21 avril 2017

Les attaques musulmanes ont fait au moins 120 morts et 200 blessés à Paris

Des scènes « irréelles », des corps « en pièces détachées », un « carnage » : témoignages auprès de l’AFP de survivants, après les attentats sans précédent de vendredi soir à Paris.

- « C’est irréel de sortir de la salle et de voir des cadavres », déclare Benoît Werner, qui était au balcon du Bataclan avec son frère et a vu un des tireurs « à cinq mètres ».

« On s’est retrouvé face au type et il ne nous a pas tiré dessus. » A quoi ressemblait-il ? « A M. Tout-le-monde avec une kalachnikov ».

« On s’est allongé entre les sièges, on a rampé. J’attendais au bout du couloir et c’est là que j’ai vu le terroriste. »

- Une jeune femme explique qu’elle était « près de la scène », qu’elle a « voulu escalader ».

« On avait une chance sur deux de se prendre une balle en montant sur la scène. On a réussi à s’échapper par une porte et à se cacher pendant deux heures à 25 dans une pièce. »

« Il n’y a plus que des bruits de balles et de carnage qui retentissent dans ma tête. »

- « On entendait les gens crier, les otages surtout, et les menaces des ravisseurs : « Regarde-moi », ils disaient », racontent Charles et Nicolas, 34 ans, qui étaient au Bataclan.

« Quand ça a commencé, on croyait que c’était des effets pyrotechniques ou scéniques. On a vu la foule se masser sur le devant de la scène, alors on a essayé de passer par les loges qui étaient bloquées. Du coup, on est allé dans les toilettes, on a défoncé le plafond et on s’est réfugié dans le faux plafond avec une vingtaine d’autres personnes ».

« Mais la vie continue, on cèdera pas à la peur, on les emmerde », jurent les deux amis. « Mardi je vais à un concert. Keep rocking ! »

- « Ils ont arrosé, arrosé de balles, toute la fosse » : en tentant de « sauver sa peau » du « charnier » du Bataclan, Marielle Timme s’est terrée silencieusement près de trois heures avec sept autres personnes dans la salle de bains d’une loge, avant d’être secourue par le Raid.

Installée au balcon, « j’ai tourné la tête, et j’ai vu les types armés, avec des armes automatiques. On reste incrédules cinq secondes, en se disant « mais qu’est ce qui se passe, c’est pas possible » et là un gars nous a dit « tous à terre ! » ».

« Ce qui nous a fait le plus peur, c’est que le dernier terroriste s’est fait abattre juste à côté de nous, donc on a entendu tous les échanges de coups de feu. Des bombes aussi. Du coup on n’osait pas ouvrir au Raid, parce qu’on ne savait pas si c’était le Raid ou des terroristes. »

- « Ma copine Claire fêtait l’anniversaire de sa meilleure amie au concert. On n’a aucune nouvelle, les téléphones sont sur répondeur. Je devais me fiancer avec elle dans trois semaines, je ne sais pas si je la reverrai », lâche Yvan Pokossy, un organisateur de soirées de 24 ans.

« C’est une fierté pour eux de tuer des gens comme ça ? C’est pas humain. »

- Aux abords du Stade de France, Yassine, 23 ans, travaille dans un restaurant visé par l’une des attaques. Il avait fini son service dix minutes plus tôt.

« J’ai vu un corps en pièces détachées. Est-ce que je suis choqué ? Pas plus que ça. Pour nous, ça change rien : la seule chose, c’est que les gens vont nous regarder encore plus mal qu’avant. Depuis toujours les attentats nous salissent, nous, notre religion », dit-il.

- « Ma copine est au Bataclan, elle m’a laissé un message sur mon répondeur, elle m’a dit ce qu’on dit dans ces moments-là, que tout allait bien aller, quelle m’aimait…, et moi comme un con j’ai pas réfléchi et bêtement j’ai couru vers le Bataclan », déclare un trentenaire, qui a voulu garder l’anonymat.

« Y’avait un mec qui gisait, un autre blessé à la jambe, un autre à la gorge. Les secours essayaient d’en ranimer un qui est mort depuis. Et là, je me suis retrouvé dans la fusillade, les tirs ont repris. J’ai pris la première rue sur la droite et j’ai couru, couru, et je suis rentré dans le premier bar ouvert. »

- « J’ai vu une Ford Focus noire qui tirait, à l’angle de la rue de la Folie-Méricourt et de la rue Fontaine au Roy, sur la terrasse du restaurant Cosa Nostra. Il y a eu plusieurs rafales. J’ai vu une vingtaine de douilles par terre », rapporte un témoin d’une des scènes de fusillade dans le XIe arrondissement.

- « La terrasse était bondée, une vingtaine de personnes », selon Julia, qui passait devant La Belle Equipe, rue de Charonne.

« On allait rentrer chez nous et on a entendu des tirs des rafales par à-coups durant environ une ou deux minutes. C’étaient des tirs lents. On est revenu et on a vu des gens allongés, des gens en sang. »Retour ligne automatique
Au moins 120 personnes sont mortes, vendredi 13 novembre, lors de plusieurs attaques survenues simultanément en plein centre de Paris, ainsi qu’au Stade de France, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), selon un bilan toujours provisoire. Des dizaines de personnes ont été blessées.

Plusieurs fusillades ont eu lieu dans le centre de Paris, notamment dans la salle de concerts du Bataclan, où une centaine de personnes ont été tuées. Des explosions ont retenti près du Stade de France, à Saint-Denis.

Les attaques menées vendredi soir à Paris ont été menées sur six points différents, selon le procureur de Paris. Trois explosions ont d’abord retenti à Saint-Denis, aux abords du stade de France, au cours du match France-Allemagne. Cinq autres lieux parisiens sont ensuite touchés : rue de la Fontaine au Roi, rue Bichat, boulevard Voltaire, rue de Charonne, et au Bataclan.

