21 avril 2017

Juppé, Bayrou, Libé ou l’effondrement français

Il n’est pas si curieux d’observer qu’à propos de l’avortement (ou des affiches « gays » s’affirmant de fait comme comportement choisi) une congruence est en train d’émerger entre trois formes de relativisme multiculturaliste qui confondent évolution, progrès, modernisme, et nihilisme. Car la « régression » la « réaction » qu’elles prétendent toutes trois dénoncer s’affirment plutôt du côté de ceux qui élèvent agressivement le ton sur ces deux points.

Il n’est par exemple pas vu (ou alors c’est esquivé de manière volontaire) qu’une société donnée tient déjà par sa démographie, or si celle-ci baisse du fait d’un nombre élevé d’avortement (200.000 par an) il faut dire que cette liberté-là concerne plutôt les femmes d’origine française et non les femmes venant de contrées ne connaissant guère ou peu ce genre de destruction volontaire de la filiation. C’est certes pis en Allemagne, Espagne, Italie, mais ce n’est pas une raison.

Sauf que les tenants du nihilisme multiculturaliste justifient agressivement ce déséquilibre démographique (tel un Juppé-Bayrou-Libé face à Fillon) par la liberté absolue (pourtant dénoncée en économie sous le vocable de l’ultra ou du néo-libéralisme) qu’ils légitiment en sus par l’injonction du « racisme » s’il est souligné que l’avortement, surtout fait pour des raisons économiques, touche particulièrement des femmes françaises et donc équivaut à abandonner la dynamique de la reproduction des générations au seul apport étranger ou quasiment. Tout se tient en définitive.

Les partisans d’une France de papier, déjà détruite dans son passé par l’effacement scolaire de son histoire, veulent aussi la détruire dans son futur et particulièrement dans ses mécanismes séculaires de reproduction. Or, il n’est pas sûr que cette destruction soit progressiste….

Par contre, le fait d’observer que l’avortement ne doit pas être banalisé au point d’en faire une méthode contraceptive sans souffrance (ce qui est faux) se veut, lui, pleinement respectueux de l’individu au sens de ne pas réduire l’acte d’avorter à un acte simple s’effectuant au même titre qu’une coupe de cheveux ou l’achat d’un enfant GPA. Tout se tient là aussi. Les mêmes qui prétendent lutter au nom des femmes font mine de ne pas voir qu’ils réduisent cet acte à une technique sans se rendre compte de ce que cela induit comme conséquence dans la composition ethnique de la société française.

Il en est de même question nihilisme pour les affiches « SIDA » : en s’offusquant qu’elles puissent être critiquées la ministre de la Santé ne voit pas que c’est elle qui impose « un ordre moral » celui de faire croire que l’on ne naît pas homosexuel mais qu’on le devient alors qu’il s’agit d’une tendance naturelle (en ce sens il n’y a aucune rééducation à imaginer) touchant quelques pourcentages de la population, mais dont certains éléments parmi eux se veulent idéologues, sophistes, au sens d’articuler génie et homosexualité comme naguère l’on assignait drogues et inspiration et encore aujourd’hui progressisme et gauche… Tout cela est bien évidemment faux et même archi-faux.

Il est en fait salutaire que cela arrive maintenant : le masque est tombé, une césure de plus en plus forte et irréconciliable émerge en effet entre les tenants technicistes et nihilistes d’une nation perçue comme une somme d’éléments interchangeables et renouvelables d’un côté, et de l’autre les tenants modernes d’une évolution tempérée articulant conservation positive et affinement positif d’un développement humain historiquement singulier et désirant préserver cette singularité. Au nom de quoi la réclamer pour les Amazoniens et la refuser pour les Français, les Américains… Ne pas comprendre cela c’est bien sûr ne pas toujours saisir la victoire de Trump et la montée multiforme des refus en Europe et ailleurs.

Par Lucien SA Oulahbib