16 juillet 2017

Les idées mènent le monde

Internet est une ouverture sur le monde et les malversations, de ceux qui gouvernent l’Algérie, sont mises à la portée de tout un chacun. Ce qui était caché jusque là peut maintenant être connu de tous. Aussi cela enquiquine ceux qui gouvernent. Mais gare à ceux qui prennent la liberté d’utiliser des mots non autorisés par ces messieurs du parti.

On a le droit d’utiliser certains mots, de faire des phrases, à condition de reprendre les slogans du parti unique. En adulant les présidents qui se sont succédé, avec la pensée unique, la religion unique, un peuple qui a uniquement le droit de dire amen à celui qui a été formé, modelé, pensé, fignolé, par Boumediene.

Les idées, nous dit-on, mènent le monde. Mais ces idées, qui les fait fructifier, qui les impose ? leur excellence ? la raison ? ce serait trop beau, n’y comptons pas…

En vérité, la vérité n’est rien par elle-même ; elle ne vaut que par la façon dont elle est révélée ; c’est une question d’excipient, de mise en scène. Il n’est pire platitude aux yeux des foules qui sous l’effet d’un « battage » congruent ne prenne vigueur et nouveauté. Il n’est docte argument, fort de sa seule perfection, qui ne succombe bientôt avec ignominie, au sein de l’universelle indifférence.

Elle est innombrable et diverse ; blagueuse quand il faut, solennelle au besoin ; souriante ou triviale, tour à tour elle menace, elle supplie, tour à tour elle affirme et suggère. Elle a des bas de soie pour les gens chics et des savates à clous pour les prolétaires. Elle est de tous les temps et de tous les partis.

L’esprit des foules est indolent et simpliste ; C’est un enfant qu’on ne peut faire manger qu’à la cuillère. Il ne s’accommode que de légères nourritures, des soupes au lait de la vérité. Car l’exercice harmonieux de la pensée exige une persévérance extrême, et une humilité surtout qui ne se rencontrent point communément chez le vulgaire. Mais la propagande est là qui veille, avec ses petits pâtés bien ordonnés, on ouvre la bouche, on déglutit, la digestion est assurée d’avance. A chacun sa vérité… et le brave primaire irrésolu qui, avant d’ouvrir son journal, ne savait que penser ni que dire, se trouve soudain, après quelques minutes de lecture, avoir une opinion solide et bien à lui.

La pensée unique est amorale, me dit ma fille, à qui je faisais part de quelques unes de ces réflexions, ma fille, élève de rhétorique est soucieuse du beau langage. Mais au fait n’a-t-elle pas raison ? La pensée unique prête ses moyens à qui veut les prendre ; c’est une grande indifférente. Elle a rassemblé autour des crimes de Boukherouba et de ceux de Bouteflika. La pensée unique, il faut faire un choix ou de la combattre et mourir sous ses coups, ou l’accepter…

Pensée unique quand tu nous tiens, plus besoin de réfléchir les gens de la Haute réfléchissent pour nous et nous suggèrent nos pensées. Tantôt la suggestion opère ouvertement, au vu et au su de tous à grand orchestre par voie d’affiches, et de proclamations, sous forme de harangues tapageuses. C’est la propagande officielle, en boule de neige. L’autre en catimini est celle de ceux des proches du pouvoir, qu’il ne faut ni critiquer, ni observer… Si un quidam émet des objections, il est tout de suite qualifié de DRS, KDS, d’anti-Kabyles ou de fils de harki, bien que ces derniers n’aient pas à subir l’erreur de leurs parents, mais lorsqu’on n’a aucun argument valable…

Toute critique est assimilée à de la diffamation, par ceux qui pardonnent les crimes des islamistes en votant une « réconciliation nationale » et qui fustigent les journalistes et les libres penseurs.

Geneviève Harland

P.-S. : c’est un article qui date et que je remets en ligne en ces temps où nous avons juste le droit de nous la fermer !

Logo d’illustration : Tableau de Gustav Klimt, L’arbre de vie

 

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


UA-10888605-2