21 avril 2017

L’autonomie de la Kabylie sera un début de modernisation pour l’Algérie

La Kabylie n’est pas un pays souverain. Elle n’a donc pas de frontières. Dans un pays souverain (comme l’Algérie) des régions administratives sont découpées et limitées symboliquement sur une carte (exemple : wilayates). Dans la réalité, il n’y a pas de frontières ni limites visiblement jalonnées.

Ceux qui parlent des frontières ou de limites de la Kabylie alors que cette région n’existe pas dans le découpage administratif du territoire algérien, prennent le problème à l’envers. Les autonomistes demandent justement un autre modèle de découpage administratif d’où se dégagera une région autonome officiellement dénommée Kabylie. Cette région s’auto-administrera à l’intérieur des limites que lui fixeront l’état central, le gouvernement algérien, les populations, la société civile, la justice etc.

La population de cette éventuelle future région sera dénommée Kabylie, non en référence à une ethnie, culture ou religion, mais simplement en référence au nom de la région. Ainsi, par exemple, un citoyen Arabe ou Chawi qui résidera d’une façon permanente à Tizi-ouzou sera citoyen de la Kabylie et un citoyen de culture kabyle, parlant kabyle, mais résidant en permanence à Tlemcen ne sera pas citoyen de la Kabylie. Il ne votera pas quand le parlement régional est renouvelé, ni quand un référendum régional est organisé et ne payera aucune taxe, aucun impôt au gouvernement régional de Kabylie. Voilà le problème racialiste Kabyles – Arabes – Chawi – Mouzabites réglé.

Le projet d’autonomie de la Kabylie sera en fait un début de la modernisation de l’Algérie. La référence à la citoyenneté primera sur la référence à l’ethnie, à la culture et à l’appartenance religieuse. Ainsi, si une composante importante des citoyens de la Kabylie s’exprime en arabe, le bon sens voudra que l’arabe soit une deuxième langue officielle. Le reste de l’Algérie continuera à se définir exclusivement comme arabo-musulman, en usant de la matraque comme à l’accoutumée, mais en Kabylie la démocratie s’installera petit à petit et le citoyen finira par émerger du magma de confrontations ethno-religieuses qui plombaient toute l’Algérie.

Les Kabyles et le Arabes qui sont farouchement contre le projet de l’autonomie de la Kabylie sont en réalité des racistes qui veulent que la référence à l’origine ethnique demeure un facteur de ségrégation pour l’éternité. Le Kabyle hait l’Arabe et l’Arabe hait le Kabyle, même si l’Arabe en question ne vient pas d’Arabie et le Kabyle en question ne vit pas en Kabylie. Les anti-autonomistes veulent perpétuer cet état de choses car ils n’ont jamais connu que la haine ancestrale léguée par leurs ancêtres et la ségrégation ethnique que leur distille le gouvernement central depuis 1962. Des conservateurs qui ne veulent pas avancer, mais reculent avec plaisir.

Contrairement à ce que l’on pense, les autonomistes ne sont absolument pas racistes. Les berbéristes tout azimut (qui parlent de Tamazgha de Siwa aux Canaries) sont racistes et jouent le même jeu que les arabo-islamistes qui parlent de « Monde arabe » ou/et de « Monde musulman ». Dans les 2 cas, la race, l’ethnie ou la religion prime sur l’individu citoyen. Monde berbère et Monde arabo-musulman en éternelle confrontation, se disputant un même territoire et prenant en otage des dizaines de millions de personnes affamées, sous développées, analphabètes et complètement paumées dans ce monde moderne où quiconque n’avance pas recule.

Arilès