Près du Stade de France. Trois explosions se sont produites, entre 21h20 et 22 heures, à quelques mètres du Stade de France, à Saint-Denis, où avait lieu un match de football entre la France et l’Allemagne, auquel assistaient François Hollande et plusieurs ministres. Deux explosions ont eu lieu rue Jules-Rimet, à Saint-Denis, la troisième à La-Plaine-Saint-Denis, près d’un restaurant McDonald’s, également à proximité du stade. Le stade a été évacué. En tout, l’attaque a fait quatre morts dont trois assaillants.

Au Bataclan. C’est l’attaque qui a fait le plus de victimes. Au Bataclan, célèbre salle de concerts parisienne du 11e arrondissement dans laquelle se produisait le groupe de rock Eagles of Death Metal, plusieurs hommes armés à visage découvert ont ouvert le feu dans la salle de spectacles aux cris de « Allah Akbar ». Un bilan provisoire, cité par l’AFP à 6h45, samedi, fait état de 82 morts.Retour ligne automatique
« Je les ai clairement entendu dire aux otages ’C’est la faute de Hollande, c’est la faute de votre président, il n’a pas à intervenir en Syrie’. Ils ont aussi parlé de l’Irak », a raconté un témoin à l’AFP.

L’assaut des forces de l’ordre a été lancé peu avant 0h30 et s’est terminé vers 1 heure. Quatre assaillants sont morts, dont trois en actionnant leur ceinture d’explosifs. Le Bataclan, dont la jauge est de 1 500 places, affichait complet.

Des fusillades dans les 10e et 11e arrondissements. Des fusillades ont éclaté dans plusieurs endroits de la capitale. Rue de la Fontaine au roi (11e arrondissement), la terrasse d’une pizzeria, La Casa Nostra, a été visée. Cinq personnes ont été abattues par plusieurs rafales d’une « mitrailleuse automatique », selon un témoin. Un autre témoin raconte qu’il « a vu une Ford Focus noire qui tirait, puis plusieurs douilles par terre ».

Plus à l’est, rue de Charonne, 19 personnes ont péri dans une autre fusillade. Un homme dit avoir entendu des tirs pendant « deux, trois minutes », « des rafales ». « J’ai vu plusieurs corps à terre ensanglantés. Je ne sais pas s’ils étaient morts. » Selon lui, un café et un restaurant japonais ont été la cible des tirs, juste en face du foyer Palais de la femme.

Dans le 10e arrondissement voisin, une fusillade a éclaté à l’angle des rues Bichat et Alibert, sur la terrasse du restaurant Le Petit Cambodge, au moins 12 morts.

Huit assaillants sont morts

Au total, on dénombre huit terroristes morts, dont sept en se faisant exploser. On ignore s’il s’agit de la totalité des auteurs des attaques. Quatre des assaillants sont morts au Bataclan, dont trois en actionnant une ceinture d’explosifs ; le dernier a été tué lors de l’assaut des forces de l’ordre. Au Stade de France, trois kamikazes sont morts, et un autre boulevard Voltaire.

Hollande décrète l’état d’urgence et rétablit le contrôle aux frontières

Dans une allocution télévisée, le chef de l’Etat a déclaré l’état d’urgence « sur tout le territoire ». « Certains lieux seront fermés, la circulation pourra être interdite et il y aura également des perquisitions qui pourront être décidées dans toute l’Ile-de-France », a-t-il indiqué.

Le chef de l’Etat a également déclaré avoir décidé la fermeture des frontières. « Nous devons nous assurer que personne ne pourra rentrer pour commettre quelque acte que ce soit. Et en même temps que ceux qui auraient pu commettre les crimes qui sont hélas constatés puissent également être appréhendés, s’ils devaient sortir du territoire », a-t-il expliqué. Toutefois, un communiqué de l’Elysée a par la suite précisé qu’il s’agissait d’un rétablissement du contrôle aux frontières et non d’une fermeture.

« J’ai également demandé qu’il y ait des renforts militaires, ils sont en ce moment sur l’agglomération parisienne pour être sûrs qu’aucune attaque ne puisse de nouveau avoir lieu », a-t-il ajouté. L’Elysée a par la suite annoncé la mobilisation de « 1 500 militaires supplémentaires ». Un conseil de défense a été convoqué ce samedi à 9 heures.

Les écoles, lycées et établissements scolaires et universitaires seront fermés ce samedi en Ile-de-France et les voyages scolaires annulés, a annoncé l’Elysée. Les hôpitaux ont été mobilisés et le plan blanc a été déclenché.

Les Parisiens sont invités à rester chez eux pour leur sécurité.

Après les attaques survenues à Paris vendredi 13 novembre, la mairie de Paris a demandé aux habitants de la capitale de ne pas quitter leur domicile. Le bilan des fusillades, encore incertain, s’élève à au moins 40 morts et plusieurs dizaines de blessés.

Les Franciliens invités à ne sortir qu’en cas de « nécessité absolue »

La préfecture de police a également recommandé vendredi soir sur Twitter aux personnes qui se trouvent en Ile-de-France « d’éviter de sortir sauf nécessité absolue » après les attaques simultanées à Paris.

La préfecture recommande également « aux établissements recevant du public, de renforcer la surveillance des entrées et d’accueillir ceux qui en auraient besoin d’interrompre les manifestations ou événements en cours en extérieur ».

Par ailleurs, la préfecture a également indiqué que le métro parisien avait été interrompu sur les lignes 3,5,8,9 et 11.

Avec agences