Kabylie : Des projets novateurs pour le développement

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Séminaire organise a Tizi-Ouzou par L’AMSED

Come-back nécessaire sur les travaux du séminaire (1) « Migrants acteurs du développement du pays d’origine (Capitalisation des acquis du projet) », organisé à Tizi-Ouzou, du 23 au 25 février 2011 par l’AMSED de Strasbourg en partenariat avec les associations ADPAL de Michelet, APAM d’At-Yenni et les Chambres des métiers de Tizi-Ouzou et Bejaia, rencontre rehaussée par la présence des représentants de quelques associations locales ainsi que de ceux de l’association d’aide aux droits et à l’activité AADA de Marseille.

Ainsi, des projets novateurs ont été exposés en plénière et dans les ateliers où l’accent a été mis sur différents aspects de réalisation de projets à impact multiple et ce, depuis son élaboration jusqu’à sa concrétisation en passant par la formation, le compagnonnage, le renforcement des capacités et, à terme, l’autonomie dans la gestion de l’entreprise. L’impact étant multiple, il est question de promouvoir, à travers le transfert des compétences et des ressources des migrants (capital culturel, financier et relationnel), le développement local, la création de postes d’emploi en misant sur la richesse humaine inouïe dont regorge la région et partant, l’insertion socioéconomique des femmes et des jeunes sans emploi et même sans qualification particulière et enfin, l’exploitation des potentialités de la région dans le domaine agricole, apicole… et la protection de son environnement naturel. Atténuer le flux migratoire en offrant des perspectives concrètes à une jeunesse livrée à elle-même est aussi l’un des crédos de cette entreprise qui a eu, à juste titre, l’appui des conseils régionaux en Hexagone ainsi que celui de la commission européenne, de l’ONU… etc.

Le consortium a eu à suivre avec beaucoup d’intérêt les témoignages de bénéficiaires de ruchers écoles, d’une pépinière apicole et à travers une sortie sur le terrain dans une fromagerie à base de lait de chèvre ayant bénéficié des valeurs ajoutées du projet, via des activités de formation et la participation au forum avec dégustation. Il faut signaler que les organisateurs de ces riches journées d’études financées notamment par la CE et le programme PNUD, ont réussis à articuler cette démarche avec l’implication des acteurs locaux associatifs, institutionnels et même privés. Ainsi, des dispositifs comme l’Ansej dont le représentant a tenu à être présent tout au long du séminaire, les chambres des métiers de Tizi-Ouzou et de Bejaïa et l’Angem ont exprimé, tour à tour, tout l’intérêt qu’ils portent à de tels projets en affirmant leur disponibilité à prendre en charge des projets entrant dans cette optique et, élément nouveau, même quant ces projets sont portés par des femmes et des hommes sans diplômes mais ayant un savoir faire dans ce sens (artisanat ou autre) et par des associations qui sont un partenaire essentiel dans la mise en place d’un réseau nécessaire à cette dynamique de développement local regroupant les migrants et les associations de la diaspora, les acteurs locaux (associations, collectivités locales, dispositifs financiers en direction de la micro entreprise…) et bailleurs de fonds internationaux.

Les porteurs de projets n’ont pas été en reste puisqu’ils se sont relayés à la tribune pour présenter les contours et les grands axes de leurs projets à l’image de celui défendu par la représentante de l’AFB de Montpellier. C’est un projet-pilote tient-elle à préciser, puisqu’il a été également question de la réplicabilité de la méthode et des outils du projet au niveau de la Kabylie dans son ensemble, puis au niveau des différentes régions d’Algérie, qui consiste en une unité de récupération, de recyclage et de transformation artisanale des sachets plastiques usagés destiné initialement à 30 femmes et 30 hommes sans emploi au niveau de la région des Ouadhias ; une co-création solidaire avec les femmes et les jeunes de cette localité entrant dans le cadre d’aide au développement rural solidaire et a l’écocitoyenneté.

« Il s’agit », nous dira-t-elle, « de créer et de commercialiser des objets usuels tels que tapis, sacs à linge, sacs de randonnée, sacs à provisions… etc. à partir de sacs plastique usagés, collectés et recyclés. Ces objets seront fabriqués par tricotage, crochetage et tissage et par couture de bandelettes de sachets plastiques triés, lavés et découpés… ».

Il faut rappeler que la femme kabyle utilisait jadis cette même méthode, il est donc question de réinventer une activité ancienne dans la région en la dotant d’un cadre managérial à même de réussir ce projet-pilote pour pouvoir le reproduire à travers les communes de Kabylie qui croulent sous les déchets, notamment le sac plastique.

Après les rencontres de formations tenues en juillet 2010, ce séminaire fut une réussite sur tous les plans tant les débats étaient très riches et fructueux, les participants diversifiés et le réalisme de mise, puisque les incommodités du terrain comme celles ayant trait aux sempiternelles lenteurs bureaucratiques, au fait que les populations, voire même des élus locaux, ne soient pas sensibilisés aux questions liées à l’environnement et à la création de l’emploi dans ce cadre précis, à la difficulté de fédérer un groupe ou une association, encore moins un réseau associatif du fait de l’effritement de la société et d’un individualisme effarant qui y sévit… ont été passées au crible. Ainsi et toujours sous l’égide de l’AMSED, présidée par M.Djilali Kabèche, dont les projets ont été retenus par la CE et le PNUD et ce, parmi 500 projets présentés à l’échelle internationale, un autre séminaire est dores et déjà prévu pour le mois d’avril prochain ; autre halte dans la mise en œuvre d’une dizaine de projets novateurs comprenant le tri sélectif, les chambres d’hôtes, le compostage, les vêtements adaptés pour personnes handicapées, les ruchers écoles…

Allas DI TLELLI

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