25 mai 2017

L’élite politique Kabyle : division ou divergence ?

L’incapacité des Kabyles à l’union, préjugé ou haine de soi ?

Ceci est mon opinion à propos de ce qui se dit tous les jours sur la division ou l’incapacité à l’union entre les Kabyles, que ce soit dans les discussions ordinaires, dans la presse écrite ou médiatique et souvent réitéré dans les textes de chansons…

Je voudrai expliquer dans ces quelques lignes, qu’il ne s’agit nullement de division comme on le prétend si souvent. Dire aujourd’hui que les Kabyles sont divisés me semble vieillot, car cela suggère que les Kabyles seraient supposés avoir une unité comme s’ils étaient un unique corps d’hommes et de femmes, mais surtout, qu’il n’est pas imaginable ou envisageable que les Kabyles puissent être dans un espace politique et que cet espace politique n’est pas nécessairement celui du désaccord ! Je pense qu’au contraire, l’élite politique kabyle est suffisamment nombreuse pour justement être en désaccord et pour s’exprimer dans l’espace public, et sur la scène politique, pour être en désaccord. Ce qui peut être considéré comme positif, c’est surtout le fait que la Kabylie n’a plus besoin d’être représentée uniquement par ce qu’on appelle les héros symboliques, qui ont, certes, joué un rôle important mais qu’il est temps de dépasser. Le désaccord, le dissensus, la division… etc., des Kabyles dont ils n’ont pas à se plaindre, même si c’est difficile à vivre, veut dire qu’ils reconnaîtront, par là aussi, que ce qui a été dit est justement ce qui fait l’objet du conflit entre ’’les frères’’ kabyles.

La « division » de l’élite politique en Kabylie, comme ailleurs, n’est pas à être rabattue sur un schéma explicatif mais sur celui des interactions. Autrement dit, que cette « division » que j’appellerai : divergence, il va falloir l’analyser sur des processus de domination ou de résistance. C’est-à-dire qu’il y a ceux qui vont imaginer des subversions de processus dans le processus même de domination et d’autres qui préféreront résister hors du même processus, il y a donc plusieurs possibilité de résister comme il y a tout un éventail de politiques à suivre. Et c’est de ça dont nous devons prendre désormais la mesure et choisir dans cet espace de désaccord qui est l’espace politique démocratique, ou l’espace public du débat organisé, et dans ce processus de domination de subvertir quelque chose ou de résister hors de cet espace même… Une telle analyse doit, à mon sens, se faire par rapport à la domination et à la résistance, et justement on est trop peu situé la-dessus. Et c’est à partir de ces contradictions (domination-résistance) qu’on peut prendre le multiple au sérieux et je crois qu’en Kabylie, on parle beaucoup du multiple et de la divergence politique sans les prendre vraiment au sérieux. Quant à ce qui est de la notion du « fratriarcat », peut-elle vraiment avoir une place en politique telle que nous la percevons aujourd’hui.

Ce que je pense, c’est que nous ne savons pas ce qu’est réellement la chose politique. Alors on y mêle « tagmatt » pour justifier notre incapacité à dialoguer, échanger et accepter l’autre !

Djidji Nait

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