Les trois génocides de Bouteflika

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Ce 7 Mai 2006, commémorant les massacres du 8 Mai 1945 dans la région de Sétif, le ministre algérien des anciens combattants a lu un discours prétendument écrit par Bouteflika.

Mais où est donc le tyran ? Claquemuré en son palais pour cause de… De quoi, au fait ? Son absence à Guelma fait désordre. Le Chariot d’Or serait-il avancé ?… Quelle autre raison pouvait ainsi l’empêcher de vomir lui-même son fiel à la face du pouvoir colonial assassin ? « C’est dur de mourir au printemps », chantait Brel…

À intervalle rapproché, la France est accusée d’un double génocide. Après avoir attendu 42 ans pour qualifier les massacres de Sétif, Bouteflika accélère. À l’évidence, comme nous le dit « Jean Daniel »
« Rescapé d’une redoutable maladie, le président algérien a décidé de ne pas quitter la scène sans marquer historiquement le destin de son pays ». Rescapé ou plutôt en rémission ?

Première charge, urgente, lancée à « Constantine »

« La colonisation a réalisé un génocide de notre identité, de notre histoire, de notre langue, de nos traditions. Nous ne savons plus si nous sommes des Amazighs, des Arabes, des Européens ou des Français ».

Trois jours plus tard il était reçu à l’hôpital militaire du Val de Grâce à Paris, déclenchant ainsi une polémique-tintamarre d’enfer de part et d’autre de la grande bleue.

Le quotidien El Watan du 22/4/06 fustigera cette incohérence en quelques mots :

« Et la dignité nationale dans tout cela ? Au risque de faire le jeu des extrémistes français, l’on s’interroge sur les raisons qui ont poussé le président, ou ses proches conseillers, à opter, en si mauvais moment, pour un séjour médical en France. La fierté algérienne veut qu’on ne demande pas le soir un comprimé de pénicilline au voisin avec qui on s’est chamaillé le matin ! ».

Mais l’Éditorial du même quotidien apportera une explication sans pour autant justifier « la faute politique » de Bouteflika :

« Ce voyage est une grave faute politique. Déjà, en novembre dernier, beaucoup de voix se sont élevées pour critiquer le choix porté sur la France, probablement décidé dans la précipitation, l’urgence et l’angoisse du moment. (…) Comment est-on arrivé à ce gâchis. (…) ».

L’éditorialiste poursuit :

« Étrange situation… À moins que le transfert du président de la République vers l’équipe médicale qui l’a soigné en décembre ne relève pas du simple « suivi médical », comme l’ont souligné, après de lourdes hésitations, les autorités algériennes… Un tout autre problème ».

Oui, à l’évidence, le Chariot d’Or est avancé. Et c’est dur de mourir au printemps. Les Kabyles en savent quelque chose. J’y reviendrai.

C’est le quotidien algérien Liberté qui qualifiera le mieux la deuxième charge lancée par ministre interposé, donc, ce 7 Mai 2006 :

« Plus qu’une mise au point, plus qu’un sévère réquisitoire, son allocution au peuple de Guelma aura été une vraie “torpille” dans la “gueule” de la France. Une bombe ! ».

La colonisation française a été brutale et génocidaire”(…)“Nous ne voulons pas d’une amitié cannibale.” Tel est le “dernier” mot de Bouteflika. Voilà. Le ton est donné. La messe est dite. Le mot est lâché. Génocide. Génocidaire.

Ainsi, Ulac smah ? Alors ulac traité mais aussi ulac MEDEF !!! Laissons- les à leurs oignons d’hypocrites. L’un est cousu d’Or pendant que son peuple crève la dalle dans un pays en ruine tandis que ses derniers soubresauts sont pour « l’Histoire » devant les portes ouvertes du Hadès. L’autre est endetté jusqu’à la fin des temps et se contorsionne dans un énième merdier qui s’appelle « Clearstream ». Ils ont bel et bien d’autres chats à fouetter. Mine de rien ils sont copains « comme cochons » et les affaires continuent. Nous pouvons l’observer au quotidien.

