« La guerre de Jughurta » de Salluste

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Sans Salluste personne n’aurait jamais entendu parler de Jughurta. Voici un résumé de « La guerre de Jughurta » qui vous permettra d’avoir une idée sur la nature et la grandeur véritable de l’homme.

La guerre de Jugurtha est intéressante par elle-même et par l’influence qu’elle a exercée sur la politique intérieure de Rome. Masinissa, roi des Numides, s’était signalé par plusieurs beaux faits de guerre. Après lui, son fils Micipsa fut seul roi, ses deux frères Mastanabal et Gulussa étant morts de maladie. Micipsa donna à Jugurtha, fils de Mastanabal, — que Masinissa avait exclu du rang royal, parce qu’il, était né d’une concubine — la même éducation qu’à ses enfants. Il l’adopte et l’institue son héritier conjointement avec ses propres fils, Adherbal et Hiempsal.

Lutte de Jugurtha contre ses frères :

A la suite de la première entrevue des trois jeunes rois, Jugurtha prend la résolution de se débarrasser d’Hiempsal. Il le fait assassiner à Thirmida. La guerre éclate entre Jugurtha et Adherbal ; celui-ci est vaincu et va chercher un refuge à Rome. Adherbal adresse une lettre au Sénat pour demander que justice soit rendue par rapport au crime de Jugurtha.

Lecture est faite au Sénat de la lettre d’Adherbal, dont voici le contenu :

« Ce n’est pas ma faute, Pères conscrits, si j’envoie si souvent vers vous pour vous supplier : j’y suis contraint par les violences de Jugurtha, qui a été pris d’un tel besoin de me faire disparaître, qu’il n’a plus, ni pour vous, ni pour les dieux la moindre considération ; avant tout, il veut mon sang. Et voilà comment, depuis cinq mois, un allié, un ami, comme moi, du peuple romain, est assiégé par lui, sans que ni les bienfaits de Micipsa, ni vos décisions me soient de quelque secours. Est-ce le fer, est-ce la faim qui me presse davantage ? je ne sais pas. Mon triste sort ne m’engage pas à en écrire plus long sur Jugurtha ; déjà j’ai constaté par expérience qu’on croit peu les malheureux. Mais je comprends bien qu’il s’attaque à plus fort que moi, et qu’il ne peut guère espérer à la fois obtenir mon royaume et garder votre amitié. Laquelle des deux alternatives a le plus de prix à ses yeux ? nul ne l’ignore. Il a d’abord assassiné mon frère Hiempsal, puis il m’a chassé du royaume paternel. Certes, peu vous chaut du tort qui m’a été fait ; mais tout de même, aujourd’hui, c’est votre royaume qu’il a conquis ; c’est moi, moi dont vous avez fait le chef suprême des Numides, qu’il tient assiégé ; le cas qu’il fait des ordres de vos délégués apparaît clairement par ma situation périlleuse. Vos armes seules peuvent avoir effet sur lui.


Ah ! comme je voudrais que fussent mensongers et mes propos d’aujourd’hui et mes plaintes antérieures au Sénat ! Malheureusement ma misère présente donne crédit à mes paroles. Puisque je suis né pour procurer à Jugurtha une occasion de manifester sa scélératesse, je demande à échapper, non à la mort et au malheur, mais seulement à l’autorité de mon ennemi et aux tortures qu’il me réserve. […] Mais moi, arrachez-moi à des mains impies, je vous le demande par la majesté de votre empire et par le caractère sacré de l’amitié, si vous gardez encore le moindre souvenir de mon aïeul, Masinissa. »

Les débats s’engagent devant le sénat, qui décide, après avoir entendu les deux parties, qu’il enverra une commission pour partager la Numidie entre Adherbal et Jugurtha ; les commissaires se laissent corrompre par Jugurtha et lui adjugent la région la plus fertile et la plus peuplée.

