouche de Fadhma, transcrits par Marguerite-Taos et traduits par Jean en français. Il a pris conscience de la richesse d’un patrimoine qu’il sent s’éloigner, se perdre qui l’a poussé à la collecte, la transcription puis la traduction du patrimoine poétique kabyle : « Il y a dix-huit millions de Jugurtha dans l’île tourmentée qu’enveloppent la mer et le désert et qu’on appelle l’Afrique du nord ».

Jean Amrouche était aussi une Voix qui s’est imposée avec force à la radio dès la fin des années 40. Performance de la voix, du dialogue littéraire oral, mais surtout performance de l’information et de l’érudition qui fit écrire à François Mauriac dans son Nouveau bloc-notes : « Comme celle de Claudel et de Gide, Amrouche connaissait mon œuvre beaucoup mieux que je ne la connais moi-même — A telle date, vous avez écrit ceci — Je protestais. Il me mettait sous le nez un texte. Il avançait à pas feutrés vers ce dont je ne voulais pas parler. Il tournait autour du point interdit. Cette espèce de curieux passionné n’est pas si commune. Chacun ne s’intéresse qu’à soi. Rien n’est si rare qu’un lecteur comme celui-là. Qui nous a vraiment lu, sinon Amrouche ? Il était fait pour la joie de la lecture. Il aura été une victime rejetée par tous » (Lundi de Pâques, 1962, pp. 138-139).

On retiendra aussi sa célèbre émission hebdomadaire Des idées et des hommes dans laquelle il interviewait en 1956 le jeune Kateb Yacine, ainsi que sa conférence intitulée Le roi Midas et son barbier, ou l’écrivain et son interlocuteur devant le micro (1954) dans laquelle il explique comment l’idée lui est venue, alors qu’il jouait avec Gide aux échecs à peu près tous les soirs « de remplacer l’échiquier par un micro et de remplacer le déploiement des pions par un échange de paroles. »

D’autres enregistrements existent, archivés à l’ORTF, et méritent toute l’attention : ceux de ses interventions aux Rencontres internationales de Genève et à la Société Européenne de Culture où il traitait d’égal à égal avec toutes les personnalités présentes : Maurice Druon, Maurice Merleau-Ponty, Max-Pol Fouchet, Jean Guehenno, Jean Starobinski.

« Je parle ici, non pas en homme de la rue, déclara-t-il un jour à Genève en 1959, mais en homme qui se trouve moralement à la rue. Je veux dire que je ne représente rien. Je ne peux représenter la France et la culture française : on m’en contesterait le droit, et on l’a déjà fait. Je ne peux pas représenter non plus l’Algérie : on m’en contesterait le droit, et on l’a déjà fait, et ceux qui l’ont fait sont des hommes de gauche, et même d’extrême gauche, qui m’ont dit que je n’avais pas le droit de parler des choses de la France, parce que je n’étais qu’un Algérien, mais que je n’avais pas le droit de parler des choses de l’Algérie, et au nom des Algériens puisque je suis un Algérien francisé, le plus francisé des Algériens. »

Le Journal, en possession de son fils, écrit entre 1928-1961 fait un millier de pages, on y trouve une auto-analyse très sensible, un florilège des auteurs qu’il reconnaît comme ses inspirateurs ou ses intercesseurs. On y trouve des ébauches de poèmes, des croquis de personnages, des brouillons de lettres. Il y parle aussi beaucoup de son action pendant la guerre d’Algérie.

Ses correspondances sont surtout pour lui des lieux de dialogue : « Il me faut constamment un public, un miroir sur quoi essayer ma pensée et mes phrases, où trouver les tremplins successifs que n’offre pas la solitude » (Journal). Une véritable formulation psychologique s’ordonne dans le jeu des correspondances à travers les rapports entretenus avec des personnages aussi complexes et aussi différents que l’étaient Henri Bosco, Paul Claudel, Albert Camus, Charles De Gaulle, Louis Massignon, Antoine de Saint Exupéry, Léopold Sédar Senghor, Henri Kréa, Jules Roy, etc. Politiques, affectives ou littéraires, ces correspondances peuvent à elles seules tracer l’itinéraire de la pensée et des préoccupations diverses de Jean Amrouche, son angoisse permanente d’exilé, mais aussi sa volonté d’entraîner dans sa réflexion tous ceux dont la parole exigeante et indéfectible pouvait peser dans son combat.