L’enjeu est ailleurs, il s’appelle « grand Maghreb » et « Espace stratégique pour les États-Unis ». Chirac mérite le « cocufiage » qui lui est infligé de même que la raclée pour la postérité. Il se console déjà avec d’autres dictateurs que le Texan tient néanmoins à l’œil. Les prés-carrés et chasse gardée sont désormais américains ! Passons.

Le sanguinaire Bouteflika qui s’y connaît pourtant bien en matière de génocide attend l’année 2004 pour les dénoncer… Génocide culturel. Massacres de Sétif : Génocide et crime contre l’humanité. Le coupable tergiverse et en appelle aux Historiens tandis que des voix algériennes s’élèvent pour ridiculiser les trémolos de Bouteflika.

Ainsi « Sid Ahmed Ghozali » balaiera tout ça d’un revers de main sur RFI :

« La relation France-Algérie a été traitée aux ras des pâquerettes des deux côtés. Il faut laisser les historiens se prononcer une fois pour toutes ! Nous sommes voisins depuis 3000 ans, nous n’avons pas échangé que des coups ». Passons…

Ainsi Mouloud Hamrouche, qui a choisi Kherrata en Kabylie, pour dire sa soif de liberté dans son discours du 8 Mai de 2006 à l’occasion du 61e anniversaire des massacres du 8 Mai 1945, écoutons le, tel que nous le rapporte Liberté du 09/5/06 :

« il nous revient de glorifier notre passé et notre histoire sans nous soucier de ce que font les autres. (…) Nous avons un pays, un État et une administration, mais il nous manque l’essentiel : la liberté ! (…) Quand la mystification et le mensonge sont érigés en principes, la nation est soumise à la tyrannie et à l’injustice (…) Nous pouvons reconstruire notre pays (…) Pour cela, nous avons besoin d’un nouveau Abane Ramdane (…) ».

Aïe aïe aïe ! je sens qu’il va beaucoup aimer la Kabylie très prochainement… Les bulletins de vote Kabyles sont visés…

El Watan du même jour relèvera :

« Les propos qu’il (M. Hamrouche) a tenus lundi à Kherrata, à l’occasion de la commémoration des massacres du 8 Mai 45 sur le pouvoir qu’il a descendu en flammes, sont sans concessions ».

Le quotidien s’étonne à peine de la verve de ce « silencieux légendaire » qui multiplie opportunément ses sorties médiatiques. Comportement révélateur d’échéances électorales rapprochées ?

Alors, le tyran se meurt ? Tout le laisse supposer. Si tel est le cas, il arrivera en enfer les mains et la face couvertes du sang des martyrs kabyles.

L’immonde régime algérien a planifié la disparition de l’identité du peuple kabyle dès 1962 ; Bouteflika l’a mis à exécution sans état d’âme. Pour assouvir sa haine aveugle des Kabyles il n’a pas hésité à laisser son Algérie sombrer au fond du gouffre de l’islamisme aussi sanguinaire que lui et en lui faisant allégeance via « la charte » de la fausse réconciliation nationale.

Ainsi, si Bouteflika n’a pas entièrement consommé le génocide culturel et la répression gendarmo-policière entrepris contre les Kabyles, c’est uniquement parce qu’il a failli y laisser sa peau politique. Qu’à cela ne tienne, il décidera « une mise au pas par le pourrissement ». Il s’y tient. Pourrira bien qui pourrira le dernier…

Revisitons la presse de l’époque

Le quotidien français Le Parisien du 19 juin 2001 titrait :

« Les généraux algériens sont dans l’impasse. Discuté par tous, Bouteflika se tait alors que la contestation, bien au-delà de la Kabylie, gagne tout le pays. Le sort du président est entre les mains des généraux qui l’ont installé au pouvoir. Mais le « système » tout entier est à bout de souffle. »

« Loin de s’essouffler, la contestation, partie de Kabylie, gagne le reste du pays. La révolte touche Constantine, M’Sila, Biskra, Guelma, Kenchala et Annaba où, dimanche, des centaines de jeunes gens ont tenté de piller des magasins qui appartenaient, selon eux, à des généraux. »

