Lorsque la jeunesse d’esprit s’en va, que reste-t-il à vivre ?

Pas de pot d’adieu. Pas de remerciements. Pas de fleurs ni couronnes. L’esprit de sérieux s’empare de la place imperceptiblement. C’est un putsch réussi. L’intérieur se ride sans bruit. La morosité s’installe. La gangrène morale gagne du terrain. Des organes lâchent. La peau devient terne, les yeux sans lueur. Les idées ne dépassent plus le ras de la visière. Le bel humour se ratatine, non sans dommage.

Lorsque la jeunesse d’esprit déserte le corps individuel, le corps perd sa bonne amie, sa meilleure amie. Sans fraîcheur d’âme que devient l’existence ? Une chose insipide et ennuyeuse où plus rien n’est à sa place. L’envahissement par la gravité. L’insatisfaction chronique. La résurgence des grands principes noirs, des théories terrorisantes, des politiques du pire pour tuer le temps et les gens ? Et la tristesse qui monte, qui monte comme une mer pleine d’amertume et de fatigues inutiles. Il ne subsiste qu’un morne état d’esprit qui contribue pour une grande part au malheur du moment et du monde et un corps comme un fourgon cellulaire en partance pour un avenir sous scellé.

Lorsque la jeunesse d’esprit s’en va, que reste-t-il à vivre ? Une femme, un homme, une grand-mère, un grand-père, un enfant sans jeunesse d’esprit… Une famille, une ville, un pays, une planète sans jeunesse d’esprit… A quoi ça rime ? Ca ne rime à rien. Même le mot amour ne rime plus avec toujours. Même le mot ami ne rime plus avec la vie. Même le mot temps ne rime plus avec « profiter de l’instant pour t’offrir un bon moment en passant« . Non, plus rien ne rime à rien.

 

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