La Kabylie vit au rythme des affrontements

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Depuis quelques jours, la Kabylie, à l’instar des autres régions du pays vit au rythme des affrontements entre les forces du pouvoir et de très jeunes insurgés qui nous rappellent d’autres périodes porteuses de traumatismes collectifs. Cette colère sur fond de ras le bol et de grande injustice sociale est l’expression d’une crise politique et structurelle de l’Algérie postcoloniale avec ses pouvoirs successifs qui ont fermé toutes les voies d’expression démocratique et qui ont poussé au désespoir une jeunesse sans perspectives et abandonnée à elle-même.

Le marasme de la jeunesse et les conditions difficiles de vie n’ont pas trouvé d’écoute ni de cadre approprié pour une expression politique de ses revendications. Ni les partis politiques, ni les organisations syndicales qui ont la responsabilité de porter les aspirations citoyennes n’ont occupé le terrain de la contestation, laissant ainsi des jeunes abandonnés, manipulables, livrer une guerre muette sans pouvoir mettre des mots sur leur souffrance, incapables d’exprimer leurs exigences si ce n’est par la rage et la « casse ».

Aujourd’hui tous les appendices du système sont préoccupés par les intrigues de palais autour de la succession d’un président absent, chacun sauvant sa place et ses intérêts dans des calculs de positionnement par rapport à une recomposition du pouvoir pour se replacer dans la course le jour venu. Le pouvoir dans sa logique de répression et du maintien de son système par la violence comme seule réponse aux problèmes de fond, a fait en sorte d’empêcher toute émergence de forces nouvelles qui puissent nous sortir de ce face à face dont le pouvoir sort toujours vainqueur, aggravant encore plus le sentiment d’impuissance face une machine structurée et organisée pour sa survie.

Cette situation qui se répète dans le temps nous inflige la plus grande défaite et symbolise le plus grand échec de l’élite politique et ce quel que soit son discours. Faute de lisibilité et de visibilité politique, la société civile est dans une position inconfortable, piégée entre l’engagement dans la protesta et la vigilance requise en raison de toutes sortes manipulations dont elle ignore les enjeux.

Dans une Kabylie appauvrie en compétences, en intelligences et en capacité de comprendre les enjeux, nul ne peut prévoir les conséquences de ce processus qui peut s’avérer dangereux en l’absence de perspectives politiques qui peuvent donner du sens à ces révoltes. Pour l’heure, il est à craindre que ce soit toujours les mêmes qui tireront profit de ces événements.

Forum- Kabylie s’est inscrit depuis août 2010, dans la nécessité vitale d’ouvrir un débat de fond pour définir ensemble un avenir pour la Kabylie pouvant nous sortir de cette tragédie permanente.

Aujourd’hui et plus que jamais, le temps est venu de lancer les bases de ce débat pour une perspective d’un rassemblement de tous ceux qui ont une vision de sortie de crise en cherchant les convergences et en gérant les divergences, seule voie qui peut nous placer dans un processus historique pour construire une alternative sérieuse à la crise politique, idéologique et structurelle que nous vivons et nous affranchir de ce système qui met en permanence notre jeunesse dans la rue.

Nous prônons, certes, une voie difficile mais nous sommes convaincus de la justesse de ce combat pour la construction de perspectives politiques portées par de nouvelles forces qui nous permettront, dans la sérénité, d’asseoir les conditions de notre existence et de sortir de l’impuissance à décider nous mêmes de notre destin.

Soyons à la hauteur de nos responsabilités et assumons de porter haut et fort notre désir de rupture avec le pouvoir, son système et ses relais et notre aspiration à construire une dynamique qui portera les espérances de notre peuple et de sa jeunesse vers son épanouissement.

Forum-Kabylie

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