29 juin 2017

La lecture dans les toilettes

Je veux installer une petite bibliothèque dans mes toilettes, mais avant cela, je voudrais planifier son installation et surtout faire le choix des livres que je lirai dans ces lieux. Mes toilettes font 1.05 m² – je ne devrais pas donner autant de détails, mais personne ne s’est jamais fait cambrioler ses toilettes – la cuvette fait 37 cm de long, blanche et elle est tournée vers la Mecque comme la loi salafo-salafiste l’exige ici en Algérie. La porte s’ouvre sur l’intérieur et le lieu est fait pour accommoder une seule personne à la fois, ce qui est bien dommage pendant les crises d’eau. L’utilisation de cette bibliothèque doit intervenir après l’empressement puis se situer entre le soulagement et l’activité cérébrale intense qui généralement suit ces moments. Comme l’explique le professeur Adolph Von Strumpfer, le célèbre izzanologue Allemand, la plupart des inventions et des conflits dans ce monde ont pris naissance sur une cuvette des toilettes. L’expression française : « on n’est pas dans la merde… » a été bel et bien prononcée sur une de ces cuvettes.

En Kabylie, l’activité cérébrale n’a jamais pu être exploitée comme il se doit ; car les toilettes étaient en plein air et ces moments de réflexion furent dominés par la peur d’être vu. Les Kabyles sont probablement les seules personnes qui chient avec un rétroviseur. Le soulagement laisse place à un visage crispé comme si elles faisaient marche-arrière avec un porte-chars. Les plus grandes civilisations ont très vite compris et découvert cette activité cérébrale qui les a hissées au rang de grandes puissances.

En tant que Kabyle qui a lentement compris cette activité cérébrale à partir d’un rétroviseur toujours, mais qui a surtout lu le chef d’œuvre du professeur Von Strumpfer : « Ich nich der Izzan ». Malheureusement, cette intense activité cérébrale ne vient pas sans contre-indications. Par conséquent, afin de réguler cette activité, il faut établir une balance. Pouvoir la freiner dans son élan, car on ne peut en prédire les conséquences. Ainsi, je lis en parallèle le livre de Michel Foucault : Les mots et les choses pour me hisser au rang d’intellectuel et pour stabiliser et contrer cette montée fulgurante ; je lis le livre de Karim Akouche : Allah au pays des enfants perdus. Un métabolisme intellectuel parfait. La grande œuvre de Karim Akouche agit comme de l’insuline sur le diabète.

Un grand merci à monsieur Karim Akouche de la part de tous les enfants qui sont… perdus. Merci aussi à Allah de nous avoir égaré, sans lui… on aurait été trouvés il y a bien longtemps.

Hmimi O’Vrahem

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