M. Arkoun soutient Khomeyni en condamnant Salman Rushdie

Mohamed Arkoun, d’origine kabyle, a consacré sa vie à faire la promotion de l’arabo-islamisme.

Mohamed Arkoun se livrait vraiment, lors d’un entretien au journal Le Monde publié dans l’édition du 15 mars 1989, dans le contexte de la fatwa prononcé contre Salman Rushdie (14 février 1989 par l’ayatollah Khomeini) pour ses « Versets sataniques du coran ».

Son thème : « la conception des droits de l’homme renforce le malentendu avec l’islam ».

« – Quel jugement portez-vous sur le livre de Salman Rushdie  ? » l’interroge le journaliste Henri Tincq.

M. Arkoun : – « Il s’agit d’un roman, et il appartient d’abord à la critique littéraire de se prononcer ; mais ce livre touche à cette région du sacré essentielle à toute existence humaine, constitutive de toute société. (!) Je refuse l’a priori facile et réducteur qui consiste à dire qu’un écrivain a le droit de tout dire et de tout écrire. Salman Rushdie a commis plus qu’une légèreté. La personne du Prophète est sacrée pour les musulmans et elle doit être respectée comme telle, même dans une fiction littéraire ou pour exprimer une situation politique donnée, car ce livre est lié par bien des aspects au destin politique des musulmans indo-pakistanais. De là à utiliser des symboles et des figures qui ne sont pas propres seulement à l’histoire identitaire d’un groupe, mais qui se réfèrent aux événements inaugurateurs de l’islam et aux paradigmes de l’existence humaine, je dis non. »

On ne saurait être plus explicite ! Mohamed Arkoun condamne Salman Rushdie, et avec lui la liberté d’écrire et de penser, le droit de critique des religions, la liberté de parole au nom du sacré, il le livre à la fatwa qui appelait publiquement à sa suppression physique. Mais continuons plus loin.

« Issue de la philosophie des Lumières » explique-t-il, « la pensée laïque a marginalisé ce stock de symboles et de signes où nous avons tous puisé dans nos trois traditions, juive, chrétienne et islamique. « J’accuse la raison des Lumières d’avoir substitué le dogme de sa souveraineté à celui de la raison théologique, sans avoir créé les conditions d’intelligibilité des fondements sémiologiques de toutes les cultures et, en premier lieu, des enjeux de signification dans l’aventure sémiologique réelle des sociétés du Livre. (!) La perception des droits de l’homme dans une pensée occidentale réduite au seul rationalisme positiviste et historiciste renforce le malentendu avec l’islam, qui a pensé ces droits de l’homme dans le cadre plus large des droits de Dieu, c’est-à-dire dans cet espace ouvert à l’Absolu de Dieu défini par la métaphore de l’olivier. »

Henri Tincq : « Etes-vous donc favorable, comme les responsables confessionnels, à une sorte de redéfinition du cadre de la laïcité mettant davantage en relief la dimension sociale de la vie religieuse ? »

M. Arkoun : « Oui. Construite en France sous la Troisième République, la laïcité me parait aujourd’hui intellectuellement dépassée. »

Voilà ce qu’est la pensée de Mohamed Arkoun, comme soi-disant penseur de la laïcité et de la modernité. Quel couac tout de même que de soutenir l’obscurantisme et l’archaïsme d’une telle pensée, même à l’insu de son plein gré, le métier de journaliste consistant précisément à savoir identifier si la source à laquelle on se réfère est ou non polluée.

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