22 avril 2017

Si j’étais… Mohammed VI

Le chanteur marocain Saad Lamjarred a été mis en examen pour « viol aggravé » à Paris vendredi 28 octobre. Karl Zéro se met à la place du roi du Maroc, Mohammed VI, qui a décoré le chanteur il y a quelques mois.

Si j’étais Mohammed VI, je serais non seulement le roi du Maroc, commandeur des croyants, mais également un pauvre homme, tant le sort semble étrangement s’acharner sur moi. Et dire que dans moins d’une semaine, j’attends tous les grands de ce monde à Marrakech pour le coup d’envoi de la COP 22, afin de montrer à quel point le climat est chose importante pour nous. Aujourd’hui, par exemple, il fait 29 degrés chez nous. Un 1er novembre. J’ai prévenu les participants : le Maroc ne cèdera pas un seul degré !

Si j’étais Mohammed VI, je terminerais une tournée historique en Afrique afin d’obtenir la réintégration du Maroc au sein de l’Union africaine, dont nous avons claqué la porte en 1984, ces messieurs les « roitelets » ayant jugé normal d’y faire siéger le RASD, pays fantoche créé par le Front polisario (et les Algériens) pour désigner notre Sahara occidental, Chérifien depuis la nuit des temps, comme chacun sait.

Bref, je travaille, moi… Et là, qu’est ce que j’apprends ?

Que notre star nationale, mon ami Saâd Lamjarred, que j’ai personnellement décoré d’un Wissam royal, en août dernier, l’homme dont les tubes ont été visionnés 613 millions de fois sur Youtube, vient de se faire gauler à l’hôtel Marriott des Champs-Élysées ! Qu’il est en garde à vue, et que les Français ont osé l’emprisonner à Fleury-Mérogis pour « viol aggravé »! Là, mon sang ne fait qu’un tour ! Jamais un garçon aussi sensible, capable de nous tirer des larmes avec sa magnifique chanson  « Qu’arrive-t-il à ma bien-aimée ? » n’aurait commis un tel acte !… Et puis, c’est quoi cette justice expéditive ? Si on mettait comme ça en prison les Français à chaque fois qu’ils viennent s’encanailler chez nous, on serait obligé de faire comme eux, de construire constamment de nouvelles prisons !

Allo Jacques ?

Alors aussitôt, j’ai appelé Chirac, pour qu’il intervienne ! Il connait très bien le Maroc, mais là, je suis mal tombé, du Maroc il n’avait plus aucun souvenir. Hollande, c’était même pas la peine, il n’est jamais là, soit il est avec des journalistes en séances de confidences, soit chez Mme Gayet. En désespoir de cause, j’ai demandé à Maître Dupond-Moretti d’assurer à mes frais la défense de Saâd. L’avocat aux 129 acquittements, illustre défenseur de l’attaquant Benzema, lui au moins saura le tirer de ce mauvais pas. Brahim Rachidi, l’avocat marocain de Saâd lui a d’ailleurs déjà fourni un alibi : ce viol n’en n’est pas un. C’est un complot, ourdi par les Algériens ! Mécontents d’apprendre que Saâd avait tourné son dernier clip au Sahara occidental, ils lui ont tendus un piège !

Méthodes algériennes

Et comme si ça ne suffisait pas, c’est là qu’a éclaté l’affaire Mouhcine Fikri. La scoumoune, je vous dis. Un vendeur de poisson à la sauvette, Berbère de surcroit, broyé vivant dans une benne à ordures, à la suite d’une sombre histoire d’espadon. Le tout filmé en vidéo. Par qui ? Pourquoi ? Tous les bons ingrédients pour vous foutre le bordel, oui. Pour mettre les gens dans la rue, surtout dans le Rif, si prompt au Rififi. Pour provoquer un nouveau printemps arabe en automne, pendant qu’on y est !

Bien entendu, toute la lumière sera faite sur cette pénible affaire, j’en mets la tête de mon ministre de l’Intérieur à couper. Mais j’ai peut-être une piste. Mettre, comme ça, un pauvre pêcheur dans une benne à ordure, ça ressemble fortement aux méthodes des services secrets algériens… Je dis ça, je dis rien.

Je vais rappeler Chirac.

Karl Zéro

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