Elio Comarin, RFI du 19 juin 2001 :

« La tentation autoritaire des généraux (…) : Le gouvernement d’Ali Benflis a même exprimé « sa ferme détermination de faire face aux graves dérives et dérapages constatés à l’occasion des événements tragiques et douloureux qui se sont produits ces derniers jours », et notamment lors de la marche historique du 14 juin. (…) Or, il apparaît aujourd’hui que ces « dérapages » ont été provoqués par le pouvoir militaire, qui a tout fait pour transformer une manifestation pacifique en émeute populaire pour pouvoir ensuite interdire tout défilé de l’opposition. »

« Selon différents témoignages, en effet, des dizaines de prisonniers ont été libérés à la veille de la manifestation d’Alger et regroupés dans une caserne de la capitale, où ils ont été pris en charge par la gendarmerie, en vue de la manifestation du 14. À l’heure fixée, ils sont entrés en action, s’attaquant violemment aux manifestants, déguisés parfois en supporters d’un club de football. Au même moment, des tirs à balles réelles ont été signalés par différents témoins cités par l’AFP, à partir d’une voiture banalisée conduite vraisemblablement par des policiers, et deux journalistes périssaient écrasés par un autobus sorti de façon inattendue d’un dépôt. »

« En Kabylie même, on assiste depuis plusieurs jours à un autre genre de provocations policières, voire de « stratégie de la terreur ». Des commandos de gendarmes, arborant des drapeaux algériens et criant « nous sommes aussi des Algériens » s’attaquent à coups de barre aux jeunes chômeurs qui traînent dans les rues de Tizi Ouzou, détruisent les vitrines de commerces qui boycottent la gendarmerie depuis le début de la révolte, et provoquent ainsi des émeutes locales ».

« Ils vont jusqu’à les revendiquer à haute voix en criant, par exemple : « On fait ce qu’on veut. Vous vouliez des émeutes ? Vous allez en avoir ». Ces commandos font ainsi régner une sorte de terreur d’un genre nouveau : à ceux qui crient : « pouvoir assassin », ils répliquent : « Oui, nous sommes des assassins ».

« Tout autour de la Kabylie, et notamment à Annaba, à Batna et à Guelma, une stratégie similaire a été mise en application, dans le but de provoquer une peur généralisée dans la population. Des rumeurs d’émeutes ont été lancées, quelques heures avant l’arrivée de bandes de jeunes soi-disant émeutiers, qui, sous l’œil bienveillant des forces de l’ordre, ont pu s’attaquer librement à des magasins ou à des mairies. Avant de s’en aller bien encadrés par des adultes parmi lesquels des journalistes algériens ont pu reconnaître des membres du comité de soutien au président Bouteflika. »

« Après la marche géante de jeudi dernier qui avait mobilisé près d’un million de personnes venues de la quasi-totalité des villages et des wilayas du nord-est, le gouvernement hausse le ton, tandis que le président Bouteflika garde toujours le silence. Au même moment sept personnes – dont deux gendarmes – ont été tuées et près de 120 blessées lundi dans de nouvelles émeutes en Kabylie ».

« Et, à l’ouest d’Alger, jusqu’à 27 soldats ont été tués dans une embuscade attribuée à des groupes armés islamistes. Il s’agit d’un massacre important survenu dans la nuit de dimanche à lundi dans la province de Chlef : selon des quotidiens privés, un convoi militaire est tombé dans une embuscade tendue par une cinquantaine d’assaillants qui ont fait exploser des bombes commandées à distance. »

« Entre des islamistes plus ou moins radicaux d’un côté et des manifestants qui réclament plus de liberté de l’autre, le régime militaire issu du FLN semble plus que jamais dans une impasse ».

