22 juin 2017

Kabylie et anniversaire du 1er Novembre 1954 !

Si il y a quelque chose à constater de notre point de vue kabyle sur ce 60e anniversaire du 1er Novembre 1954 qui a marqué le début de la guerre de l’indépendance de l’Algérie cela est très succinct et peut se résumer juste par quelques dictons bien connus de chez nous maintenant après ces 50 ans d’indépendance qui ont suivi les 7 longues années de guerre.

Si en comparaison avec ce qu’on était avant “sous la France” et ce que nous sommes aujourd’hui c’est : « Am enger am twaγit » c’est-à-dire “Kif-Kif la même chose“ et même désolation sauf d’avoir un nouveau décor avec toutes ces mosquées , toutes ces prisons et toutes ces gendarmeries construites depuis 1962… sans compter la disparition de tant d’arbres et surtout de nos oliviers calcinés et que maintenant nous sommes en plus emmerdés si on parle notre langue maternelle, le kabyle et si on ne va pas prier à la mosquée.

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A part cela nous avons un peu de paix même avec une économie si pauvre maintenant que c’est : « D-acu ik-ixusen, a yaεeryan ? – d-tixutºam kan” bien connu pour “De quoi manques-tu toi qui vas tout nu  ? – Réponse : seulement des bagues.” . Si vous nous posez la question : mais à qui est-ce la faute dans tout cela ? Et bien tout est arrivé en 1962 lorsque “N zenz tayaẓit mazal its țqaqat” c’est-à-dire “On a vendu la poule alors qu’elle caquetait encore”, quand certains de nos dirigeants kabyles se sont fait avoir par les Arabo-islamistes de Ben Bella qui ont bien pris le pouvoir…. beaucoup de Kabyles ont tout simplement été dupés alors que d’autres ont laissé tomber leurs armes et comme ils disaient ne pas tirer sur “des frérots” mais surtout étant trop fatigués après 7 ans de lutte pour encore pouvoir se battre, pour se retrouver tous et toutes maintenant et ironie du sort avec tous ces pétro-$$ qui rentrent dans les caisses de l’état si pauvre que « Tura n țțeqim bla imesi !“ pour « maintenant on reste sans souper » .

Quant à ce qu’il faudrait maintenant faire, et bien c’est tout simplement d’attendre une autre génération et de ne pas faire comme pour ces vieux « gagards » car trop tard pour nous et avec cette amertume comme on dit « Gmi it3eran ig’țazal » c’est-à-dire… « c’est une fois détroussé, qu’il se met à courir » et leur rappeler à tous ces jeunes ces vieilles paroles de chacal « Ala y’iwut kan ig țεedayen felli » pour « On ne me trompe qu’une seule fois » et qu’il ne faut se battre que pour soi et non pour les autres !

Ǝ-miss Ṁuḥend Ṻjaεƒer

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