22 juin 2017

Les frères Kouachi et Amedy Koulibaly tués, 4 otages assassinés

Les deux suspects de la tuerie de Charlie Hebdo et un preneur d’otages qui leur était lié ont été tués vendredi lors de deux assauts des forces de l’ordre, avec un bilan provisoire de quatre otages morts, a-t-on appris de sources policières.

Les frères Kouachi sont sortis en tirant à la kalachnikov sur les forces de l’ordre, entraînant leur « neutralisation », a appris l’AFP de source proche du dossier.Retour ligne automatique
Les deux suspects tués dans l’assaut, armés de kalachnikov, étaient sortis « en tirant sur les forces de l’ordre, ce qui a déclenché leur neutralisation immédiate« , a déclaré cette source, ajoutant qu’un « gendarme du GIGN a été légèrement blessé« . « L’otage, un homme de 26 ans, qui s’était cloîtré depuis le début dans une des pièces de l’entreprise, est indemne« , a-t-elle ajouté.

Chérif et Saïd Kouachi, en fuite depuis l’attaque mercredi de l’hebdomadaire satirique dans laquelle 12 personnes ont été tuées, s’étaient barricadés vendredi matin dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële, à 40 kilomètres au nord-est de Paris.Retour ligne automatique
Ils ont été tués lorsqu’ils sont sortis les armes à la main du bâtiment après un premier assaut mené par le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) et du Raid peu avant 17h00, dit-on de source policière.

L’assaut de la supérette casher, dans le XXe arrondissement de Paris, est survenu une quinzaine de minutes plus tard, peu avant 17h15, à l’initiative du Raid et de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI).

Au moins quatre otages ont été tués et cinq autres blessés, dont deux grièvement, sur une quinzaine de personnes retenues dans la supérette depuis 13h00, selon une source policière.

Le preneur d’otages, Amedy Koulibaly, 32 ans, meurtrier présumé d’une policière municipale jeudi à Montrouge (Hauts-de-Seine), a été tué dans l’assaut.

« On soupçonne qu’il a tué plusieurs otages avant l’assaut« , a-t-on dit de même source, ce qui pourrait expliquer pourquoi les forces de l’ordre sont intervenues aussi rapidement.

Trois policiers ont été blessés lors de l’intervention, a-t-on précisé de source syndicale.

Les trois meurtriers présumés se connaissaient, a-t-on confirmé de source policière, et appartenaient à la même filière djihadiste dite des « Buttes-Chaumont », un quartier de Paris.

Selon des témoins et une source policière, Amedy Coulibaly a déclaré qu’il exigeait que les forces de l’ordre cessent leur opération en Seine-et-Marne avant de relâcher les otages qu’il détenait.

Si le plus jeune des frères Kouachi, Chérif, avait été condamné en France pour avoir fait partie d’un réseau djihadiste — il avait été interpellé en 2005 alors qu’il s’apprêtait à se rendre en Irak pour y combattre, les autorités françaises n’ont pas fait état du même parcours pour l’aîné, Saïd.

Mais des sources européennes et américaines proches de l’enquête ont déclaré jeudi à Reuters que Saïd Kouachi s’était rendu au Yémen en 2011 pour s’entraîner avec des militants islamistes liés à Al Qaïda.

Il serait resté plusieurs mois au Yémen pour s’entraîner avec les militants d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa).

Un haut responsable des services de renseignement yéménites a précisé vendredi que Saïd Kaouchi avait rencontré l’ancien prédicateur d’Al Qaïda Anouar al Aoulaki lors de son séjour.

L’attaque de Charlie Hebdo est la plus meurtrière commise en France depuis les vagues d’attentats islamistes à Paris en 1986 (12 morts dans une dizaine d’attentats) et 1995 (huit morts et près de 120 blessés dans le RER B à la station Saint-Michel.

Une vague de solidarité mondiale s’est levée vendredi pour permettre à Charlie Hebdo de continuer de paraître malgré la disparition d’une grande partie de sa rédaction, tuée dans la fusillade qui a fait 12 morts mercredi à Paris.

L’hebdomadaire satirique, en difficulté financière avant le drame, a prévu d’être diffusé mercredi prochain à un million d’exemplaires, contre 50.000 habituellement, avec une pagination réduite de moitié, à l’image de sa rédaction décimée.

Les dessinateurs Cabu et Wolinski, figures historiques du journal, ainsi que Charb, directeur de la publication, et les caricaturistes Tignous et Honoré ont été tués, tout comme l’économiste Bernard Maris, membre du conseil général de la Banque de France et collaborateur de l’hebdomadaire.

Vendredi matin, la trentaine de journalistes et collaborateurs de Charlie Hebdo se sont installés dans les locaux du quotidien Libération, qui les avait déjà accueillis fin 2011 après un incendie criminel à l’ancien siège de l’hebdomadaire.

Étaient notamment présents le dessinateur Luz et l’avocat de Charlie Hebdo, Richard Malka. Selon ce dernier, les recettes du prochain numéro seront reversées aux familles des victimes, les distributeurs renonçant en outre à leur commission.
Sur le site internet du journal, un texte inscrit sur fond noir accompagné d’un dessin représentant une main brandissant un crayon annonce la sortie, le 14 janvier, du « Journal des survivants ».

« Parce que le crayon sera toujours au-dessus de la barbarie. Parce que la liberté est un droit universel. Parce que vous nous soutenez. Nous, Charlie sortirons votre journal mercredi prochain ! », peut-on lire.

Le ministère de la Communication a débloqué une aide d’urgence d’un million d’euros pour permettre à l’hebdomadaire de continuer à paraître de façon pérenne.
Les groupes Radio France, Le Monde et France Télévisions ont proposé leur aide en mettant à disposition « l’ensemble de leurs moyens humains et matériels nécessaires pour que Charlie Hebdo continue à vivre« , écrivent-ils dans un communiqué commun.
La Banque publique d’investissement s’est symboliquement engagée à prendre 50 abonnements à Charlie Hebdo.

Des messages de solidarité et des contributions financières ont été envoyées du monde entier.

Le fonds Google pour l’innovation numérique de la presse a ainsi promis de dégager une enveloppe d’aide exceptionnelle, de l’ordre de 250.000 euros. Le journal britannique The Guardian a annoncé un don de 100.000 livres (128.000 euros).

Aux Etats-Unis, où l’attentat a provoqué une intense émotion, l’ancien gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger s’est abonné à Charlie Hebdo.

« Je me tiens aux côtés des Français contre la terreur, et je veux faire passer un message, donc je m’abonne. Vous devriez faire la même chose« , a écrit l’acteur sur son compte Twitter, reprenant le slogan adopté depuis la fusillade : #JeSuisCharlie ».

Avec agences

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