La Kabylie avant l’occupation française

La Kabylie avant l’occupation française était en perpétuelle insurrection contre l’oppresseur ottoman. Elle arrivait souvent à faire de son autonomie un fait accompli. En témoigne certains événements tel celui où les At-Umeqwran qui exerçaient leur influence sur une grande partie de la Kabylie, celle des Babors, des Bibans, la Soummam et le versant sud-est du Djurdjura, avaient interdit, en 1808, aux Turcs du Bey de Constantine, le passage par la Soummam pour se rendre à l’ouest. « Amuqran imejanen » avait renversé les rôles et avait exigé des Turcs le droit de péage pour traverser leur domaine.

Une autre insurrection en 1808 était celle des Iflisen au nord que les Ottomans ne purent vaincre qu’en 1816.

En 1824, toute la Kabylie était en révolte. Elle couvrit en peu de temps toute la vallée de la Soummam et s’étendit jusqu’à Bougie. Des rumeurs diverses sur l’action des insurgés se répandaient comme une traînée de poudre dans toute la Kabylie. A Alger on apprit qu’un kaïd a été tué à bout portant dans un marché, que le cadi hanafi de Bougie a été enlevé, que toutes les routes entre Alger et l’Est étaient coupées.

Ces nouvelles alarmantes incitèrent le dey Hussein à faire arrêter tous les Kabyles résidant à Alger.

Ces événements de 1824, que l’on peut assimiler à nos nombreuses « Tifsutin tiberkanin », ont aussi montré que le Kabyle était déjà à l’époque proches « des peuples libres ». Au moment donc où le dey Hussein a ordonné d’arrêter et d’exécuter tous les Kabyles résidant à Alger, des policiers turcs (chaouches) se rendirent jusqu’à la maison de campagne du consul d’Angleterre pour arrêter ses employés kabyles. Il en résulta des protestations et des complications diplomatiques qui amenèrent une rupture entre Londres et Alger, et quelques jours après, la présence de la flotte anglaise en rade d’Alger.Retour ligne automatique
Cet événement nous montre que le Kabyle n’était pas coupé de l’Europe à l’aube de la révolution industrielle, et il n’avait nul besoin d’être asservi et exproprié par le colonialisme français pour être touché par « la lumière » de la civilisation que les coloniaux français prétendaient nous apporter.

Les Kabyles, comme tous les peuples agressés, avaient besoin « des peuples libres », des peuples qui avaient échappé à l’impérialisme arabo-islamique et turc. Les Français ont préféré venir le dominer et l’humilier plutôt que le libérer. Pourquoi ? Parce que le rôle du colonialisme français en Kabylie était la continuité de la domination ottomane.

Un événement pourrait illustrer les compromissions de la France avec les Turcs en Afrique du Nord :Retour ligne automatique
Toujours en 1824, le Lord Exmouth faisait pression sur le dey pour l’amener à signer l’engagement de respecter certaines conditions édictées par les puissances européennes en ce qui concerne l’esclavage et autres.Retour ligne automatique
Cette attaque, repoussée, le dey fit fermer par le bey de Constantine les Etablissements Anglais de Bône pour les confier aux Français. A ces Français auxquels le Dey Hussein avait abandonné Alger en 1830.

Le colonialisme français a pu réussir à dominer les Kabyles et les humilier ; ce que les Turcs n’ont pas pu faire.Retour ligne automatique
La Kabylie, sans le colonialisme, aurait continué à lutter pour conserver sa liberté. Et la foi islamique, ayant toujours été timide, aurait fini par céder, que ce fût avec l’aide active « des peuples libres » ou seulement avec le contact que les Kabyles avaient déjà avec ces peuples.

L’Algérie n’aurait jamais été son destin.

Winna.

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