Si l’œuvre de Jean Amrouche retient l’intérêt à la fois par sa diversité brillante et sa densité, elle n’en exprime pas moins ce sentiment d’amertume qui caractérise des œuvres inachevées. Drame du dédoublement culturel et ontologique, la poésie de Jean Amrouche laisse percevoir quelquefois de véritables accents baudelairiens, à travers le vécu intense du désir de lumière lié inextricablement à la corruption et à la faiblesse. La forme poétique en est très libre, le travail du poète oscillant entre le vers libre et la prose rimée ou assonancée. Toute sa poésie est traversée par le rêve d’un langage primordial, principe d’union de soi-même avec le monde et écho aux exigences de fidélité et de pureté que suppose cette quête presque mystique. Le projet poétique fut trop souvent déformé par l’Histoire et la politique, au profit des articles journalistiques et déclarations radiophoniques et autres analyses et essais brillants comme ses propos sur « colonisation et langage » engagés sur la question du bilinguisme, propos qui forment l’essentiel des réflexions reprises par les jeunes penseurs nord africains contemporains, sur les fondations ontologiques auxquelles contribuent les langues en présence, sur les résonances extrêmes de leurs conflits ressenties dans les profondeurs de l’être, mais aussi sur les possibilités d’enrichissement d’une langue par l’autre, de conquête et de reconquête des savoirs par la maîtrise des enjeux linguistiques.

L’œuvre romanesque quant à elle, aura attendu en vain de naître : « Je songe à une interminable lettre, écrit-il à Janine Falcon-Rivière, qui serait ce livre dont je rêve de temps à autre, où je raconterais ma vie comme un roman — qui ne pourrait être destinée qu’à une inconnue dont j’ignorerais toujours la forme, le visage, le regard et la voix. Cette lettre je ne l’écrirai jamais. C’est trop tard. Alors je parle de temps à autre des fragments à travers l’œuvre des autres ».

En 1956 il écrivait :

« L’indigène, le vaincu ne doit jamais oublier sa condition de vaincu et reconnaître qu’il s’agit là d’un fait irréversible, il est un sous homme. La charité du maître, sa fraternité protectrice prétend s’organiser sans contrôle. Elle ne reconnaît ni droit ni justice pour l’indigène que dans le cadre des rapports établis une fois pour toutes entre maîtres et serviteurs. Il y a en Algérie une légion d’honneur à titre indigène, c’est à dire dévaluée.

« Inutile de raisonner, d’argumenter de faire appel à l’Histoire, à la Sociologie, à la Religion même : l’infériorité essentielle, naturelle, congénitale, incurable de l’indigène est un dogme plus rigide, plus inébranlable que les dogmes religieux les plus absolus. Telle est je l’affirme en pesant mes mots la manière de sentir et de penser qui commande le comportement de l’immense majorité des Français d’Algérie, dont la plupart n’était pas français de souche mais naturalisés, à quelque niveau social qu’ils appartiennent. »

« On ne mérite pas le respect, on l’impose. Pour être libre, il suffit de se proclamer libre et de vivre en homme libre ».

En 1957 il écrivait :

« Cette guerre tire son caractère tragique de son absurdité même, elle fait plus que de tuer des hommes vivants, elle détruit les sentiments les plus saints, elle ronge les liens les plus sacrés au sein des familles dressant les uns contre les autres. Les musulmans d’Algérie ne veulent plus qu’on parle d’eux à la troisième personne, ils veulent parler d’eux-mêmes à la première personne, dire je, nous en tant que personnes libres et constituant un peuple libre. Ainsi, l’insurrection algérienne, n’est rien de plus, ni de moins qu’une affirmation d’existence. Les musulmans d’Algérie veulent être des acteurs de leur propre histoire, les responsables de leur avenir et les constructeurs de leur destin. »

Il précise la même année :

« L’état de colonisateur se présente à leur conscience comme valeur absolue, dont la perte ou la dégradation entraînerait une déchéance absolue. Ce postulat profondément enraciné d’une supériorité de nature ne leur permet pas de comprendre ce qui se passe, aucun argument raisonnable et français ne peut soutenir et justifier ce dogme colonialiste. Ils se sentent en contradiction avec la part raisonnable d’eux-mêmes. Ce qui a pour effet de redoubler leur angoisse. »

Il en vint à polémiquer avec Germaine Tillion à propos de son livre : « L’Algérie en 1957 »

Jean Amrouche rajoutait en 1957 :

« D’où le surprenant transfert de la guerre de l’ordre profane des conflits d’intérêts à l’ordre sacré des conflits tragiques. C’est parce que cette guerre a pris figure de guerre sacrée et que le gouvernement français lui même a pris son parti de cette sacralisation qu’elle apparaît sans issue. »

Jean Amrouche nous montre que dans des moments de crise particulièrement violente, un homme profondément enraciné dans le système normatif français, ayant tous ses référents à l’intérieur des idéaux portés par la République se sentant profondément solidaire de cette vision du monde, cet homme face à l’injustice, qui est absence de solidarité bascule et passe à la révolte.

