21 avril 2017

La journée des flatulences

Le vendredi 28 février, nous avons célébré « Amezwaru n’Tafsuyt » (le premier jour du printemps). C’est une fête annuelle que nous célébrons chaque année, et cette année, c’était une fête très réussie et sponsorisée par « Général Emballage » dans la vallée de la Soummam. Il est vrai que je pourrais continuer à décrire et à fournir les détails de cette fabuleuse journée, mais malheureusement, le sérieux dans mes écrits ne dure que trois phrases et je suis incapable de faire des phrases supplémentaires pour arrondir la fin de mes écrits.

Je voulais simplement vous parler de flatulences qui ont tendance a accompagner cette fête. Le menu de cette journée est : « Amaqful » ou « chiw chiw ».

Personnellement, je préfère cette deuxième appellation, car « Amaqful » a tendance à inclure « ful » qui veut dire en arabe : « fèves ». Et des fèves sèches, on en mange à volonté ce jour-là. Les fèves sont aux flatulences ce que les mèches sont aux pétards. L’Algérie en général est un pays où les flatulences font leurs nids, si on exportait des flatulences au lieu du pétrole et du gaz, nous serions un pays avec bien plus de bureaucrates corrompus qu’aujourd’hui. Chakib Khelil se serait enfui avec 46 milliards de dollars au lieu de juste 23 milliards, le peuple algérien devrait lui présenter des excuses pour l’avoir laissé seulement partir avec cette modique somme.

Pendant les deux jours qui ont précédé cette merveilleuse journée, j’avais mangé de la « louviane » (haricots blancs) et quand vint la fête, j’ai mangé presque deux kilos de fèves cuites dans l’eau et avec du couscous, des œufs et des pommes de terre. Le résultat, c’était simplement un feu d’artifice de la nouvelle année dans mon pantalon. Au départ, j’avais juste peur de parler ou de rire, mais après, j’avais même peur de marcher. Je riais tout seul car je pensais a la publicité : « pas un pas sans Bata ! » moi, c’était plutôt : « pas un pas sans toz ! ». Si j’avais un flatulence –o – mètre accroché à mes fesses ce jour-là, j’aurais fait le tour du compteur et il aurait fallu le butin de Chakib Khelil pour payer la facture de mes flatulences. D’ailleurs, en rentrant chez moi, je suis entré dans le poulailler pour ramasser des œufs ; et en me baissant, j’ai laissé passer une flatulence qui a tellement fait peur à mes poules qu’elles se sont toutes perchées a plus de deux mètres de hauteur sur un sapin. Ma chienne avait commencé à aboyer, c’était entre un coup de feu et le bruit lointain d’une mine. Moralité de cette belle journée : « jamais de louviane waqvel ivawen ! ».

Hmimi O’Vrahem