18 août 2017

l’Adhan, l’autre cauchemar de la Kabylie

pollution sonore religieuse en Kabylie

Kabylie ( Kabyles.com) —Les barbus en pantacourts ou en gandouras blanches, noires et multicolores, les voilées, les niqabées et les tenues afghanes pullulent davantage les rues, les marchés et la société kabyle. Disons que cela est personnel. Mais que pourriez-vous dire de ce qui ne l’est pas? L’Adhan? Que ce soit l’un ou l’autre, ces tenues afghanes ou ce Adhan, avant d’atteindre mes vingt ans, ces phénomènes étaient aussi lointains que la lune et les océans pour moi et ma Kabylie. Je me demande pourquoi ce ne sont pas la lune et l’océan qui m’ont avoisiné ? Ils sont toujours là où ils étaient. C’est l’Afghanistan qui a débarqué chez nous!

Sans aucun doute, celui qui a créé le vent, le chant des oiseaux et la musique de la belle pluie n’est  pas celui qui a permis les hurlements et les cris assourdissants des muezzins du matin au soir, cinq fois par jour. l’Adhan est un cauchemar en Kabylie. Le son des haut-parleurs résonne dans ses montagnes et ses plaines au point de déranger même les morts. Il détrône le son des sirènes d’urgence, celui des avertissements des temps de guerre et celui des grands bateaux en détresse. Les  Tarawihs durant le mois du Ramadan- des prêches  dans les mosquées équipées aussi de haut-parleurs qui durent jusqu’à minuit- dépassent l’entendement. C’est la folie!

L’origine de cette pollution sonore religieuse : Ibn Omar rapporte :

« Quand les musulmans arrivèrent à Médine, ils se rassemblaient et attendaient l’arrivée de l’heure de la prière sans qu’un appel fût lancé. Un jour, ils menèrent une discussion autour de ce point. Certains dirent : il faut utiliser une cloche comme celle des chrétiens. D’autres dirent : il faut employer une trompette comme celle des juifs. Omar dit alors : pourquoi ne pas envoyer un homme qui va appeler à la prière ? Le Messager d’Allah dit : « Bilal, lève-toi et appelle à la prière » (Bukhari).

Les chatouillements du vent s’estompent, les oiseaux se taisent et le bruit de la pluie s’interrompt dès que les haut-parleurs sont actionnés par un fou furieux, un frustré d’un paradis de luxure et de débauche ou un simple ignorant dépourvu de sentiments et de conscience.  Les muezzins  ne pensent pas aux malades, aux enfants, aux écoliers à ceux qui ont travaillé toute la nuit et qui ont besoin de récupérer durant la journée ou à ceux qui vont travailler toute la journée et qui devront se reposer la nuit…ni même aux mourants. Ceux qui agonisent n’ont pas le droit de mourir paisiblement, chez nous. En Algérie entière, personne n’est épargné par ces appels à la prière. Ce pays  gouverné par des voleurs, des criminels et des assassins a eu aussi le malheur de subir les aboiements des muezzins.

Ces dernières années, c’est la Kabylie qui a eu la misère d’être infestée par ce phénomène sonore dû aux mosquées qui  poussent comme des champignons au détriment, toujours, des écoles, des universités, des centres de santé, des centres de loisirs, des centres de formation, d’usines, des centres de jeunesse  et de tout ce qui peut contribuer au bien-être des gens.

La criminalité et le suicide ont atteint des niveaux record mais rien ne se fait pour améliorer le quotidien des citoyens. C’est les haut-parleurs dont ils investissent notre argent. Et, combien qu’ils m’ont avoué avoir perdu le sommeil, avoir sursauté ou avoir interrompu leurs relations amoureuses suite aux crissements émanant des mosquées adjacentes à leurs demeures. Le comble c’est la multitude des appels décalés de plusieurs muezzins pour la même prière et dans la même localité. Pareils aux hurlements  des loups affamés, nous ne distinguons pas les paroles des uns et des autres. Ces appels à la prière ont envahi notamment la radio et la télévision. Dans ce pays ils interrompent tous les programmes diffusés lors de ces évocations religieuses.

