28 juin 2017

Les chiens de Marseille et le pâté de campagne

En débarquant à Marseille, je me suis dirigé vers le Boulevard des Dames et quelques deux cents mètres plus haut, je m’arrête et je rentre dans un magasin « Spare ». J’étais rentré pour acheter une bouteille d’Evian dont j’en raffole et je ressors avec un pâté de campagne – halal bien sûr – et une baguette croustillante. Je repars vers ma voiture mal garée et je commence à déguster mon déjeuner comme tout bon clochard qui se respecte. Quelques minutes après, je me suis rappelé que j’étais rentré pour acheter de l’eau et je repars au magasin. Je m’en voulais d’avoir oublié et j’en voulais au propriétaire du magasin de ne pas deviner ce que les clients veulent en franchissant la porte. Je reviens encore une fois à la voiture en me rappelant bien où elle était garée. Je rouvre mon pâté et je fais un sandwich à « l’affamé ». Et là, un phénomène extraordinaire arrive : chaque chien et qu’importe la race tire son propriétaire vers moi et commence à renifler en ma direction. Trois chiens ou chiennes de différentes races s’arrêtent subitement et viennent vers moi comme s’ils voulaient changer de propriétaire. Un caniche traîne une vieille dame vers moi et en arrivant, elle me dit en reprenant son souffle : « Ne lui donnez pas à mainger monsieur, il ne mainge que des croquettes. » Bien sûr, comment peut-on résister de désobéir a une vieille femme ? Je ne pouvais pas. J’arrache un bout de pâté et je le donne au chien juste afin d’accomplir une mauvaise action pour la journée. Bien qu’ennuyée, elle me remercie quand même.

Les autres chiens avaient exactement la même attitude. J’étais très populaire avec les chiens… et aussi les pigeons marseillais qui rodaient autour. Certains étaient basanés, d’autres avaient un regard clandestin et quelques-uns faisaient de la publicité pour la saleté. Je prends le vieux pain qui me restait d’Algérie et je leur ai distribué équitablement. Ils finissent le tout, remontent sur les arbres sous lesquels j’étais garé et commencent à chier sur ma voiture pour me… remercier.

Hmimi O’Vrahem

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