Cet homme qui va servir de médiateur entre les deux communautés sera rejeté par sa communauté d’adoption : la France. Il perdra son poste à la R.T.F en 1957. Comme le précise Tassadit Yacine : Retour ligne automatique
« Renvoyé dans la non-reconnaissance il se transforme lui-même en rebelle chargé de faire reconnaître la rébellion à ses frères. »

C’est en 1961, qu’il ressent les premiers symptômes du cancer foudroyant qui l’emportera le 16 avril 1962.

Il est à déplorer que son œuvre soit classée dans les « auteurs arabes » pour ses ouvrages parus chez L’Harmattan.

Étoile secrète (Poésie) – Mirages, Tunis, 1937

J’ai respiré la chair du monde et le monde dansait en moi, j’étais à l’unisson de la sève, à l’unisson des eaux courantes, de la respiration de la mer. J’étais plein du rêve des plantes, des collines ensommeillées comme des femmes après l’amour.

Quatrième de couverture

« A qui veut définir Jean Amrouche, je demande que l’on retienne cette double religion, celle du langage et celle du mythe ou réalité de deux faces. Et cette religion s’appelle poésie », écrivait naguère Aimé Césaire.

Plus que dans Cendres, son premier recueil, Amrouche a, en effet, dévoilé dans Étoile secrète une aspiration religieuse d’une singulière finalité. Il s’agirait, pour lui, de renouer avec « des Maîtres Mots, un langage primordial », afin de se délivrer de son démon. Afin de renaître à l’innocence première. Le langage est ainsi envisagé comme une sorte de thérapie de l’âme et, plus encore, comme un intercesseur entre l’homme et les puissances surnaturelles, et Dieu. Cette aspiration donne à l’art poétique d’Amrouche une tonalité qui le rapproche des Psaumes.

Un Algérien s’adresse aux Français ou L’histoire d’Algérie par les textes : 1943-1961

Quatrième de couverture

Les écrits de Jean Amrouche transportent le lecteur au cœur de l’histoire de l’Algérie de 1945 (début des émeutes de Sétif, Kherrata, Guelma) jusqu’à la veille de la fête de l’indépendance de l’Algérie (1962). Jean poète brillant, reconnu dans le milieu des lettres françaises, se transforme au gré des événements extérieurs : il change de statut, il se fait journaliste, porte-parole des masses dominées, traquées, muettes, au risque de sa vie. Il mettra sa double culture algérienne et française au service du dialogue entre le FLN et la France, entre le GPRA et le général de Gaulle. Les articles ici réunis (1943-1962) nous permettent de connaître une histoire de la guerre d’Algérie telle qu’elle est vécue et perçue par le grand poète, l’homme de coeur et de raison qu’était Jean Amrouche. Outre la volonté d’informer, Jean Amrouche témoigne. Il exprime sa douleur, celle de son peuple confronté au génocide culturel. Grâce à l’introduction de Tassadit Yacine le lecteur d’aujourd’hui peut comprendre comment un « petit » indigène défavorisé peut s’élever dans la société française et quel sera le prix de son émancipation. Loin d’être « assimilé » ou « renégat » (comme essaient de le présenter les militants de la culture de dernière heure), Jean El-Mouhoub est un patriote et un savant algérien enraciné dans l’africanité la plus profonde, et ouvert sur l’universalité.

Bibliographie :

Cendres (Poésie) – . 1934
Etoile secrète (Poésie) – Mirages, Tunis, 1937
Chants berbères de Kabylie (Poésie), 1939
Algérie (Textes-Photos) – Éditions Clairefontaine, Lausanne, 1956
Tunisie de la grâce (Poésie), Éditions H. Chabboz, Renens (Suisse), 1960
Espoir et Parole (Poésie), Seghers, 1963
D’une amitié (Jules Roy) (Correspondance), Éditions Edisud, Aix-en-Provence, 1985
Entretiens avec Jean Amrouche et Taos Amrouche (Jean Giono) (Entretiens) – Éditions Gallimard, 1990
Un Algérien s’adresse aux Français ou L’histoire d’Algérie par les textes : 1943-1961 (Textes) – Éditions L’Harmattan, Paris, 2000

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