Le serpent de mer du FFS

Le 13 janvier 1995, le FFS signe le contrat de Rome avec une certaine « opposition » de l’époque. C’est en tout cas ainsi que se sont déclarés les signataires de ce fameux contrat.

Il est ainsi stipulé que :

« Les partis de l’opposition algérienne, réunis à Rome auprès de la Communauté de San Egidio, déclarent en ce 13 janvier 1995 dans le volet valeurs et principes, que :

« Les participants s’engagent sur la base d’un contrat national dont les principes sont les suivants et sans l’acceptation desquels aucune négociation ne serait viable :

Premier point : « la restauration de l’État algérien souverain démocratique et social dans le cadre des principes de l’islam. » Et que « les éléments constitutifs de la personnalité algérienne sont l’islam, l’arabité et l’amazighité … »

Voyons un peu tout ça…

Depuis quand a-t-on réussi à bâtir une démocratie « dans le cadre des principes de l’islam » ?

Quelle logique a dicté la chronologie qui nous dit que les « éléments constitutifs de la personnalité algérienne sont l’islam, l’arabité et l’amazighité » ?

Si c’est l’ordre alphabétique, l’amazighité aurait du passer avant l’arabe et l’islam ; si c’est l’ordre chronologique de la présence des trois en Algérie, Aït-Ahmed et le FFS devraient reprendre le chemin de l’école pour mieux apprendre l’Histoire de leur pays.

Depuis quand un état démocratique met-il la religion au premier plan des « éléments constitutifs de la personnalité » des citoyens du pays ?

De tous les signataires de ce contrat, seuls le FFS et Abdennour Ali Yahia jouent toujours à « l’opposition ». Les autres sont tous au pouvoir d’une manière ou d’une autre ou inféodés à celui-ci.A lire le contrat de Rome, c’est à se demander pourquoi le FFS existe toujours ?

D’après les déclarations du Contrat de Rome, le FFS aurait géré le pays comme on gère une république islamique : « dans le cadre des principes de l’islam. » Ça veut tout dire.

On peut éventuellement supposer que Hocine Aït-Ahmed n’a jamais lu le Coran et les textes fondateurs de la religion musulmane, et en ce cas on peut mieux comprendre qu’il fut roulé dans la farine par, entre autres, celui dont il a embrassé la chéchia. Par contre, s’il connaît les textes de la religion qu’il veut appliquer, alors il sait pertinemment qu’il a signé une déclaration chimérique. On peut aisément en conclure qu’il a sciemment signé un acte dans le but de tromper un peuple crédule qui croyait en lui. Il est vrai qu’il vit à l’aise, en Suisse et que les problèmes kabylo-kabyles ne semblent pas du tout l’affecter.

Qu’on le veuille ou non, c’est avec Ali Belhadj qu’Aït-Ahmed a signé le Contrat de Rome à travers les représentants du FIS, Rabah Kebir et Anouar Haddam.

Ali Belhadj : la démocratie et l’islam

Ali Belhadj est un disciple de Moustapha Bouyali, fondateur du premier maquis islamiste dans l’Algérie indépendante, le Mouvement islamique armé (MIA) en juillet 1982 [1]

« L’idée démocratique est au nombre des innovations intellectuelles néfastes qui obsèdent la conscience des gens. Ils l’entendent du matin au soir, oublient qu’il s’agit d’un poison mortel dont le fondement est impie. […] La démocratie est un mot grec, inconnu dans la langue du siècle béni.[…] C’est donc un mot né sur la terre de l’impiété, de la corruption et de la tyrannie.[…]Frères d’islam, sachez que nous refusons tous le dogme démocratique impie, sans la moindre faiblesse[…]. Le mot liberté est compris de façon antagoniste dans la pensée libérale, dans l’existentialisme et dans le marxisme. Derrière ces trois idéologies occidentales, qui se réclament d’une liberté totale, se cachent de dangereux mobiles dont le plus grave est la victoire du matérialisme et du marxisme et d’un propagande licencieuse et athée. Tout cela répond aux objectifs contenus dans les Protocoles des Sages de Sion. Selon les termes du premier protocole, « nous avons été les premiers à en appeler aux peuples au nom de liberté, égalité, fraternité. Ces mots n’ont cessé d’être serinés jusqu’à aujourd’hui par des perroquets ; ils ont corrompu le monde comme ils ont corrompu les vraies libertés de l’individu. Le mot liberté dresse les groupes humains contre toute autorité, jusqu’à la sunna d’Allah. […] Le mot liberté est au nombre des poisons maçonniques et juifs, destinés à corrompre le monde sur une grande échelle »

Ali Belhadj « Un coup de massue porté au dogme démocratique » El Mounquid n°23, septembre 1990

« Il n’y a pas de démocratie parce que la seule source du pouvoir, c’est Allah, à travers le Coran et non le peuple. Si le peuple vote contre la loi d’Allah, cela n’est rien d’autre qu’un blasphème. Dans ce cas, il faut tuer tous ces mécréants pour la bonne raison que ces derniers veulent substituer leur autorité à celle de Dieu. La démocratie est un kufr [mécréance, impiété]… En démocratie, la souveraineté est celle du peuple, de la racaille et des charlatans. »

Ali Belhadj Horizons, 23 février 1989

Et c’est bien sûr avec Ahmed Ben Bella qui le 14 Avril 1962 à sa descente d’avion a Tunis, après sa libération avec les autres chefs détenus, s’est égosillé trois fois « Nous sommes des Arabes, nous sommes des Arabes, nous sommes des Arabes” que le FFS défendra la kabylité, ou même l’amazighité ?

La démocratie version FFS n’est qu’un serpent de mer. C’est une “démocratie” “apipri kan”. Ça sera une “démocratie” qui ne respectera jamais les libertés individuelles et collectives ; une “démocratie” qui ne respectera jamais l’égalité des sexes, une “démocratie” qui ne respectera jamais la culture et l’identité kabyles parce qu’elle sera trop occupée à respecter les « principes de l’islam ».

Entre la démocrate et l’application des principes de l’islam, il faut savoir choisir…

Liste des cosignataires du contrat de Sant’Egidio

Pour la LADDH : Abdennour Ali Yahyia

Pour le FLN : Abdelhamid Mehri

Pour le FFS : Hocine Aït Ahmed et Ahmed Djeddai

Pour le FIS : Rabah Kebir et Anouar Haddam

Pour le PT : Louisa Hanoune

Pour le MDA : Ahmed Ben Bella et Khaled Bensmain

Pour Ennahda : Abdallah Djaballah

Pour le JMC : Ahmed Ben Mouhammed

[1] Gilles Kepel A l’ouest d’allah p.227-229

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