23 juin 2017

Karim Akouche est encore une fois la cible des escadrons de la mort du pouvoir algérien

Karim Akouche dans l'avion à destination de Paris

Kabylie (Kabyles.com) – Jeudi 16 mars 2017, Karim Akouche, écrivain d’origine Kabyle, est contraint de quitter l’Algérie sur le champ pour s’envoler à Paris suite à de sérieuses menaces de mort de la part des escadrons de la mort du régime totalitaire algérien. L’auteur qui vit  au Canada a pris l’avion de Montréal vers Alger, le 8 mars 2017,  pour le lancement de son nouveau roman, La religion de ma mère  paru aux éditions Franz Fanon à Tizi-Ouzou .

Il a prévu, en compagnie de  son éditeur,  donner des conférences jusqu’à la fin du mois de mars , entre autres, à Tizi-Ouzou, Vgayet et  Tuviret, mais dès son arrivée en Kabylie les autorités algériennes se sont mises en « mode perturbateur » en annulant d’abord sa première conférence programmée à la librairie Cheikh de Tizi-Ouzou pour s’emparer  ensuite, le mercredi 15 mars, de l’auditorium  de  l’université  Hasnaoua en improvisant un gala juste pour empêcher  sa deuxième conférence . Cette dernière à eu lieu  quand même dans une petite salle grâce à l’intervention et la mobilisation de la communauté université de Tizi-Ouzou.

C’est certainement l’engagement, le franc parlé et la résistance de Karim Akouche et,  l’engouement du public  pour ses œuvres et son travail qui ont poussé le pouvoir à hausser le ton et accroître ses pratiques infâmes  en intimidation, menace et violence. Le séjour de l’écrivain a été écourté et sa tournée annulée. Selon toute apparence, sa vie est en danger ! « Je quitte l’Algérie en urgence… Tout cela à cause de mon roman », annonce-t-il.

De l’aéroport d’Alger, Karim Akouche vient de publier sur son compte Facebook cette déclaration inquiétante dont il explique qu’il n’a pas d’autres choix que de mettre fin à sa tournée littéraire et de fuir cette Algérie qui tue ses enfants.

Je suis dans l’avion. Je quitte l’Algérie en urgence. Direction Paris. J’improvise ce texte. Des menaces sérieuses, sur mon intégrité physique, pèsent sur moi. Tout cela à cause de mon roman : La Religion de ma mère. Mes idées d’écrivain libre dérangent. Ma plume est tranchante. Elle gratte les plaies. Elle détruit les faux mythes, les tigres de faïence, les mensonges des notables… Je suis déchiré, triste et révolté à la fois. Ma colère est saine, je n’aime pas la violence… J’ai le regret d’informer mes lecteurs et ceux qui m’ont invité pour des conférences un peu partout (Alger, Bouzeguene, Boudjima, Idjeur, Bougie, Aokas…) que celles-ci n’auront pas lieu. Ce n’est pas par faute de courage. Je compte sur leur compréhension. J’ai l’expérience de la résistance. Je connais mes ennemis. Je refuse d’être leur proie. Je combats leurs idées. Ils haïssent ce que je représente, ce que je pense, ce que je formule. Je le sais pour avoir essuyé moult menaces. Aujourd’hui, la coupe est pleine : On m’a interdit la rencontre à la librairie Cheikh, j’ai fermé les yeux. On a délocalisé ma conférence à l’Université de Tizi-Ouzou, de l’auditorium vers la grande salle de lecture, sous un prétexte farfelu, je n’ai rien dit. On a fait subir des interrogatoires à des amis et proches, j’ai fait semblant de ne rien voir. Mais me traquer comme une bête par le chasseur, surveiller mes moindres déplacements, me menacer, chercher à m’atteindre physiquement… cela non !… J’aime la vie et j’ai encore beaucoup de choses à dire, à créer… Je dénonce vigoureusement ces pratiques d’un autre âge. Mon prédécesseur, Mouloud Feraoun, avait de l’intuition, il a vu juste : Nos ennemis d’aujourd’hui sont, hélas, pires que ceux d’hier…

D’autres conférences sous d’autres cieux plus cléments m’attendent. J’irai bientôt chanter la liberté et la littérature un peu partout… Je serai à Alicante, Paris, Bruxelles, Toulouse, Marseille, Montréal, New York, Marrakkech…
Nul poète n’est prophète en son pays… surtout quand que celui-ci est une risible dictature.

Mes respects, mes chagrins, ma profonde affection, Karim Akouche.

La liberté d’expression n’est qu’un slogan en Algérie, à l’image de la nationalisation et l’officialisation de la langue tamazight. Le régime algérien, criminel et illégitime,  règne en maître absolu depuis plus d’un demi-siècle. Le peuple, lui, est  disloqué par ces bourreaux du pouvoir , ces corrompus, ces islamistes, ces généraux et leurs lointains profanes. Bref! Les mots et le savoir  font mal à ce malheureux régime algérien qui a fait de ce pays du nord de l’Afrique non seulement un déshonneur de l’Afrique mais la risée du monde entier. Un pays gouverné par un mort-vivant, des terroristes, des corrompus et des harkis.

Mais ne dit-on pas que tout a une fin et que  ce sont les révolutionnaires qui mettent en avant  leurs fusils pour faire  l’histoire et que ce sont les hommes libres qui aiguisent  leurs plumes pour lui donner un sens? Eker amis Umazigh!

Boualem Afir.

 

2 Comments

  1. Parfois c’est bien de reculer pour mieux sauter. On vous attend mr Akkouche trés prochainement avec impatience.

  2. Desolé mais vous n’avez rien compri a cequi se passe en algerie.
    Vous avez tous quitté le navir quand il sembrait durant la decinie noir.
    Les vrais patriotes sont restés et sont morts pour la liberté.

    Mr a actouche dit aimer la vie et encore avoir beaucoup a dire et c’est pour ça qu’il a quitter le pays. Laissez moi rire!!!
    Ne croyez vous pas qu’il aurais mieux fais de rester et mourir,peu etre caressé j’en doute, en martyr comme l’on fait les tahar djaout et autre va ne fait pas tres long temps.

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