Jugurtha envahit le royaume d’Adherbal qui, après un faible essai de résistance, est réduit à se jeter dans Cirta. Le sénat, sollicité d’abord par les envoyés d’Adherbal, puis par une lettre du roi, envoie successivement deux ambassades pour interposer sa médiation ; mais ces tentatives, mal conduites restent sans effet. Les défenseurs de Cirta livrent la place à Jugurtha, et Adherbal est mis à mort.

Non content d’avoir assassiné les enfants légitimes de celui qui l’a éduqué, Jughurta fait assassiner, à Rome, Massiva, petit-fils de Masinissa qui réclamait, à juste titre, le royaume de Numidie.
Première période de la guerre entre Jugurtha et les Romains

Entraîné par la violence du sentiment populaire, le sénat décrète la guerre contre Jugurtha, et en confie le commandement au consul Calpurnius Bestia. On refuse de donner audience aux ambassadeurs envoyés par Jugurtha, et le consul commence les hostilités. Il s’arrête bientôt, corrompu par l’or du Numide, et lui accorde la paix. Cette prévarication irrite le peuple, dont la colère est encore surexcitée par les discours du tribun C. Memmius. Sur la proposition du tribun, le préteur L. Cassius est envoyé en Numidie, pour amener Jugurtha. Le Numide vient à Rome et, après s’être assuré de la complicité du tribun C. Bæbius, non seulement refuse de répondre à Memmius, mais fait assassiner, dans la ville même, un petit-fils de Masinissa, Massiva, qui réclamait le royaume de Numidie ; à la suite de ce crime, il reçoit l’ordre de quitter l’Italie. Les hostilités sont reprises par le successeur de Calpurnius, Àlbinus, qui en abandonne bientôt la direction à son frère Aulus. Aulus met le siège devant Suthul ; il est cerné par Jugurtha, réduit à conclure une paix honteuse, et l’armée romaine passe sous le joug. Le sénat refuse de ratifier le traité et le consul cherche à venger le désastre de son frère mais il est condamné à l’impuissance par la démoralisation de l’armée.

Deuxième période

Le peuple, poussé par le tribun C. Mamilius, vote une enquête contre les magistrats, qui s’étaient faits les complices de Jugurtha ; les poursuites sont exercées avec une extrême rigueur. Digression sur l’origine et les vicissitudes de la lutte engagée entre le peuple et le sénat ; insolence triomphante de la noblesse après la défaite des Gracques. Cependant, le consul Q. Métellus est chargé de la province de Numidie et prépare tout pour recommencer la guerre. Il trouve une armée complètement désorganisée et s’occupe avant tout de rétablir la discipline. Jugurtha, effrayé, offre de faire sa soumission ; sans tenir compte de cette proposition, Métellus envahit la Numidie. Il met une garnison dans la ville de Vaga et refuse, une seconde fois, d’entrer en négociations avec Jugurtha. Forcé de combattre, Jugurtha essaye de surprendre l’armée romaine près du fleuve Muthul ; il éprouve une défaite complète. Il adopte un nouveau système de défense, évitant de s’engager à fond et se bornant à surveiller et à inquiéter la marche de Métellus, qui, de son côté, ravage le pays. Métellus va mettre le siège devant Zama ; Jugurtha, malgré des efforts répétés, ne réussit pas à dégager la place, mais les Romains ne parviennent pas non plus à s’emparer de Zama et une tentative d’escalade, dirigée par Marius, est repoussée. Le siège est levé ; l’armée romaine prend ses quartiers d’hiver, et Métellus se met en relations avec le principal lieutenant de Jugurtha, Bomilcar, qu’il engage à trahir son maître. Vaincu par les instances de Bomilcar, Jugurtha fait sa soumission, puis, reprenant courage, se décide à continuer la lutte ; Métellus, dont les pouvoirs étaient expirés, est prorogé dans son commandement.

