L’incroyable mais vraie histoire des taxis de Tunis

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Dans le hall de l’hôtel, le Belvédère, où je gîte depuis quelques jours, une touriste, une Française, probablement la seule présente dans le pays en ce moment, fait une crise de tachycardie, elle est sur le canapé de la réception, elle tremble, elle pleure, tout le personnel, affable, de l’hôtel est à son chevet. La touriste tremble, et hurle :
— J’ai fait signe à 36 taxis, aucun ne s’est arrêté, aucun ne s’est excusé, pourtant, j’ai mis un col roulé, des chaussettes noires, un imper blanc, j’ai même mis un bonnet, personne n’a voulu me prendre, je veux rentrer chez moi, je vous en prie, je veux rentrer chez moi à Goussainville.

Le directeur tente de la rassurer et demande qu’on appelle un médecin :
— Madame, c’est pas possible, la Tunisie est une vraie démocratie, on ne peut pas ne pas prendre des touristes, parce qu’ils sont touristes, peut-être que les taxis étaient occupés.

La dame se lève brusquement et hurle :
— Non, monsieur j’ai fait signe à 36 taxis au carrefour du Belvédère, ils étaient tous libres car leur panneau était vert et personne ne s’est arrêté, personne.

Le directeur surpris lui tâte le pouls en lui disant :
— Mais Madame, en Tunisie, les taxis, s’ils ont le panneau vert ça signifie qu’ils sont occupés et s’ils sont en rouge c’est qu’ils sont libres.

La dame a alors un sursaut :
— J’en ai vu des pays dans ma vie, mais c’est la première fois de ma vie où je vois ça, où le vert signifie que ce n’est pas possible, ça veut dire qu’en Tunisie les voitures ça passe au rouge et ça s’arrête au vert ?

Le directeur plus affable que jamais lui répond avec cet accent tunisien inimitable :
— Vous savez madame, la Tunisie n’a été faite qu’en un seul exemplaire, elle est inimitable, elle est inimitée.

Mohamed Kacimi

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