Il ne faut pas s’étonner pourquoi nous n’avons pas Harvard, London Business School, le Massachusetts Institute of Techonology, INSEAD, Bocconi ou Le Royal Children’s Hopsital, NYU Langone Medical Center, Center New York, Taipei Veterans General Hospital ou St Jude Children’s Research Hospital. Nous savons aussi que nous ne sommes pas les créateurs ni les propriétaires de  LVMH, de Goldman Sachs ou BMW.

Cependant, nous sommes classés les champions dans la corruption et le terrorisme. Ceux qui nous gouvernent gaspillent l’argent du peuple dans les minarets, dans l’arabisation et dans leurs résidences de luxe sans oublier les détournements. Prochainement, d’ailleurs, nous aurons la Grande mosquée d’Alger qui portera le nom du mourant Bouteflika qui au moindre bobo se précipite à Paris ou en Suisse pour qu’ils prennent soin de lui.

Comme je viens de le dire, Dieu n’a pas ordonné d’installer 1, 2, 3 ou 6 haut-parleurs. C’est l’œuvre et l’initiative de ces baathistes et ces moyenâgeux qui n’ont ni vision ni conviction. Des hypocrites et des menteurs. Aussitôt qu’ils trouvent une occasion pour flouer une personne aussitôt ils s’y mettent.

Le monde a changé et a évolué au point qu’ il est doté des technologies les plus sophistiquées qui peuvent avertir discrètement les fidèles pour leurs absoutes  : radios, télévisions, montres, réveilles, téléphones, iPhone… mais ces ténébreux sont encore  à l’âge de pierre.

Il est à rappeler que la plupart des muezzins sont formés jadis à L’université al-Azhar au Caire ,  l’une des principales universités d’étude de l’islam ; récemment, Mohammed Mokhtar Jumua, ministre de l’awqaf en Égypte a déclaré que la diffusion de l’Adhan à l’aurore (du fajr) par les mosquées possédant des haut-parleurs est interdit. En outre, le Ministre a exigé la fermeture des petites mosquées durant la prière du vendredi.

En fin, la sérénité, le calme, la  douceur, la paix, le repos, l’empathie et le respect ne verront pas le jour dans ce bled tant que c’est la violence, l’hypocrisie, l’arrogance, l’ignorance, l’irrespect, l’irrévérence et la transgression  qui règnent.

Jacques Caron a raison de dire que: « Quand le civisme largue les voiles, il laisse toute la place au banditisme. »

Boualem Afir.

3 Comments

  1. Il n’y a pas autant de DJ que les prières et les prêches des vendredis et ce qui est cité dans larticle. Sans compter les pertes économiques suite aux fermetures des commerces en ces jours « saints. » Aussi, il n’est pas impossible de revoir la façon d’organiser des fêtes en respectant des normes pour que la musique des DJ devienne du tapage nocturne. Un nombre raisonnable de décibels peut mettre fin effectivement à ce problème. Le civisme est une culture collective mais aussi individuelle.

    • La joie des uns ne doit pas être une contrainte pour les autres. Pour que tout le monde trouve son compte, il est important, effectivement, d’instaurer une règle pour limiter le bruit des DJ. La majorité des célébrations se font dans des salles de fêtes. Ces dernières peuvent aussi améliorer leur insonorisation. En outre, la majorité des fêtes s’organisent durant la fin de semaine et souvent l’été. Les gens sont en vacances et les écoles sont fermées. Une fête à la fois dans une localité ou au plus deux, la tradition. Il y a toujours une bonne solution pour tous les problèmes lorsqu’il y a une bonne volonté et une bonne intention. Peut-être qu’un jour nous arriverons à vivre en paix et en harmonie. L’espoir fait vivre, comme on dit.

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