24 mai 2017

Maman cherche belle-fille !

La vue de cette fille avec ses jeans en lambeaux aurait offusqué toute mère et grand-mère fussent-elles Kabyles ou pas. Le port d’un tel habit aussi délabré me rappelle pourtant, et tout aussi paradoxalement, cette vieille expression connue de toutes les femmes de Kabylie qui dit : “at’țțxetib ikemlen ur it’stixiṛ tin mi derbalen » littéralement “Une bonne quête pour une belle-fille, n’élimine pas celle avec des haillons” avec il faut ajouter que le verbe (« exetb”) et son action (“lexteb” ) ou encore (« at’țțxetib« ), désigne cette « quête d’une future épouse », toute aussi ancestrale qui de tout temps a toujours été la plus importante des tâches pour une mère kabyle tout en notant ici qu’il est suivi de (“ikemlen”) adjectif pour complet et pour ne pas dire parfait.

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Cette tradition est bien connue partout en Kabylie au travers de la chaîne familiale du cycle des petits enfants de leur belle-fille et leur fils, hautement traditionnelle d’ailleurs chez tous les Berbères où c’étaient toujours les femmes entre elles et les femmes seulement qui s’arrangeaient du choix de la fille à marier à leur fils. Retour ligne automatique
Il faudrait aussi ajouter que si cette expression qui veut bien signifier qu’il faut toujours faire une sélection minutieuse et qu’il ne faut rien négliger dans cette recherche, elle est inusitée et pour ne pas dire jamais utilisée dans les conversations entre genre masculin ainsi d’ailleurs que tout autre mot dérivé de la racine (“xetb”) relatif à cette action de recherche typiquement féminin à tel point que la forme passive au négatif (ur ’țțxetib. Iyi) utilisée par toute dame a pris le sens d’inconfort total et de se sentir visuellement défigurée pour ne pas dire totalement dévorée des yeux.

Ǝ-miss Ṁuḥend Ṻjaεƒer

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