22 juin 2017

Les chauves-souris et l’appel à la prière du matin

Il y a quelques jours à Taqervoust, je me suis réveillé accidentellement quelques instants avant l’appel à la prière du matin. L’obscurité se dissipa graduellement pour laisser place aux premières lueurs de l’aube qui révélèrent un paysage magnifique sur Tirurda au Nord. Tandis que ma vue au Sud, vers Beni Mansour fut salutairement obstruée par un mur en briques rouges. Le paysage fut accompagné par des chants mélodieux d’oiseaux qui percèrent la douce brise du matin. Des chants de coqs vinrent s’ajouter et compléter cette toile matinale qui bercerait le cœur des moins romantiques.

Soudain un cri strident retentit, les oiseaux se turent et s’envolèrent, la brise s’arrêta et se retira en emportant l’obscurité sous les figuiers les plus proches. C’était l’appel à la prière. Un appel pour accentuer le manque de considération de la minorité sur la majorité. Un appel pour augmenter le diabète chez les nourrissons qui se réveillent en sursaut, pour réveiller des travailleurs fatigués qui veulent profiter de cette brise propice ; pour déranger des athées qui admirent le paysage et méditent sur l’amour à distance.

Mais un phénomène attira mon attention, des volées de chauves-souris s’alignèrent en file indienne et se dirigèrent en direction de la mosquée et de quelques maisons abandonnées à proximité. Le cri devint comme un ordre militaire. Je les suivis du regard en pivotant à 180 degrés et les chauves-souris semblèrent comme obéir à un rituel ancestral. J’ai toujours suspecté que les chauves-souris, les vampires, les assoiffées de sang, les forces obscures et ténébreuses travaillaient pour l’islam. Là, devant moi, j’en avais la preuve comme une révélation.

Décidément, le savoir appartient à ceux qui se lèvent tôt.

Hmimi O’Vrahem

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