Troisième période

Marius forme le projet de briguer le consulat ; il demande un congé à Métellus et, irrité du refus qui lui est opposé, soulève l’opinion contre le général en Afrique et à Rome. Jugurtha rentre en scène, en faisant massacrer la garnison romaine de Vaga. Métellus se met aussitôt en campagne, surprend Vaga et punit les habitants de leur perfidie. Bomilcar, donnant suite à ses anciens desseins, conspire contre Jugurtha et s’assure le concours de Nabdalsa, un des chefs numides les plus puissants ; la conspiration est découverte et Bomilcar est exécuté, mais Jugurtha est dès lors en proie à la défiance et à la crainte. Métellus comprend qu’il faut recommencer les hostilités ; auparavant, il accorde à Marius la permission d’aller à Rome ; Marius est élu consul, et le peuple lui fait confier, malgré la décision récente du sénat, la province de Numidie. Jugurtha est surpris par Métellus, son armée est mise en déroule. Il se réfugie dans Thala et, déconcerté par l’arrivée inattendue de Métellus, s’enfuit nuitamment de la ville, qui tombe au pouvoir des Romains. Les habitants de Leptis demandent une garnison romaine, qui leur est accordée. Digression sur l’origine phénicienne et la situation géographique de Leptis, sur l’aventure des frères Philènes. Après tous ses échecs, Jugurtha réussit à se refaire une armée, grâce à l’alliance des Gétules et de Bocchus, roi de Mauritanie ; Bocchus et Jugurtha marchent sur Cirta ; Métellus couvre la ville ; puis, informé qu’on lui a enlevé son commandement et qu’on lui a donné Marius pour successeur, ne songe plus qu’à négocier avec Bocchus et à faire traîner la guerre en longueur (80-83).

Quatrième période

Marius, à Rome, fait de grands préparatifs militaires ; il anime le peuple contre la noblesse et lui promet une prompte victoire. Il prend possession de son commandement. Il aguerrit ses nouvelles troupes par une série de petits combats, et, pour venir à bout d’ennemis qui se retirent perpétuellement devant lui, prend la résolution de s’emparer successivement de toutes les places fortes. Il marche sur Capsa, paraît inopinément devant la ville, s’en rend maître et la détruit complètement. Il poursuit ses succès et vient assiéger une forteresse près du fleuve Muluccha ; il est arrêté longtemps par les difficultés du siège et réussit enfin à s’emparer de la place, grâce au stratagème que lui suggèrent le hasard et la témérité d’un soldat Ligurien. Sylla vient rejoindre Marius, en qualité de questeur ; son caractère et ses exploits lui concilient rapidement la faveur du général et de l’armée. Réduit à la dernière extrémité par les victoires de Marius, Jugurtha se décide à combattre ; il resserre son alliance avec Bocchus et les deux rois tentent de surprendre l’armée romaine ; ils sont vaincus à la suite d’une lutte acharnée. Marius se dirige vers ses quartiers d’hiver ; attaqué de nouveau près de Cirta par Jugurtha et Bocchus, il leur inflige une défaite sanglante.

Cinquième période

Une première tentative faite auprès de Bocchus pour le détacher de Jugurtha ne produit aucun résultat ; Marius part en expédition ; en son absence, Sylla reçoit de nouvelles propositions de Bocchus. Marius, à son retour, autorise les ambassadeurs de Bocchus à partir pour Rome, où le Sénat, se montre disposé à traiter. Sylla est envoyé auprès de Bocchus ; pendant la route il est rejoint par Volux, le fils du roi de Mauritanie, et, après avoir couru le danger d’être pris par Jugurtha, arrive au terme de son voyage. Sollicité à la fois par Sylla et par l’envoyé de Jugurtha, Bocchus hésite avant de prendre parti pour l’un ou pour l’autre ; il est sur le point de trahir Sylla, puis il se ravise et livre Jugurtha aux Romains. La guerre est terminée, et Marius est élevé une seconde fois au consulat ; on lui confie le commandement de la Saule et il triomphe dans l’intervalle des deux guerres contre Jugurtha et contre les Cimbres.


Nous espérons que ce résumé vous incitera à lire la version intégrale, en français, de La guerre de Jughurta de Salluste que vous pouvez télécharger en cliquant sur ce lien Salluste La Guerre de Jugurtha

Article déjà mis en ligne le 9 juin 2006

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