27 juin 2017

La ballade de Dynamo

« This little thing » (cette petite chose) que vous voyez ici est un jeune coquelet – poussin même – du nom de « Dynamo », il est né avec six jours de retard, c’était une boule de plumes et qui arrivait à peine à se tenir debout, il roulait par terre comme une balle de tennis. J’allais jeter les œufs qui n’ont pas pu éclore après presque une semaine quand je vis une petite fissure sur l’œuf. Je le laissais et une journée plus tard, je vis Dynamo sortir sans même faire des excuses à sa mère pour le retard. C’est un peu comme regarder courir un enfant qui a failli être avorté. On a cette sensation de bonheur avec un mélange de fierté de ne pas avoir commis une bêtise ou… peut être de l’avoir commise.

Dynamo possède une personnalité, une personnalité plus grande que lui car il fait dix centimètres de hauteur et il est le plus petit de tous ses frères et sœurs… mais paradoxalement leur leader. A ma surprise, il a commencé à chanter et je n’ai jamais vu un « poussin coquelet » chanter. En général, ils commencent à émettre des sons bizarres quand ils débutent à se raser la barbe ou fumer. Dynamo chante, danse et compose. Et il est l’auteur de tout son répertoire. Je lui ai acheté un chapeau et une canne, et maintenant, il répète pour une opérette musicale. C’est dire que mes jours de misère, d’aumône sont derrière moi. Je vais enfin manger à ma faim. J’ai juste peur que ma maison et mon jardin finissent entre ses pattes comme dans : « la ferme des animaux » de George Orwell.

Je l’ai récemment surpris faire un discours fort patriotique, je vous rapporte ici la version intégrale, mais il se peut qu’il y ait des erreurs dans la traduction :

« Mes sœurs et mes frères ! Cessez de picorer et écoutez-moi… et écoutez-moi bien ! On chante pour eux et nos femmes s’écartent les fesses dans toutes les directions pour leur fournir des œufs, je dis des œufs, mais ils sont nos enfants à l’état de coquille. Ils utilisent nos excréments pour nourrir leurs rosiers et leurs tomates et jusqu’au dernier jour ; ils nous affichent une ingratitude presque attentatoire, en nous jetant dans une marmite sans même nous inviter à diner. Combien ? Combien de temps allons-nous rester passifs devant de tels actes de provocations ? [Applaudissements] Attendez ! Attendez mes sœurs et mes frères ! Je n’ai pas encore fini… oui, je sais qu’il est là. Mais regardez-le ! Regardez-le porter cet air bête et méchant. Il n’a ni charme ni même une crête. Il va nous jeter des graines pour nous engraisser pour bien nous manger. Il nous donne même des noms à la con. Dynamo !? Huuum ! Dynamo toi-même espèce de connard ! Si j’avais le pouvoir, je te ferais passer un ballon de rugby à travers le cul et tu verras ce dont ton Dynamo est capable. Ensemble ! Tous ensembles ! Nous pouvons changer notre destiné. »
Et c’est là qu’il descendit de la buvette en chantant en ma direction : « Gggggloire aux volailles ! »


J’ai reculé d’un pas et en lâchant : « oooh ! Mon beau poussin ! ».
Keep an eye on the boy, because the boy is keeping an eye on us.

Hmimi O’Vrahem

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