Le Jeune Indépendant du 17 juin 2001 rapporte les déclarations de trois personnalités : le Dr Ahmed Taleb-Ibrahimi, Me Ali Yahia Abdenour et le général à la retraite Rachid Benyellès :

« Le pays est poussé vers l’irréparable. » « L’heure est grave et le péril pressant », l’Algérie se trouve « menacée d’éclatement et son unité nationale est en jeu », « le nombre de victimes ne cesse d’augmenter et le chaos de s’amplifier ». En face, « totalement démissionnaire, l’Etat a fui ses responsabilités politiques, enfermant la population et les forces de l’ordre dans un face-à-face qui entretient la tension et provoque des confrontations sanglantes ».

Pour les trois signataires, c’est le chef de l’Etat qui porte « l’entière responsabilité » des dégâts humains et matériels et « du chaos et de l’anarchie qui s’installent dans le pays ». Ceux qui « jouent avec le feu doivent savoir qu’ils sont en train de pousser le pays vers l’irréparable, l’histoire ne le leur pardonnera pas », disent-ils dans leur communiqué.

Pendant ce temps, à l’étranger et au grand dam du tyran Bouteflika, des voix désespérées crient : « Halte aux massacres » !. Des manifestations de solidarité se font jour, comme, exemple parmi d’autres, cette manifestation à Lyon :


Halte aux massacre !

Les associations, syndicats et partis politiques ici en France entendent les revendications du peuple algérien et son appel à notre solidarité. Que disent les manifestants aujourd’hui ?

« Y’en a marre de ce Pouvoir ! » « Pouvoir assassin ! » « Liberté, dignité : non à la hogra ! » « Libérez les manifestants détenus ! » « Militaires, hors de Kabylie : retour dans les casernes ! »

Manifestement, le pouvoir algérien reste sourd à sa jeunesse, sourd à son peuple. C’est pourquoi nous manifesterons le 5 juillet prochain à Lyon, avec le peuple algérien appelé par la Coordination des Comité de Villages à manifester ce jour là dans les rues d’Alger, pour dire avec eux haut et fort :

Vérité et Justice pour les disparus. Non à l’oubli et à l’impunité. Arrêt immédiat de la répression, des assassinats et des provocations. Non au régime militaire. Non au déni identitaire et linguistique, pour la reconnaissance officielle de la langue berbère : tamazight.

En nous prononçant pour :
La création d’un état de droit, laïque et démocratique. La mise au ban des nations du gouvernement algérien : pas de soutien à un pouvoir qui massacre sa jeunesse ! Le gel des avoirs détournés par le régime partout en Europe et dans le monde. Pour l’ouverture des frontières à l’aide humanitaire. Pour une commission d’enquête internationale qui fasse toute la lumière et qui permette de juger tous les auteurs et les commanditaires de tous les assassinats et massacres, d’où qu’ils viennent, qu’ils soient le fait des islamistes ou des militaires.

Premiers signataires : Urgences Démocratie Algérie ; Amedyaz ; CCVA ; Collectif Algérie CSDVVPA ; Comité Contre la Répression en Algérie +Rousse ; FIDL ; MJS ; UNL ; UNEF-ID ; S.O.S Racisme ; UD-CFDT ; Les Alternatifs ; Les Verts ; A Gauche Autrement ; LCR ; MDS ; F.F.S ; Parti Socialiste ; RCD Lyon ; Ligue des Droits de l’Homme, Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme, Amnesty International, Agir pour L’Algerie, Parti Communiste Français.

Le 27 Juin 2001

MANIFESTATION JEUDI 5 JUILLET 2001

Départ 18h Place Bellecour. Arrivée : sit-in devant le Consulat algérien 7, rue Vauban.

Source


Voilà ce que retiendra l’Histoire du régime sanguinaire du tyran Bouteflika. Il peut donc s’égosiller en hurlant « au voleur et à l’assassin », aux multiples génocides qui font qu’il ne sait plus s’il est Arabe, Français, ou Européen (car, de son propre aveu, il n’a jamais été Amazigh, ou alors uniquement « arabisé »). N’empêche qu’il partira les pieds devant avec les Kabyles en travers de la gorge, frustré de n’avoir pas pu terminer son œuvre satanique.

Chirac sera-t-il invité « aux funérailles Nationales » ? Après les épisodes « Val de Grâce » et les accusations de génocide ce serait le comble du comique !!!

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